Allemagne : L'embellie reste fragile

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Allemagne : L'embellie reste fragile



A six semaines des législatives du 16octobre, l'accélération de la reprise est le meilleur argument électoral du chancelier Kohl et des démocrates chrétiens. Selon le ministre de l'Economie, la progression du PIB allemand en 1994, initialement estimée à 1%, devrait atteindre 2 à 2,5%. Et s'élever à 3% en 1995. Prévisions à usage électoral? L'OCDE, dans son dernier rapport sur l'Allemagne, est moins optimiste. Elle confirme certes que "la reprise est en cours". Mais estime la croissance du PIB à 1,8% pour 1994 et à 2,6% pour 1995. Et rappelle que la dégradation de la compétitivité de l'Allemagne a des causes structurelles. "La flambée des salaires qui a accompagné l'essor économique lié à l'unification est en train de se dissiper, mais ce mouvement ne compense que partiellement les pertes de compétitivité initiales", souligne l'OCDE, qui met aussi en évidence la protection dont bénéficient les secteurs en déclin (construction navale, sidérurgie) et le retard de l'Allemagne à exploiter le potentiel des services. Sans doute ne faut-il pas noircir le tableau. Les industriels allemands ressentent une amélioration de leur activité. Au deuxième trimestre 1994, leurs carnets de commandes ont augmenté de 7% par rapport à la même période de 1993. En juillet, ceux de la mécanique ont connu une progression de 11%. Résultat: les capacités de production ont retrouvé leur niveau de 1992. Mais tous les nuages n'ont pas disparu à l'horizon. L'inflation, descendue à 2,9% en juillet, menace de repasser la barre des 3%. Un dérapage qui risque d'inciter la Bundesbank à différer encore la baisse de ses taux directeurs. Le chômage freine la reprise de la consommation. Il reste particulièrement élevé à l'Est et l'OCDE met en garde le gouvernement allemand sur le risque de voir l'ex-RDA devenir un nouveau Mezzogiorno vivant de transferts financiers. Face à ces risques, le chancelier Kohl propose aux électeurs un programme de rigueur: réduction du déficit budgétaire, pas de baisse d'impôts avant 1996, diminution des dépenses de l'Etat. Mais il est décidé à continuer à consacrer plus de 500milliards de francs par an à la mise à niveau de l'économie est-allemande. Une manne qui devrait contribuer à relancer l'activité de toute l'industrie européenne.



USINE NOUVELLE - N°2468 -

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