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Alstom pose la première pierre de son usine sud-africaine

Olivier Cognasse , ,

Publié le

L’industriel français sera bientôt sur les rails en Afrique du Sud. Il vient de franchir une nouvelle étape avec la pose de la première pierre de son usine sud-africaine de Dunnotar qui lui permettra d’honorer son méga-contrat.


Crédits : Gibela

Le contrat d’Alstom signé en juillet 2014 avec Prasa, l’opérateur public de transport sud-africain, est le plus important jamais signé par le Français.

D’une valeur de 4 milliards d’euros, il comprend pour l’essentiel la fabrication de 600 trains périurbains (proche des RER parisiens) de la gamme X’Trapolis, composés de six voitures.

La construction de l’usine de Dunnotar est officiellement lancée avec la pose de la première pierre ce vendredi 4 mars 2016.
Un tel contrat s’explique "par le fait que l’Afrique du Sud est un pays historiquement développé avec un gros réseau pour des trains de type RER qui irradient les grandes villes – 2,5 millions de passagers par jour – mais qu’aucun investissement important n’a été réalisé depuis 40 ans. Dans les vingt prochaines années, le pays envisage de remplacer l’ensemble des 1200 trains périurbains, explique Yvan Erian, directeur général Afrique du Sud d’Alstom. C’est le plus gros contrat jamais signé par l’Etat sud-africain avec un le privé". Le but est de permettre, entre autres, aux populations des townships de circuler facilement et confortablement.


Plus de 70 millions d’euros d’investissements


Pour répondre aux règlementations en vigueur dans ce pays, Alstom a dû monter une co-entreprise, Gibela, dont elle détient 61% des parts. Le reste appartient à des partenaires locaux. Passenger Rail Agency South Africa (Prasa) exigeait au moins 65% de composants locaux. Gibela va donc construire une usine à Dunnotar, près de Johannesburg pour produire 580 trains dans les dix prochaines années.

Il s’agit du nouveau modèle X'Trapolis Mega "spécialement adapté à l'écartement métrique des voies en vigueur en Afrique du Sud et une tension d’alimentation essentiellement de 3kV", explique Marc Granger, Pdg de Gibela .

Toutefois, les sites français et européens ont été impliqués dans la réalisation de certaines pièces comme les bogies et les chaînes de traction.

La pose de la première pierre marque le début de 18 mois de travaux qui s’achèveront à l’été 2017. Une usine qui a nécessité un investissement de 70 millions d’euros, plus quelques millions pour des équipements spécifiques.

Entre temps, la vingtaine de trains produits par l’usine brésilienne de Lapa au Brésil aura été livrée. Les deux premiers trains sont déjà sur le sol sud-africain pour y subir toute une batterie de tests avant une entrée en exploitation au dernier trimestre de cette année. Le rythme de livraison est ensuite de un ou deux trains par mois jusqu’à la fin 2017. Ensuite, tout se passera en Afrique du Sud avec le lancement de la production. Et le rythme va s’accélérer avec "la livraison de 60 trains  par an quand l’usine tournera en vitesse de croisière", indique Marc Granger. La montée en cadence devrait atteindre son point culminant en 2020.

19500 personnes à former

"1500 personnes travailleront sur le site, dont 99% de sud-africains et avec une majorité écrasante de noirs", précise-t-on chez Alstom. 70% des pièces sont réalisées localement. Et dans son contrat,  Alstom doit fournir assistance technique après la mise en service des trains et la fourniture des pièces détachées pendant 18 ans.

L’industriel français a un rôle formateur essentiel dans un pays où la filière ferroviaire est inexistante. Un bâtiment de 4000m² est destiné à la formation. A terme, ce sont 19500 personnes qui seront formées. A commencer par le personnel de l’usine qui en tenant compte du turn-over concernera environ 3000 personnes.

A cela, il faut ajouter les sous-traitants locaux, qui seront en partie installés dans un "supplier parc" sur le terrain d’Alstom. Pour aider les fournisseurs locaux à se développer et à répondre aux critères de qualité, Alstom a fait appel à ses sous-traitants européens qui viennent installer des unités locales et créer des co-entreprises.

Mais Alstom doit aussi former des milliers de personnes pour cette nouvelle filière, à commencer par des étudiants. Cet effort concerne les populations noires et défavorisées afin de leur permettre d’accéder aux études. "fin janvier, nous avons déjà formé 337 personnes et cumulé 30000 heures de formation", précise-t-on chez Gibela.

Le succès de ce contrat placerait Alstom en bonne position pour le prochain appel d’offre concernant le renouvellement de l’autre moitié des trains, sans parler de l’image de l’industriel dans la région. L’Angola et le Mozambique pourraient s’intéresser au ferroviaire. Et l’urbanisation se développe au grand galop dans nombre de pays africains.

Olivier Cognasse  
 

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