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Quotidien des Usines

Airstar Dribble gagnant pour ses ballons

Publié le

Prisés par le cinéma, les ballons éclairants de la PME iséroise tournent autour de la planète : 70 % des ventes sont réalisées à l'export.

Beverly Hills, mars 2003. Pierre Chabert, intimidé, apparaît sous les feux de la rampe aux côtés de l'actrice américaine Kate Hudson. Le voilà lauréat du prix scientifique et technique délivré par l'Académie américaine des arts et sciences du cinéma aux entreprises offrant leur savoir-faire au septième art. Sans grand dépaysement. La firme iséroise Airstar est une familière des plateaux de cinéma qu'elle éclaire par des ballons de lumière.

11 septembre 2001. Sur les ruines du World Trade Center, les équipes de secours tentent, jour et nuit, de retrouver des victimes. Airstar vient à la rescousse. « Des équipes de tournage, équipées de nos ballons, travaillaient dans les rues de New-York : elles les ont apportés aux sauveteurs », se souvient le P-DG. Au même moment, les employés de la filiale d'Orlando chargent leur camion avec des caisses de ballons éclairants et de ballons portatifs sur batteries utilisés en souterrain, et partent, eux aussi, s'associer aux secours. Quelques semaines plus tard, ce sont les décombres de l'usine AZF de Toulouse qu'éclairent les ballons d'Airstar. Jusque-là, le marché du secours ne pesait que 5 % des ventes. Soudain sa part triple. Sous l'effet des catastrophes, mais aussi parce que le cinéma et l'événementiel (la moitié de l'activité) ont été durement touchés par le marasme qui a suivi les attentats. Enfin, parce que pliables et donc faciles à transporter, puis à installer par de petites équipes, les ballons s'adaptent parfaitement aux situations d'urgence. De surcroît, l'armée ou les pompiers apprécient aussi leur qualité lumineuse, homogène et non-éblouissante, sans ombre et à haut pouvoir couvrant sur un rayon de 360°. Repéré par les gardes-côtes et autres « firemen » américains, après avoir pris pied au Texas et à Los Angeles à l'ombre des studios d'Hollywood, Airstar réalise aujourd'hui 15 % de ses ventes aux Etats-Unis.

Après les Etats-Unis et l'Asie, Dubaï

La PMI a éclairé les Jeux olympiques de Sidney, les fêtes du cinquantenaire de la Chine populaire ou le départ du Britania des quais de Hongkong. « Le marché asiatique a chuté pour cause de Sras », admet Pierre Chabert. Il n'en poursuit pas moins sa stratégie de mondialisation avec une ultime implantation à Dubaï. Avec 11 filiales et 7 distributeurs, Airstar réalise 70 % de ses ventes à l'export. De rebond en rebond, Airstar (4,3 millions d'euros de chiffre d'affaires pour l'exercice avril 2002-fin mars 2003, + 30 % en 5 ans), est leader mondial de sa spécialité, avec les deux tiers de ce marché devant quelques concurrents tels l'allemand Powermoon, le britannique Leelium, mais aussi le nippon Yanmar qu'Air-star poursuit pour contrefaçon. Protection mondiale de ses cinq brevets, certification et normes internationales : pour conserver son avance, la firme investit jusqu'au dizième de son chiffre d'affaires en R & D. Et s'appuie sur un partenariat avec l'Anvar pour la mise au point de nouveaux ballons.

Belle envolée que celle de Pierre Chabert, entré dans la marine à 17 ans pour s'y former à la détection radar ! Sorti du rang, le jeune électricien va appliquer son savoir-faire à l'installation scénique : en 1992, cherchant une idée originale pour un décor, il intègre des lumières à des ballons de baudruche. Après avoir séduit les médias, ses étranges ballons lumineux lui attirent ses premiers clients, mais aussi la sympathie, stratégique, d'Air Liquide qui lui offre l'hélium nécessaire à la mise au point d'un prototype. « Ses commerciaux ont peu à peu cédé le pas aux décideurs. Ceux-ci m'ont proposé de prendre 20 % dans le capital que je constituais pour lancer mon entreprise », se souvient l'autodidacte. Cette précieuse alliance va le crédibiliser aux yeux des banques, puis, plus tard, lui offrir un visa pour Hongkong. Ou encore un coup de pouce en Italie.

Au lendemain même de sa naissance, début 94, Airstar éclaire déjà Bobino, et les Champs-Elysées : la célèbre avenue fête alors le cinquantenaire de la Libération de Paris. Depuis, de « Jurassic Park » à « Titanic », en passant par les « Rivières pourpres », mais aussi des chantiers nocturnes de travaux publics à l'éclairage des raffineries et ouvrages hydrauliques, la firme n'a cessé d'épaissir son catalogue, avec des ballons de toute taille, gonflés à l'air ou à l'hélium, fixes ou mobiles, ronds ou en ellipse, sur batteries... Pour maîtriser les techniques de projection d'images et de motorisation des ballons, Airstar s'est appuyé sur le savoir-faire du français Hardware Xenon, devenu l'un de ses petits actionnaires. Pour mettre au point ses enveloppes, la firme a suivi les conseils de Porcher marine qui lui fournit, en exclusivité, des polyesters spéciaux à trame assez légère pour laisser filtrer la lumière mais renforcés par des traitements spécifiques qui assurent étanchéité et résistance aux UV.

Doubler la production d'ici à dix ans

Une production tout droit sortie du site de Champs-près-Froges, à quinze kilomètres de Grenoble. Dans l'atelier d'électronique, l'équipe d'Airstar met au point les prototypes des cartes électroniques des boîtiers de commandes qui permettront d'allumer telle lumière, de vérifier la pression ou la tension électrique exigée par les ventilateurs. Autre ambiance à la production des enveloppes, avec son parc de machines à coudre, mais aussi à souder, par haute fréquence, ultrason ou air chaud : ici, les couturières veillent sur les nouveaux ballons conçus pour éclairer les locaux industriels.

Plus que jamais, Pierre Chabert est confiant. « Il nous reste d'importants gisements de croissance, estime-t-il, le marché mondial pourrait passer de 5 000 ballons aujourd'hui à 30 000 ou 40 000 ballons d'ici à cinq ou six ans. » Son objectif : doubler la production d'ici à dix ans. Car entre les grands comptes publics et privés et les firmes industrielles qui veulent éclairer leurs ateliers, il lui reste bien des marchés à conquérir. Déjà, ses ballons, dirigeables et placés à 200 ou 300 mètres du sol, permettent aux scientifiques de veiller sur la Terre, qui en a bien besoin.

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