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Quotidien des Usines

Alsace : Mulhouse renouvelle son système d'incineration

Publié le

L'agglomération haut-rhinoise a choisi d'incinérer ses déchets dans des bains bouillonnants de sable et d'air... Premier coup de pioche cet automne, pour cet investissement de 328 millions de francs qui entrera en service à la mi-1998.

Des bains bouillonnants de sable et d'air... Tel est le procédé qui sera utilisé en 1998 pour incinérer les quelque 150 000 tonnes de déchets annuels émis par les 250 000 habitants de l'agglomération de Mulhouse. Les premiers coups de pioche de cette installation industrielle, d'un montant de 328 millions de francs, seront donnés à Sausheim (Haut-Rhin) en novembre prochain par le trio Serete-ABT-Sogea, chargé d'assurer la conception et la construction de cette nouvelle unité. Le projet, piloté par la société d'ingénierie Serete Industries, implique ABT-France, filiale du groupe allemand Hölter-ABT, pour ses compétences dans la technique du four à lit fluidisé rotatif (ou " bain bouillonnapble et d'air ") et Sogea-Est, filiale de la Compagnie générale des eaux, pour le génie civil. Pour l'instant, le marché de l'exploitation n'a pas encore été attribué par le Sivom de l'agglomération mulhousienne. Le Syndicat intercommunal a dé-effet de le dissocier de celui du marché de la conception et de la construction pour garder la maîtrise complète du projet. La future usine d'incinération de Sausheim remplacera celle de Didenheim, en fonctionnement depuis plus de vingt ans. " L'usine actuelle est saturée, et techniquement dépassée, explique Daniel Eckenspieller, président du Sivom. Elle ne peut traiter chaque année plus de 60 000 tonnes de déchets, et ne répond plus aux normes de rejets de fumées. D'ailleurs, nous avons demandé une dérogation pour continuer à y incinérer nos déchets en attendant le démarrage du site. " La nouvelle unité d'incinération présentera deux lignes de fours à lit fluidisé rotatif, couplés à deux chaudières et à un seul turbo-alternateur pour la valorisation énergétique, qui se fera uniquement sous forme électrique. Enfin, l'électricité ainsi obtenue sera affectée en priorité au propre fonctionnement de l'usine d'incinération et à l'alimentation de la station d'épuration voisine. Près de 20 % de l'investissement global sera consacré à la protection de l'environnement à travers l'épuration des fumées (traitement à voie humide Lab). " Le système d'épuration des fumées sera en conformité avec les normes allemandes et suisses, plus contraignantes que la réglementation française en la matière ", souligne Daniel Eckenspieller . Chacun des fours traitera 11,5 tonnes à l'heure de déchets de natures très différentes. Une telle souplesse a été souhaitée par le Sivom face à l'incertitude de l'évolution des emballages, du marché, des systèmes de collecte et des comportements des consommateurs.

60 % des travaux confiés aux sociétés locales

Pour l'instant, on prévoit quand même qu'il s'agira à 80 % d'ordures ménagères, de déchets encombrants de ménage, mais aussi de déchets hospitaliers et industriels banals, qui, à l'avenir, passeront par un circuit de tri sélectif, pour ne brûler que la fraction non valorisable. Les 20 % restants engloutis par les fours seront constitués de boues provenant des stations d'épuration. Ces boues étaient jusqu'à présent stockées en décharges, mais celles-ci ne pourront plus accueillir, à l'horizon 2002, que les déchets ultimes. Le coût prévisionnel de traitement des déchets sera de seulement 400 francs la tonne, se félicite Daniel Eckenspieller. Mais il faut remarquer que la valorisation énergétique des déchets permet à l'opérateur d'économiser entre 80 et 100 francs par tonne. Le Sivom, qui a financé pour moité le projet avec le Conseil général du Haut-Rhin, a " soigné " les entreprises locales, auxquelles ont été confiés 60 % des travaux. Sur le plan de l'emploi, il est enfin prévu que les trente postes de l'usine de Didenheim seront transférés vers celle de Sausheim. Valérie VAN DEN BOS



Avant Mulhouse, Gien

Le procédé utilisé à Sausheim aura été exploité préalablement à Gien, dans le Loiret, où les travaux de réalisation d'une usine d'incinération des déchets ont commencé en mars. Mais la technique de combustion dite du lit fluidisé rotatif n'est pas à proprement parler nouvelle. Elle est utilisée depuis plus de quinze ans au Japon. Dans ce procédé, le sable est mis en " ébullition " par un courant d'air chaud ascendant. La différence de vitesse d'arrivée de l'air entre le centre et la périphérie crée deux mouvements de rotation du lit, pour un meilleur brassage et une meilleure homogénéisation de la température (750 °C).

USINE NOUVELLE N°2558

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