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L'Usine Aéro

Airbus s’enfonce dans la crise, la valse des dirigeants commence

Olivier James , , , ,

Publié le

Le conseil d’administration a annoncé le départ de Fabrice Brégier, le numéro deux. Le patron du groupe Tom Enders, restera au plus tard jusqu’en avril 2019. Toute une génération de dirigeants est sur le départ.

Airbus s’enfonce dans la crise, la valse des dirigeants commence © World Economic Forum - Wikimedia Commons

Comment survivre à une forte hémorragie ? C’est la question à laquelle se retrouve confronté le géant européen Airbus. Sur décision du conseil d’administration jeudi 14 décembre, Fabrice Brégier, le numéro deux, quittera ses fonctions en février 2018 – remplacé par l’actuel dirigeant d’Airbus Helicopters Guillaume Faury – suivi par Tom Enders, le patron du groupe, qui lui emboîtera le pas à l’issue de son mandat en avril 2019. Mais rien ne dit que ce dernier, acculé depuis plusieurs mois dans une série d’affaires et contesté en interne pour ses méthodes de management, sera en mesure de rester d’ici là.

Le tandem, aux relations tumultueuses, aura tenu dix années. D’abord de 2007 à 2012, période pendant laquelle Tom Enders est à la tête de la branche aviation commerciale d’Airbus avec Fabrice Brégier comme numéro. Puis de 2012 à aujourd’hui, le premier prenant la direction de l’ensemble du groupe Airbus et celle de l’aviation commerciale.

Une forte inimitié entre les deux hommes

Le coup est rude pour Fabrice Brégier, dauphin naturel de Tom Enders, artisan d’un programme rondement mené (l’A350) et d’une internationalisation réussie (en Chine et aux Etats-Unis), mais aussi chantre de l’innovation incrémentale dont l’A320neo représente la quintessence. "Après 25 ans au sein de l’entreprise, dont cinq comme CEO de MBDA, quatre comme CEO d’Eurocopter et onze en tant que COO, CEO ou Président d’Airbus Commercial Aircraft, le temps est venu pour moi de saisir de nouvelles opportunités", affirme le dirigeant dans un communiqué.

"Entre Tom Enders et Fabrice Brégier, il y a pour le moins de l’inimitié, assurait l’an dernier à L’Usine Nouvelle une source proche de l’avionneur. Fabrice Brégier, désormais patron [de la branche aviation commerciale] d’Airbus, a du mal à encaisser l’autoritarisme et les velléités d’intrusion de Tom Enders, qui cherche à reproduire la relation hiérarchique qu’il avait avec Fabrice Brégier entre 2007 et 2012. Durant cette période, c’est Fabrice Brégier qui a sorti Airbus du pétrin avec le plan Power 8 alors qu’Enders ramassait les lauriers". L’actuel plan de réorganisation Gemini lancé à l’automne 2016 aura enfoncé le clou, le directeur des ventes devant  directement rendre des comptes à Tom Enders et non plus à Fabrice Brégier.

La multiplication des affaires ces derniers mois a dégradé encore un peu plus les relations entre les deux dirigeants. En particulier les enquêtes qui visent directement Tom Enders, menées par le parquet national financier (PNF) en France et le Serious Fraud Office (SFO) britannique concernant des soupçons de corruption, sur fond d’irrégularités dans le recours à des consultants pour la vente à l'export d'avions. Entres autres.

A la recherche d'un cap

C’est tout l’édifice airbusien qui est destabilisé. Car au-delà du duo à la tête d’Airbus, l’avionneur européen s’apprête en 2018 à connaître un profond renouvellement de son équipe de hauts dirigeants. Le super vendeur John Leahy, l’homme aux 16 000 avions vendus ? Remplacé en janvier 2018 par l’ex Rolls-Royce Eric Schulz. Deux autres départs à la retraite devraient eux aussi intervenir en 2018 et marquer encore davantage le changement d’ère au sein de l’avionneur : Didier Evrard, directeur des programmes de la branche commerciale d’Airbus, et Tom Williams, le directeur des opérations.

Quant à Paul Eremenko, le directeur de la technologie venu de Google, il vient de partir avec pertes et fracas, laissant des équipes de recherches déboussolées. Autre départ moins médiatisé pourtant majeur : celui de Charles Champion, le patron de l'ingénierie d'Airbus aviation commerciale. Rarement on aura vu au sein d’un grand groupe un renouvellement managérial de cette ampleur, touchant quasiment tous les dirigeants. Le défi des nouveaux dirigeants – encore inconnus à ce stade – va consister à maintenir une forte croissance industrielle tout en remotivant des équipes en proie au doute. Le groupe a besoin d’un cap.

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