L'Usine Aéro

Airbus Helicopters qui rachèterait Sikorsky... La rumeur qui agite le Bourget

Olivier James , , , ,

Publié le , mis à jour le 16/06/2015 À 19H58

Analyse Les rumeurs de rapprochement entre Airbus Helicopters et Sikorsky vont bon train au salon aéronautique du Bourget. Un scénario qui reste très hypothétique.

Airbus Helicopters qui rachèterait Sikorsky... La rumeur qui agite le Bourget © Lorette Fabre

Le marché des hélicoptères s'agite ! Lundi 15 juin, le conglomérat industriel américain United Technologies (UTC) a fait connaître son désir de se séparer de sa filiale de fabrication d'hélicoptères Sikorsky aux profits en fortes baisses. De quoi faire dire le lendemain même à Guillaume Faury, le pdg d’Airbus Helicopters qu’il "surveillait de près" cette opération. En moins de 24 heures, le salon du Bourget donne à voir un marché des hélicoptères en pleine reconfiguration.

C’est que ce marché est à la peine depuis quelques années. Entre la diminution des budgets militaires dans nombre de pays et la baisse de régime du secteur gazier et pétrolier, grand client d’hélicoptères civils, la filière fait grise mine. Quant au prometteur marché chinois, il reste bien trop encadré pour vraiment offrir des débouchés commerciaux massifs.

Un rapprochement d’égal à égal
Dans ce contexte, le rapprochement entre deux acteurs importants aurait du sens sur le papier et participerait à la consolidation de la filière. Mais Airbus Helicopters (filiale d’Airbus Group) compte-t-il vraiment racheter Sikorsky, dont le prix s’élèverait à environ 8 milliards de dollars ? Impossible avec les propos sibyllins de Guillaume Faury d’en conclure quoi que ce soit. "C’est une importante évolution, nous  regardons ce que fait UTC" , a affirmé le pdg d’Airbus Helicopters. Et de rajouter : "we keep an eye" (on regarde de près, en Français).

Sur le papier, le rapprochement aurait belle allure. Les chiffres d’affaires des deux groupes sont très proches : Sikorsky affiche 6,7 milliards d’euros de vente, contre 6,5 milliards pour Airbus Helicopters. Quant aux complémentarités industrielles, elles pourraient être au rendez-vous : la majeure partie des ventes de Sikorsky proviennent du militaire (70%), alors qu’Airbus Helicopters est le numéro un mondial des hélicoptères civils (même si son chiffre d’affaires est réparti à 50/50 sur les deux segments).

Un rapprochement impossible ?
"Ils auraient tout intérêt à racheter Sikorsky pour empêcher un autre concurrent de le faire", estime une source anonyme dans le secteur des hélicoptères. Parmi les concurrents les plus sérieux, Textron et Lockheed Martin. Mais ce scénario a ses limites. Sikorsky produit en effet le Black Hawk (best-seller de l’armée américaine) et le Marine One, l’hélicoptère utilisé par le président des Etats-Unis. Laisserait-on un européen produire ces appareils ?

"Il me semble peu probable qu’une société américaine dont de nombreux contrats sont liés au Département de la Défense des Etats-Unis passe sous contrôle européen", souligne une source proche du dossier. Impossible, alors, ce rapprochement ? Le système de base de données du FBI est bien fourni par une société française. Son nom : Safran.
 

Olivier James

Réagir à cet article

3 commentaires

Nom profil

16/06/2016 - 12h07 -

C'était une autre époque, mais rappelez vous le bouillon qu'a pris Bull en rachetant Zenith (ZDS), fournisseur de l'armée US. Qui a perdu ce marché illico.
Répondre au commentaire
Nom profil

18/06/2015 - 15h35 -

On ne voit guère Airbus devenir fournisseur majeur d'aéronefs pour l'US Army. De plus, les produits d'Airbus heli sont compétitifs et cohérents et il n'a pas besoin de s'encombrer avec la gamme militaire de Sikorsky, déjà ancienne et travaillée sur mesure pour son client local.
Par contre, je parierais bien sur Textron, discrètement bien assis dans la hausse - et pas en passe de gérer des applications difficiles telles que le F-35 de LM.
Répondre au commentaire
Nom profil

16/06/2015 - 23h31 -

Joli sur le papier mais je doute que les Américains laissent faire. De plus la coopération Franco américaine n'est pas un long fleuve tranquille.
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte