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Airbus prévoit deux fois moins de commandes pour 2009

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Bilan et perspectives : Tom Enders, PDG du constructeur européen, et John Leahy, le patron des ventes, ont livré hier... leur oracle.

Airbus prévoit deux fois moins de commandes pour 2009

Après avoir consulté longuement une boule de cristal spécialement acheminée à Toulouse, le siège d'Airbus, Tom Enders, PDG du constructeur, et John Leahy, le patron des ventes, ont livré leur oracle : Airbus devrait engranger entre 300 et 400 nouvelles commandes en 2009. Cette petite mise en scène était visiblement destinée à faire oublier que l'année 2009 s'annonce moins faste que 2008. L'an dernier, Airbus a engrangé 777 commandes fermes, après prise en compte de 123 annulations. "2009 sera fatalement une année difficile : nos clients ont plus de mal à financer leurs avions et le trafic des passagers est en train de baisser", explique le patron d'Airbus, qui présentait jeudi 15 janvier le bilan 2008 et les perspectives pour 2009. Le constructeur européen pourra toutefois se réjouir d'avoir repris la première place mondiale à Boeing en termes de commandes puisque l'avionneur americain n'a vendu que 662 avions en 2008.

Sécuriser les livraisons. En termes de livraisons, l'année 2008 a constitué un record avec 483 appareils produits soit 30 de plus qu'en 2007. "Je serais content si nous parvenons au même niveau en 2009", ajoute Tom Enders. Mais il n'y a rien de sûr. Les incertitudes sur les financements des flottes font que des livraisons pourraient être décalées dans le temps. Il n'est pas pour l'instant prévu de baisser les cadences. Airbus s'en tenant à la décision prises en novembre de ne pas atteindre la cadence de 40 A 320 par mois comme c'était prévu. Comme EADS son actionnaire, la priorité d'Airbus est de sécuriser à la fois les livraisons et la trésorerie. Cela signifie une gestion de la production au plus juste pour éviter l'accumulation d'avions sans client.

Aider les fournisseurs. Par ailleurs, l'avionneur a l'intention d'augmenter les financements à ses clients, ainsi que d'aider les fournisseurs les plus fragilisés par la crise. "Dans ce domaine, il n'est pas question de se transformer en société de charité, mais Airbus assumera ses responsabilités au cas par cas", nous a confié Tom Enders. Il reste que les défis pour la supply chain restent importants car Airbus entend poursuivre sa politique d'externalisation en nouant des partenariats industriels avec des pays à bas coûts comme l'Inde et la Chine. La signature d'un accord avec l'industrie chinoise est prévue dans les prochaines semaines pour lui octroyer 5 % de l'A350 XWB.

Le constucteur s'est par ailleurs félicité du bon état d'avancement du plan Power 8, qui a déjà généré 1,3 milliard d'euros d'économie. "Nous sommes en avance sur le calendrier puisqu'un peu plus de la moitié des objectifs ont été atteint", explique Fabrice Brégier, le numéro 2 d'Airbus, qui est spécifiquement en charge de l'exécution du plan d'économie.

Guillaume Lecompte-Boinet

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