Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Energie

Alain Juppé réaffirme sa position en faveur de l’exploration du gaz de schiste

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

A l’occasion d’un déplacement au Canada, Alain Juppé, candidat à la primaire de l’UMP pour l’élection présidentielle de 2017, se dit favorable à l’exploration du gaz de schiste. A l’approche de l’échéance électorale, ce sujet se fait de plus en plus clivant entre la gauche et la droite.

Alain Juppé réaffirme sa position en faveur de l’exploration du gaz de schiste © D. R.

Alors que la France entre en période pré-electorale à deux ans de l’échéance présidentielle, Alain Juppé, l’un des prétendants, s’affirme en faveur de l’exploration du gaz de schiste en France. A l’occasion d’un voyage à Montréal, il déclare rejeter "la décroissance (voulue par les) écologistes intégristes" mais appelle à une croissance plus sobre en matière de consommation de ressources rares. "En ce qui concerne l'exploitation des gaz de schiste, je pense que la France devrait accepter un pôle d'expérimentation pour voir exactement quels sont les enjeux", explique l’ancien Premier ministre. Il souhaite pouvoir sélectionner des technologies qui seront "acceptables" d’un point de vue environnemental. Alain Juppé avait déjà tenu des propos en ce sens fin 2014 : "Aujourd'hui, les États-Unis ont un prix du gaz particulièrement bas. Ils sont autosuffisants, vont même pouvoir exporter du gaz bon marché. Je pense qu'on ne peut pas se priver complètement d'étudier cette piste".

NKM atténue son opposition

Alain Juppé n’est pas la première grande figure de la droite à vouloir ouvrir une porte aux hydrocarbures non conventionnels. Fin 2014, Nicolas Sarkozy avait pris position à l’occasion de la campagne pour les élections à la présidence de l’UMP. "Je ne peux pas accepter que les Etats-Unis soient devenus, du point de vue de l'énergie, indépendants grâce au gaz de schiste et que la France ne puisse pas profiter de cette nouvelle énergie". C’est cependant bien sous sa présidence que la fracturation hydraulique a été interdite dans la loi du 13 juillet 2011.

L’ancienne ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, à l’origine de l’abrogation des permis d’exploration en France en 2011, a également nuancé sa position : "Je me suis battue pour qu'on puisse retirer les permis qui avaient été accordés un peu rapidement par Jean-Louis Borloo et passer une loi qui interdit le type d'exploitation pratiqué aux Etats-Unis et qui devrait autoriser des expérimentations à des fins scientifiques sous contrôle public. Ces expérimentations ne sont pas mises en œuvre aujourd'hui. Je trouve ça un peu dommage." En effet, la loi du 13 juillet 2011 prévoyait la mise en place d’une commission d’études et d’expérimentations, qui n’a pour l’heure jamais vu le jour.

Ségolène Royal ferme la porte

Pour sa part, la gauche gouvernementale a durci sa position. En début de mandat, le Président de la République François Hollande avait ouvert une petite porte. S’il affirmait être opposé à la fracturation hydraulique, il assurait, dans sa première conférence de presse en novembre 2012, vouloir " laisser les entreprises et les chercheurs travailler (à des solutions alternatives)" et qu'il "prendrait ses responsabilités le moment venu". De même, la ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, Ségolène Royal en arrivant à son poste ministériel en mai 2014 affirmait que "tant que les technologies n’auront pas évolué, tant qu’on aura à faire à la fracturation hydraulique, il n’y aura pas d’exploitation. Après,si la technologie évolue, on verra".

Mais ces derniers mois, en particulier depuis le départ du ministre de l’Economie Arnaud Montebourg en août dernier, le gouvernement s’est aligné sur la position de son allié EELV, farouchement opposé aux ressources non conventionnelles et aux hydrocarbures en général. Début avril, Ségolène Royal décidait d’enterrer un rapport sur des technologies alternatives à la fracturation hydraulique qui proposait d’expérimenter l’utilisation de propane à la place de l’eau. Révélé par la presse, la ministre se justifie : "Le rapport sur les gaz de schiste reconnaît que la fracturation hydraulique est condamnable au plan environnemental" et l'alternative proposée "n'apporte pas de solution: c'est une technologie qui n'est pas mature et sans retour d'expérience". Plus globalement, elle affirmera : "Je refuse toutes demandes d'autorisation de forages pour gaz de schiste malgré la pression de lobbies canadiens. Développons la géothermie".

Ludovic Dupin

Réagir à cet article

3 commentaires

Nom profil

15/11/2016 - 14h43 -

Rejeter l'exploration et la production de gaz de schiste aujourd'hui, alors que la technologie a évolué, alors que nous ne sommes pas dans les mêmes conditions techniques qu'il y a 30 ans, c'est faire le jeu des écolos extrémistes. Les pays producteurs de pétroles européens ne sont pas plus pollués que le notre. Allez donc en Norvege, en Angleterre, en Allemagne... La France importe 98% de ses hydrocarbures. Il est tout à fait compatible de réduire la consommation d'hydrocarbure,de réduire les importations qui enrichissent les autres pays et les de produire proprement des hydrocarbures français porteurs de richesse et d'emplois. Depuis plusieurs années, les scientifiques ne sont pas écoutés. Faites vous plus confiance aux politiques ? Ils ont juste peur d'aborder le sujet pour ne pas perdre des votes. Il feraient mieux de prendre des décisions pragmatiques pour soutenir l'industrie française.
Répondre au commentaire
Nom profil

04/05/2015 - 14h32 -

Juppé a raison. Après le vin de Bordeaux, du gaz et des huiles de schiste dans le vignoble. De belles installations qui n'auront pas d'impact sur les Château-Lafitte, et autres grands crus ... Pas de différences pour les américains. Un bordeaux au goût de pétrole ne devrait pas trop les gêner...
Répondre au commentaire
Nom profil

02/05/2015 - 14h40 -

Je propose que l'on choisisse la propriété d'Alain Juppé pour tester les nouvelles techniques d'exploration de gaz de schiste !
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle