Airbus intronise dans sa flotte le CSeries, rebaptisé A220

Airbus introduit le CSeries de Bombardier qu’il vient d’acquérir dans sa flotte, et lui donne le nom d’A220 révèle en exclusivité L'Usine Nouvelle. L’avionneur européen va s’atteler à redresser le niveau des commandes, encore faible.

Partager
Airbus intronise dans sa flotte le CSeries, rebaptisé A220
Intronisé dans la flotte Airbus mardi 10 juillet, le CSeries devient l'A220.

Dans l’imposante salle de presse toulousaine résonne la voix de Robert Charlebois. Jamais Airbus n’a semblé aussi québécois que ce mardi 10 juillet : l’avionneur européen a intronisé l’avion CSeries dans sa flotte, dont il a pris définitivement le contrôle le 1er juillet auprès du canadien Bombardier. Un événement qui marque, moins de dix mois après l’annonce de l’achat du programme, à la fois un achèvement mais aussi le début d’une nouvelle phase stratégique. Car pour Airbus, le succès commercial d’un avion dont il n’est pas le développeur – pour la première fois de son histoire – reste à concrétiser.

Un défi qui passe d’abord par un changement de nom : intronisé dans la flotte airbusienne, le CSeries devient l’Airbus A220, selon nos informations. Un nom à mi-chemin entre l’A320, famille des monocouloirs à succès d’Airbus, et l’A200, le nom de code historique de l’A320. Une dénomination qui s’explique par le positionnement de l’appareil, juste en dessous de la famille A320 : l’A220-100 (ex CS 100) peut embarquer de 100 à 135 passagers et l’A220-300 (ex CS 300) de 130 à 160 passagers. Deux monocouloirs qui s’intercalent en termes de capacités et de rayons d’action entre les avions régionaux et les monocouloirs historiques d’Airbus avec des capacités allant jusqu’à 240 sièges.

Une relance commerciale à assurer

Reste le plus dur à réussir pour Airbus qui a pris le contrôle du CSeries sans bourse délier : parvenir à redresser les ventes de l’ex appareil que Bombardier avait officiellement lancé en 2008, à l’occasion du salon aéronautique britannique de Farnborough. Dix ans plus tard, les dirigeants d’Airbus comptent lors de ce même salon organisé cette année annoncer plusieurs commandes. Le prix catalogue de l'appareil sera de 79 millions de dollars pour l'A220-100 et de 89 millions de dollars pour l'A220-300.

Aujourd’hui, alors que 38 CSeries sont en exploitation, le carnet de commandes s’élève à 364 appareils. Un niveau sans commune mesure avec son grand frère lancé vingt ans plus tôt, l’A320, qui cumule à ce jour 14 678 commandes et peut s’enorgueillir d’un carnet de commandes restant à honorer de 6422 appareils.

Le challenge commercial s’annonce d’autant plus âpre que le calendrier de la contre-offensive de Boeing s’est accéléré avec l’annonce, jeudi 5 juillet, du rapprochement avec le brésilien Embraer, qui voit là aussi l’autre géant de l’aéronautique s’emparer d’avions modernes de petites capacités.

A LIRE AUSSI

Face à Airbus et au CSeries, Boeing et Embraer contre-attaquent

Airbus a l’avantage d’avoir pris de court son adversaire américain et compte séduire des compagnies aériennes qui souhaiteraient lancer de nouvelles flottes, basées sur des appareils légers et peu coûteux, en particulier dans la région Asie-Pacifique. Airbus prévoit que ce segment d’appareils (100-150) sièges représentera un marché d’environ 6 000 appareils pour les vingt prochaines années.

Pour améliorer la compétitivité du programme, ses responsables attendent beaucoup de la force de frappe commerciale d’Airbus et de son image de marque. Mais pas seulement : ils ne cachent pas leur volonté de voir les fournisseurs du programme réaliser des efforts en matière de prix. Histoire de réduire un peu plus le coût de production de l’A220.

Ce qui permettrait aux deux sites d’assemblage de proposer un appareil ultra compétitif : le site historique de Mirabel et celui à venir aux Etats-Unis de Mobile (Alabama) – où est déjà assemblé l’A320, dont la construction pourrait débuter d’ici 2020. Si les commandes affluent, les deux sites pourraient produire un maximum de 120 à 150 appareils pour le site canadien et de 50 à 60 appareils pour l’implantation américaine.

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER Aéro et Défense

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

A Grasse, un parfum de renouveau

A Grasse, un parfum de renouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Anne Sophie Bellaiche nous dévoile les coulisses de son reportage dans le berceau français du parfum : Grasse. Elle nous fait découvrir un...

Écouter cet épisode

Les recettes de l'horlogerie suisse

Les recettes de l'horlogerie suisse

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, notre journaliste Gautier Virol nous dévoile les coulisses de son reportage dans le jura suisse au coeur de l'industrie des montres de luxe. 

Écouter cet épisode

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos...

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu...

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

BUREAU VERITAS

Ingénieur Sûreté de Fonctionnement - Assurance qualité Logiciel (F-H-X)

BUREAU VERITAS - 26/07/2022 - CDI - La Défense

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS