L'Usine Energie

Alstom peaufine son atout "charbon" pour l'Asie

Astrid Gouzik ,

Publié le

En marge de l’inauguration d‘un nouvel atelier de soudure de rotors à Elblag en Pologne, Alstom a fait le point sur le marché du charbon dans le monde. L'occasion pour Andreas Lusch, vice-président de l'activité Steam, de revenir sur les projets du groupe en Asie.

Alstom peaufine son atout charbon pour l'Asie © Lhoon - Flickr - C.C.

"Le charbon fait indéniablement partie du futur !" Le préambule est clair pour Andreas Lusch. Malgré l'augmentation de son prix, et en dépit des attaques sur ses effets sur l'environnement, le groupe industriel français mise toujours sur la houille. "Si l'on regarde les faits, cela représente 50% du marché", insiste le vice-président de l'activité Steam. Et 65% de l’énergie dans le monde est produite à partir du charbon. Un constat qui résonne d'autant plus fort en Pologne que 89% de l'électricité du pays est produite à partir de cette source.

Raison de plus pour Alstom de tenir ses positions en Europe de l'Est, et d'investir massivement dans son usine d'Elblag. Mais le défi se situe encore plus à l'Est. "Chaque jour en Inde, il y a des coupures d'électricité" relate Andreas Lusch. Et Alstom entend bien prendre une place stratégique sur ces marchés émergents.

La joint-venture avec Shanghaï Electric, un processus lourd

Il dispose déjà de ses propres usines sur place, en Inde et en Chine notamment. Mais pour se tailler une belle part du marché, l’industriel a décidé de s'adjoindre les forces du géant Shanghaï Electric, avec qui il a signé un accord en avril 2011. Pour la première fois, le groupe s'apprête à nouer un partenariat à l'échelle mondiale. Un an plus tard, Andreas Lusch précise : "ce projet concerne uniquement la fabrication des chaudières. Elles seront destinées au monde entier... C'est un processus lourd et complexe". Délicat aussi.

En effet, le français avait une posture ambiguë en Chine. "Avec à la fois l'envie de bénéficier de l'extraordinaire potentiel du marché chinois et la volonté de préserver ses technologies et ses savoir-faire", expliquait Stéphane Albernhe, managing partner au cabinet de conseil Roland Berger, lors de l'annonce de ce partenariat.

La mise en place de la joint-venture va donc prendre un certain temps... Combien ? "Nous aimerions pouvoir le dire", plaisante Andreas Lusch.

Le dilemme de la capture et du stockage de CO2

L'industriel aimerait également pouvoir annoncer une échéance pour la commercialisation des technologies de capture et de stockage de CO2 qu'il développe. Si Andreas Lusch fait une estimation, elle est timide. "D'ici une dizaine d'années", jauge-t-il. Aujourd'hui, quatre unités de démonstration ont été testées, deux sont en construction, six fonctionnent, et quatre projets à grande échelle sont en cours de développement.

Les technologies semblent techniquement valides, mais ne sont pas économiquement viables. L’électricité produite par une centrale au charbon dotée d'une unité de captage et de stockage de CO2 est loin d'être compétitive. Pour que cela devienne rentable, et donc commercialisable pour Alstom, le prix de la tonne de CO2 devrait être de 30 euros, mesure Andreas Lusch. Il avoisine actuellement les 6 euros. Pas de quoi convaincre les industriels d'investir dans ces installations.

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