Airbus : une chaîne d’assemblage aux Etats-Unis favorable à l’emploi européen

L’avionneur démarre les travaux de construction de sa prochaine ligne d’assemblage aux Etats-Unis. Sa supply-chain en Europe devrait largement en profiter.

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Airbus : une chaîne d’assemblage aux Etats-Unis favorable à l’emploi européen
Assemblage de l'A320 dans l'usine de Tianjin, en Chine.

C’est parti ! Airbus s’implante enfin aux Etats-Unis. Son PDG, Fabrice Brégier, accompagné des élus locaux de l’Etat d’Alabama, vient de donner le coup d’envoi pour les travaux de sa prochaine chaîne d’assemblage d’A320. L’avionneur a choisi la ville de Mobile, notamment pour son port en eaux profondes qui permettra l’acheminement par bateaux des tronçons des appareils venus d’Europe.

En effet, si l’assemblage se fera outre-Atlantique, l’essentiel de l’activité de fabrication continuera de se faire sur le Vieux continent. Le montage final ne représente en effet qu’environ 5 % de la valeur ajoutée d’un appareil. "Pour un poste sur la chaîne américaine, cela correspond à quatre emplois au sein d’Airbus, et sept en Europe en incluant nos fournisseurs de premier rang", traduit l’avionneur européen.

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Airbus et ses sous-traitants envisagent de créer plus de 1 000 emplois à terme sur ligne de Mobile. Au même titre que les usines de Toulouse, d’Hambourg et de Tianjin, en Chine, qui assemblent les A320, l’usine américaine sera en effet alimentée par les usines d’Airbus qui produisent les tronçons. Ces grands ensembles du fuselage partiront des ports de Hambourg, de Saint-Nazaire et de Mostyn, en Grande-Bretagne, pour rejoindre Mobile.

Pas de supply-chain américaine

Le groupe précise par ailleurs qu’il n’envisage pas pour l’instant de développer une supply-chain américaine. "Seulement les activités de finition comme la peinture ou la manutention de l’avion nécessiteront l’implantation locale de certains fournisseurs", explique-t-on chez Airbus. Les fournisseurs américains ne sont toutefois pas en reste : sur l’ensemble de la gamme d’avions Airbus, ils contribuent globalement déjà pour 40 % de la valeur des appareils.

Par exemple, sur un A320, GE fournit les moteurs à 50-50 avec Safran. Honeywell et Northrop Grumman livrent des calculateurs embarquées, Goodrich de multiples équipements… Au global, Airbus dépense chaque année pour 13 milliards de dollars auprès de l’industrie aéronautique américaine.

Avec cet investissement évalué à 500 millions d’euros, Airbus espère faire une percée sur le marché nord-américain. D’autant plus que les prévisionnistes du secteur estiment qu’il devrait se vendre près de 5 000 appareils en Amérique du Nord dans les vingt prochaines années. Clairement, le groupe européen veut rattraper son retard : il n’a que 20 % de part de marché alors qu’il fait jeu égal avec son rival Boeing au niveau mondial. "Il nous fallait une green card. On l’a maintenant !" se réjouit un cadre d’Airbus.

Certains s’interrogent toutefois sur la pertinence de cette stratégie. Sans cette usine, l’avionneur européen a en effet décroché à l’été 2011 un méga contrat auprès d’American Airlines pour l’achat de 260 appareils (options incluses). Plus que par une fabrication locale, la compagnie avait été séduite par les 20 % d’économie de carburant promis par la version remotorisée de l’A320 NEO.

La machine Airbus est toutefois lancée. L’avionneur espère produire près de 50 appareils par an à partir de 2018, soit une cadence de 4 avions par mois. Comme l’usine chinoise. Les premiers appareils devraient sortir de chaîne en 2016.

Hassan Meddah

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