Airbus, modèle de l’Europe qui gagne

A l’heure où le modèle européen est plus que jamais contesté, Airbus s’érige en modèle à la fois incontestable et unique. Il y a urgence à, de nouveau, s’en inspirer.

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Airbus, modèle de l’Europe qui gagne
l’acquisition du CSeries de Bombardier l’été dernier, renommé A220, accentue encore son accent américain puisque la production de l’appareil va être partagé entre le Canada et bientôt les Etats-Unis.

A tout juste cinquante ans, ce vénérable européen n’a jamais paru aussi fringuant. Qui, à la fin des années 60, aurait pu imaginer qu’un demi-siècle plus tard, Airbus se poserait en égal de l’industrie aéronautique américaine, alors toute puissante ? Et qu’à l’horizon 2020, l’avionneur européen pourrait même livrer d’avantages d’avions commerciaux que Boeing ?

Depuis une quinzaine d’années, le groupe ne cesse d’étendre son empreinte industrielle en Amérique du Nord. Grâce à son ADN :

habitué dès sa naissance, à se partager entre plusieurs pays, l’avionneur n’a pas eu de mal à sortir de son nid, contrairement à Boeing. Et l’acquisition du CSeries de Bombardier l’été dernier, renommé A220, accentue encore son accent américain puisque la production de l’appareil va être partagé entre le Canada et bientôt les Etats-Unis.

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Une production qui s’ajoute à la ligne d’assemblage finale d’A320 inaugurée en 2015 à Mobile aux Etats-Unis. Sans oublier la fabrication d’hélicoptères, assurée aux Etats-Unis et au Canada, représentant environ 20% de la production du groupe. Dans le courant de l’année, Airbus va ouvrir en Floride une usine de production de satellites destinée à la constellation OneWeb, avec la société américaine du même nom. Demain, le groupe se dit prêt à produire des Eurofighter Typhoon au Canada pour peu que le gouvernement passe commande en mai prochain pour renouveler sa flotte. Stratégie gagnante : en apposant l’étiquette « made in America » ou « made in Canada » sur ses produits, Airbus a joué la corde patriotique et engrangé les commandes au nez et à la barbe de l’industrie américaine. Sa part de marché dans les commandes américaine d’avions commerciaux est passée de 15% à plus de 50% depuis l’installation à Mobile (en Alabama, Etats-Unis, où il va ouvrir une seconde ligne d’assemblage dédiée à l’A220 courant 2020, là où est déjà assemblé l’A320, via un investissement de 300 millions de dollars). Pour les hélicoptères ? Elle est passée de 47% à 72% entre 2015 et 2017.

Alors que le scénario d’un Brexit dur se matérialise, alors que l’Europe n’a jamais semblé aussi mal aimée par des populations tentées par le populisme, alors que l’avenir de la monnaie européenne semble même menacée, le succès d’Airbus nous rappelle que, pour peu qu’ils s’en donnent la peine, les pays européens sont capables, lorsqu’ils sont mués par une vision commune, de construire un édifice inébranlable. Surgit par vagues régulières le projet de lancer un « Airbus » dans tel ou tel secteur, le naval, le ferroviaire ou bien encore les batteries avec pour ambition de dupliquer cet idéal européen industriel. Il y a urgence à s’en inspirer. L’Europe brûle et l’industrie regarde ailleurs.

1 Commentaire

Airbus, modèle de l’Europe qui gagne

toto
16/01/2019 14h:28

Airbus est une coopération industrielle internationale, ce projet n'a rien à voir avec la construction politique qu'est l'union européenne. De nombreux non-européens participent à la construction des Airbus et l'immense majorité des pays européens n'y mettent pas une vis! ériger une coopération industrielle en modèle politique est donc un non-sens

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