Alstom et nos champions industriels : des espèces en voie de disparition ?

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L'Américain General Electric et l'Allemand Siemens convoitent Alstom. Le drapeau tricolore ne battra bientôt plus sur ce fleuron industriel français. PSA, Lafarge, Publicis et d'autres avant lui ont changé de nationalité ou se sont vus transformés par des capitaux étrangers. En perdant un à un ses groupes de taille mondiale, la France perd de son influence sur la scène internationale.

Alstom et nos champions industriels : des espèces en voie de disparition ? © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

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La France a-t-elle encore les moyens de sauver ses champions nationaux ? La question se pose clairement après les opérations réalisées ces derniers mois. PSA sauvé par le chinois DongFeng, Lafarge qui fusionne avec le suisse Holcim, Publicis qui se marie avec l’américain Omnicom, et dernièrement Alstom convoité par l’américain General Electric et l'Allemand Siemens...

Quelques-uns des plus beaux fleurons de l’industrie française sont en train de changer de nationalité. Pour être complet, il faudrait ajouter à cette liste toutes ces pépites - plus discrètes mais aussi stratégiques - qui se sont vendus ces derniers mois à des capitaux étrangers, comme l'auvergnat 3D Phenix Systems, un spécialiste de l’impression 3D qui bat maintenant pavillon américain.

Concilier deux visions

Face à ces évolutions, il y a deux réactions traditionnellement. Ceux qui en appellent au patriotisme économique et tentent de trouver un improbable chevalier blanc français. Et ceux qui saluent ces opérations comme un marqueur positif de la mondialisation de l’économie. Le débat serait à la fois trop naïf et trop manichéen s’il en restait là.

En fait, si l'on veut une France forte, et demain une Europe forte sur la scène internationale. Il faut concilier ces deux visions. Assumer sans complexe la règle du jeu actuel, celle d'un libre-échange organisé, et défendre ses intérêts nationaux sans rougir. Ce n'est ni honteux ni anachronique. Beaucoup de pays, comme les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon, ou la Chine, le font. Au nom de leur ambition industrielle.

Question de souveraineté

Ne nous y trompons pas. Ces opérations ne sont pas seulement de nature capitalistique. Ces mouvements ne nous font pas perdre seulement des centres de décision, de l'emploi ou des technologies. Ils interrogent aussi notre capacité d'influence sur la scène mondiale.

Le cas Alstom est d´une certaine manière une question de souveraineté, celle-ci s'exprimant de plus en plus par la puissance de notre sphère économique. La diplomatie d'un pays, son influence se mesure aussi par l'importance de son arsenal industriel. Sans grands groupes de taille mondiale, on vous écoute mais on ne vous entend pas sur la scène internationale. Et il faut bien le reconnaître ces champions globaux font de plus en plus figure d'espèces en voie de disparition dans notre pays.

Thibaut de Jaegher
 

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