Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Airparif traque la pollution de l'air parisien

,

Publié le , mis à jour le 14/03/2014 À 09H57

Depuis quelques jours, le ciel parisien est saturé de particules fines. Pour faire face à ce pic de pollution, le Conseil régional d'Ile-de-France a décidé de rendre les transports publics gratuits jusqu'au dimanche 16 mars. Si elle peine à améliorer la qualité de l’air, la France dispose pourtant d’une batterie d’instruments de mesure des polluants. Voyage au cœur du dispositif d’Airparif, qui ausculte l’Île-de-France.

Airparif traque la pollution de l'air parisien
Place de l’Opéra. La station mesure les concentrations de dioxyde d’azote et de particules émis notamment par les véhicules.

Les cartes qui s’affichent sur l’ordinateur de Pierre Pernot, ce lundi 4 février, sont bleues. Pas de pic de pollution en Île-de-France en vue. L’ingénieur d’Airparif (l’une des 26 associations de surveillance de la qualité de l’air agrée par l’État) se contentera de modéliser des prévisions sur la qualité de l’air du jour et du lendemain. Mais quand certains seuils sont atteints, une procédure d’information au public doit être mise en place. En janvier, plusieurs épisodes de pollution atmosphérique ont ainsi été relevés par Airparif. En matière de qualité de l’air, la France fait figure de mauvaise élève. Sous la menace d’une nouvelle mise en demeure de Bruxelles pour non-respect des directives européennes, le gouvernement a présenté, le 6 février, son plan d’urgence. Restriction de la circulation des véhicules les plus polluants lors des pics de pollution, limitation de la vitesse sur certains axes à forte fréquentation, incitation au covoiturage, au développement de véhicules électriques, à la marche et au vélo… Ces mesures paraissent insuffisantes. Notre pays serait-il incapable de guérir un mal qu’il sait pourtant diagnostiquer ?

Oxydes d’azote, monoxyde de carbone, ozone, particules, métaux lourds, hydrocarbures aromatiques, composés organiques volatils… Airparif traque, depuis 1979, à la demande des pouvoirs publics, près de 60 polluants, dont 15 sont réglementés à cause de leur impact sur la santé et l’environnement.

Qui dit traque, dit terrain de chasse. Sur le boulevard Haussmann, près des grands magasins parisiens, dans le 9e arrondissement, se trouve une station de mesure automatique. Semblable à un kiosque à journaux, elle enregistre les concentrations de gaz et de particules au plus près des pots d’échappement. Airparif dispose de 50 autres installations de ce type ou plus petites, toutes situées dans des lieux stratégiques : au troisième étage de la tour Eiffel, place de l’Opéra, Porte d’Auteuil, ou encore en milieu moins urbain comme à Fontainebleau. Ce dispositif est complété par un réseau de capteurs de l’air ambiant, dont le contenu est analysé une fois par semaine par le laboratoire de chimie d’Airparif.

Défis techniques

Le bon fonctionnement des appareils de mesure est soumis à des examens hebdomadaires. Les 48 ingénieurs et techniciens d’Airparif n’ont pas le droit à l’erreur : pas question de récolter des mesures fausses alors que les normes de contrôle sont de plus en plus drastiques. La difficulté est de taille. "Nous travaillons à l’échelle de la partie par milliard (ppb). Cette unité équivaut à une cuillère à café dans 33 wagons de 33 tonnes", sourit Laurent Gauvin, le métrologue chargé de la maintenance des appareils.

Autre problème : l’évolution de la pollution. Si les concentrations de dioxyde de soufre (issu de la combustion des fiouls, charbons, lignites) en Île-de-France ont été divisées par 20 depuis les années 1950, les particules produites notamment par les moteurs diesel et le chauffage au bois restent en revanche à des niveaux supérieurs aux valeurs limites d’émissions. Elles sont jugées responsables de la mort prématurée de 42 000 personnes par an en France. Or leur mesure implique des défis techniques. "Trois paramètres permettent de caractériser les particules : la taille, la nature et le nombre. Aucun appareil ne sait actuellement jongler avec les trois", explique Laurent Gauvin.

Pour l’heure, Airparif, va devoir se serrer la ceinture. Le conseil général des Hauts-de-Seine a décidé, fin janvier, de supprimer les 80 000 euros de subvention versés à l’association pour son budget annuel (6 millions d’euros). La réaction de Jean-Félix Bernard, son président, ne s’est pas fait attendre : "Ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on améliore la qualité de l’air."

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle