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Airbus poursuit Power 8, malgré le sursaut du dollar

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L'avionneur européen maintient son plan de restructuration et d'économies en dépit du récent rebond du dollar face à l'euro, selon les représentants du personnel. Au cours d'une réunion interne, vendredi dernier, les syndicats ont demandé à la direction si l'évolution de la parité euro-dollar n'allait pas remettre en cause les mesures de réduction des coûts. Celle-ci leur a rétorqué que la volatilité des devises nécessitait justement de ne pas changer de stratégie « tous les quatre matins ». Selon Marina Lensky, déléguée CFTC, l'état-major d'Airbus a ajouté qu'il ne délocaliserait pas à outrance compte tenu de la crise de l'emploi qui menace.

A travers Power 8, la principale filiale d'EADS vise à réaliser 2,1 milliards d'euros d'économies par an à partir de 2010, via notamment des délocalisations et la suppression de 10 000 postes au sein du groupe et de ses équipementiers. La poursuite au premier semestre 2008 de la dépréciation du dollar - monnaie dans laquelle la grande majorité des revenus d'Airbus sont libellés, contre seulement la moitié de ses coûts - a conduit la direction à annoncer un plan complémentaire, Power 8 +, dont l'objectif est d'atteindre 650 millions d'euros d'économies en plus (un milliard à l'échelle du groupe EADS) pour la période 2010-2012 : 350 millions en intensifiant les mesures de Power 8 et 300 millions en internationalisant la production et l'ingénierie. Airbus dit avoir réalisé près de 500 millions d'euros d'économies en 2007 et annonce 1 milliard pour 2008.

En suivant Louis Gallois, président exécutif d'EADS, qui a souligné à plusieurs reprises qu'une dépréciation de 10 centimes du dollar face à l'euro impactait le résultat opérationnel à hauteur d'un milliard d'euros, EADS gagnerait deux milliards d'euros avec la chute du dollar de près de 20 centimes ces dernières semaines. Du grain à moudre pour les syndicats qui stigmatisent les conséquences sociales du plan d'économies. Pour Jean-François Knepper, délégué FO, la parité euro-dollar est un faux problème. Elle « est intrinsèque à notre industrie, nous vivons avec et nous sommes couverts. C'était un alibi pour justifier Power 8 + ».

Après trois années très dynamiques, Airbus (comme Boeing) prévoit un recul des commandes (récession mondiale, crise du crédit, ralentissement du trafic aérien...). Mi-octobre, le constructeur européen, qui a enregistré 48 annulations de commande depuis janvier, a d'ailleurs suspendu la montée en cadence de ses lignes de production.

Matthieu Maury, avec Reuters

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