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L'Usine de l'Energie

Albioma pourrait brûler des déchets ménagers dans ses centrales à bagasse

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le

À la Réunion et à la Guadeloupe, le producteur d’électricité outre-marin Albioma étudie la valorisation des combustibles solides de récupération, issu du tri des déchets ménagers, dans ses centrales bagasse/charbon en cours de conversion à la biomasse.

Albioma pourrait brûler des déchets ménagers dans ses centrales à bagasse
Ses sites d’enfouissement étant saturés, La Réunion va devoir trier ses déchets pour produire des combustibles solides de récupération (CRS) qu'Albioma pourra brûler dans ses centrales électriques thermiques.
© Bourgogne Recyclage

On ne sait pas encore si les combustibles solides de récupération (CSR) viendront en remplacement du charbon ou de la bagasse, voire un peu des deux. Mais Albioma étudie bien la possibilité de brûler les déchets ménagers non recyclables dans ses centrales électriques thermiques à la Réunion et en Guadeloupe. "En sortie des plates-formes de tri mécano-biologiques, les CRS sont utilisables dans nos centrales", a expliqué Frédéric Moyne, directeur général d’Albioma à l’occasion de la présentation aux analystes financier et à la presse des résultats 2018 du groupe le 8 mars à Paris.

Sortir du charbon en 2023

Pour l’exploitant de 13 centrales électriques thermiques dans le monde, dont quatre à 100 % bagasse au Brésil, une unité mixte bagasse/biomasse à la Martinique (Galion 2) et huit unités mixtes charbon/bagasse, le CRS pourrait être une solution pour sortir du charbon d’ici à 2023, comme il l’annonce. Car si l’opérateur annonce vouloir convertir ses huit centrales à la biomasse, il sait qu’il ne pourra au mieux le faire qu’à partir de 30 à 40 % de ressources locales et qu’il devra importer de la biomasse de l’étranger. "Nous n’avons aucun problème avec l’importation de biomasse même si nous privilégions les sources locales", explique le PDG d’Albioma.

Réduire de 85% ses émissions

En prenant en compte les émissions liées à la production de pellets à partir du bois et leur transport, Albioma explique que la conversion du charbon à la biomasse lui permettra de baisse de 85 % ses émissions de CO2 net. Et "ce chiffre est sérieux et audité par des tiers", tiens à préciser Frédéric Moyne. Mais si l’importation de biomasse aide à réduire les émissions, il n’aide pas forcément les territoires outre-marins français à atteindre l’autonomie énergétique en 2030, un objectif fixé par une loi de 2015.

Des centres d'enfouissement saturés

Moins bon pour le bilan carbone, le recours au CRS représenterait néanmoins un pas de plus pour l’autonomie électrique. Notamment à La Réunion où le CRS pourrait être valorisé à la centrale bagasse/charbon de Bois-Rouge (100 MW), au nord de l’île, situé à proximité du centre d’enfouissement de Sainte-Suzanne. Ce dernier, qui englouti "140 000 tonnes de déchets par an, sera saturé et fermé en 2021", précise le DG d'Albioma. Celui de Saint-Pierre, qui accueillie 240 000 tonnes de déchets par an est aussi à la limite de la saturation. Or s’il existe un projet de construction d’une unité de valorisation énergétique au Sud de l’île, porté par les collectivités locales, Albioma pourrait apporter une solution au Nord.

Abandon de la méthanisation

Le groupe a prévu d’investir de 500 à 700 millions d’euros dans ses nouveaux développements entre 2019 et 2023, notamment dans la conversion de ses centrales à charbon mais aussi dans le développement du solaire photovoltaïque, le deuxième pilier de croissance du groupe. Sorti complètement de la méthanisation en 2018 par la cession en France de Methaneo à Evergaz, Albioma s’est en revanche renforcé dans le solaire avec l’acquisition d’Eneco France, qui lui apporte 17MW de capacités installées en Métropole et une équipe de 12 personnes à Avignon.

Deux piliers : bagasse et photovoltaïque

Au total, le groupe dispose de 910 MW de capacité de production électrique installée dans le monde à fin février 2019. Il est le premier producteur de photovoltaïque en outre-mer français avec 17 % de part de marché. Sur ces centrales bagasse, il affiche une efficacité de 120 kwh, injecté dans les réseaux par tonne de canne produite, contre 40 kwh/tc au Brésil en moyenne. En 2018, Albioma a réalisé un chiffre d’affaires de 428 millions et un résultat net part groupe de 44 millions d‘euros en croissance de 18 % comparé à 2017. Le groupe opère dans l’Océan indien (Réunion, Mayotte, Maurice) aux Antilles (Guadeloupe et Martinique), en Guyane, au Brésil et en France métropolitaine (30 MW de solaire). Il emploie environ 500 personnes.

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