Technos et Innovations

Alain Juppé et Michel Rocard ne superviseront plus le Programme d’investissements d’avenir

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Ils ont claqué la porte. Alain Juppé et Michel Rocard, co-présidents du Comité de Surveillance du  Programme d’investissements d’avenir, ne souhaitent plus diriger cette instance publique créée en 2009, depuis qu’elle a été placée sous l’égide d’Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie.

Alain Juppé et Michel Rocard ne superviseront plus le Programme d’investissements d’avenir © D. R.

Alain Juppé et Michel Rocard ont décidé d’abandonner leur poste à la tête du Programme d’investissements d’avenir (PIA). Ils ont pris cette décision après avoir appris que l’institution était placée, suite au dernier remaniement ministériel du mois d’avril 2014, sous la tutelle du ministre de l’Economie Arnaud Montebourg. Financée par le grand emprunt, cette organisation vise à investir 47 milliards d’euros pour financer l’innovation en France.

"Estimant ne pas pouvoir poursuivre notre mission, nous avons le regret de vous présenter conjointement notre démission de co-présidents du Comité de Surveillance du Programme d’investissements d’avenir", ont annoncé les deux hommes politiques dans une dans une lettre adressée au Premier ministre Manuel Valls, publiée à la fin de cet article.

Des projets européens

Ce programme, qu’ils ont initié, était depuis sa création en 2009 rattaché à Matignon. Son changement de statut pose pour les deux anciens co-présidents "quelques problèmes collatéraux graves, au regard des ambitions du Programme d'investissements d'avenir, dont la solution ne paraît pas pouvoir relever d'un ministre, fût-il celui de l'Économie". Selon eux, le PIA ne peut être piloté uniquement par Bercy car il "possède une forte dimension interministérielle".

Pour les deux hommes, une partie des financements du programme risquent d’être attribués à d’autres ministères, qui verront leur budget diminuer en cette période de rigueur. Le ministre de l’Economie "sera beaucoup plus soumis que ne l’est le Premier ministre à la pression de ses collègues", poursuivent-ils. 

Alain Juppé et Michel Rocard mettent aussi l’accent sur la dimension européenne de certains projets soutenus par le PIA. Elle rend selon eux nécessaire la pérennisation de la structure, qui n’est plus garantie depuis qu’elle a changé de tutelle.

Demission Alain Juppé Michel Rocard by L'Usine Nouvelle

Lélia de Matharel

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