L'Usine Energie

Alstom Hydro met Tianjin au cœur de son dispositif industriel

Manuel Moragues , ,

Publié le

Alstom a inauguré, mardi 17 septembre, sa plus grande usine d'équipements hydroélectriques à Tianjin, près de Pékin. En ligne de mire : l'immense marché chinois bien sûr. Mais pas seulement. Tianjin servira de base industrielle à toute l'activité.

Alstom Hydro met Tianjin au cœur de son dispositif industriel © Alstom

Grandes pompes et confettis dorés. Alstom a inauguré ce mardi 17 septembre sa nouvelle usine d'équipements hydroélectriques de Tianjin, près de Pékin. Patrick Kron, le PDG du groupe, était de la partie, ainsi que Jérôme Pécresse, à la tête du secteur Energies renouvelables. Ils ont retrouvé, sur la scène dressée dans l'un des immenses halls du site, Yves Rannou, le directeur d'Alstom Hydro en Chine, ainsi que Dominique Pouliquen, le patron Chine du groupe. Flanqués d'une demi-douzaine d'officiels chinois et épaulés par une cinquantaine d'employés de l'usine en uniforme, ils ont conclu la cérémonie, stoïques, sous une pluie de larges et rectangulaires confettis dorés.

Derrière ces festivités, la célébration de la plus importante activité d'Alstom en Chine et un investissement de plus de 100 millions d'euros lancé en 2007 : Alstom a transféré et modernisé les équipements de son ancienne usine, située à une cinquantaine de kilomètres de l'actuelle. Surtout, le groupe a étendu sa capacité et y a ajouté un important centre de R&D. 400 ingénieurs, 1000 ouvriers et techniciens, plus quelques centaines d'employés produiront turbines, alternateurs et autres équipements destinés à transformer la force de l'eau en électricité. C'est la plus grosse usine d'Alstom dans l'hydraulique.

"C'est là qu'est la demande !"

"Pourquoi ici en Chine ?", fait mine de s'interroger Patrick Kron, avant d'asséner : "Parce que c'est là qu'est la demande ! La Chine, c'est la moitié du marché mondial des équipements hydroélectriques." Alstom, qui vient de livrer quatre unités géantes de 800 mégawatts chacune au barrage de Xiangjiaba et revendique 20% du marché chinois des grands équipements, entend bien continuer sur sa lancée. Elle lorgne sur les quelque 40 gigawatts de capacités hydroélectriques que devrait installer le pays d'ici à 2015. Il devra les disputer aux concurrents de toujours, Voith Hydro (Siemens) et l'autrichien Andritz, mais aussi aux champions locaux Harbin et Dongfang.

Le projet industriel d'Alstom dépasse le seul marché chinois. Pour Yves Rannou, "l'objectif est de faire de Tianjin un carrefour, un maillon essentiel de toute la chaîne hydro d'Alstom dans le monde". Le dirigeant veut s'appuyer sur la qualité de la supply chain locale, en particulier dans la fonderie, pour fournir des composants de turbines et d'alternateurs aux usines sœurs de Tianjin, au Brésil et en Inde. La logique pourrait même s'étendre à l'activité d'Alstom dans l'éolien, importante au Brésil et utilisatrice de grosses pièces de fonderie. Tianjin sera aussi une base de conquête. Vietnam, Laos, Thaïlande, Myanmar... C'est toute l'Asie qui en pince pour la houille blanche. Le continent devrait ainsi concentrer 85% des nouvelles capacités installées d'ici à 2035, estime Alstom. Au final, évalue Jérôme Pécresse, "l'usine de Tianjin devrait produire à 50% pour le marché chinois et à 50% pour l'export".

Mariage avorté avec Shanghai Electric

Pour attaquer les autres pays d'Asie, Yves Rannou veut "partir avec les grands ensembliers chinois comme Sino Hydro ou Power China". Des partenariats au coup par coup ou plus pérennes qui pourraient s'étendre à d'autres activités d'Alstom. Au-delà des transferts de technologies, "ce qui intéresse de plus en plus les entreprises chinoises chez les groupes internationaux, c'est de partir avec eux à l'export", témoigne Dominique Pouliquen. Renommée internationale et dernières technologies pour Alstom, force de frappe industrielle et financière pour son partenaire chinois, c'étaient justement les promesses du mariage espérées entre le français et Shanghai Electric dans les chaudières pour centrales à charbon. Après d'interminables négociations, cependant, les deux groupes ont renoncé à s'allier, faute de s'entendre sur la valeur de leurs dots respectives. Pas de confettis de ce côté.

Manuel Moragues, à Tianjin

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