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L'Usine Aéro

Airbus Helicopters contraint à des mesures sociales face à la mauvaise conjoncture

Olivier James , , , ,

Publié le

Confronté à une chute d’activité sans précédent, le groupe définira début octobre les mesures sociales pour retrouver des marges de manœuvres. Elles impacteront les salariés du site de Marignane (Bouches-du-Rhône).

Airbus Helicopters contraint à des mesures sociales face à la mauvaise conjoncture © Airbus Helicopters

Le poids de la crise qui leste le secteur des hélicoptères depuis 2013 n’en finit pas de faire chuter Airbus Helicopters. La filiale d’Airbus Group est confrontée à une baisse historique d’activité, qui nourrit depuis de nombreux mois l’inquiétude chez les 8500 salariés du site de Marignane (Bouches-du-Rhône) où sont assemblés les hélicoptères civils et militaires. D’après nos informations, la direction prévoit de rencontrer les organisations syndicales début octobre pour mettre sur la table de nouvelles mesures sociales, plus fortes que celles déjà mises en place.

De quoi alimenter la menace brandit depuis quelques jours par le syndicat majoritaire Force Ouvrière (FO), à savoir un plan de restructuration qui concernerait 400 personnes. Si l’hypothèse de licenciements secs semble totalement exclue, des mesures telles que des non remplacements de postes, des départs à la retraite anticipés et des aides à la reconversion pourraient être évoquées. Il faut dire que l’entreprise fait face à une conjoncture particulièrement défavorable : Airbus Helicopters subit une forte baisse de la demande de la part du secteur pétrolier et gazier et encaisse de surcroît la décision de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) d’interdire de vol les Super Puma suite à l’accident mortel intervenu en Norvège le 29 avril dernier.

Investissement en roumanie

Nul doute que les salariés n’attendront pas début octobre pour y voir plus clair quant à l’avenir de leur site : ils demanderont sans doute des éclaircissements lors de la réunion à mi-année avec le pdg d’Airbus Helicopters, Guillaume Faury, prévue lundi 19 septembre au matin et censée faire le point sur le niveau d’activité du site. "Toutes ces rumeurs suscitent une attente forte pour le discours du PDG", résume José Garcia, délégué syndical central CFDT.

Une rencontre qui s’effectue alors que le groupe vient d’inaugurer mardi 13 septembre un nouveau site d’assemblage en Roumanie, en présence du président de la République François Hollande venue en visite. Aucun rapport cependant entre les deux actualités : cette usine de 10 000 m² basée à Brasov où se trouve déjà un site de maintenance du groupe, fabriquera des H215 "low cost". Autrement dit des appareils produits à bas prix, grâce au faible coût de la main d’œuvre, capables de concurrencer les hélicoptères russes en Europe de l’Est. Les syndicats présents à Marignane ne voient pas dans cette implantation de 50 millions d’euros une forme de concurrence, notamment parce qu'elle générera aussi de l’activité pour le site français dédié à des appareils plus haut de gamme.

Les mesures à moyen et long terme qui seront prises en octobre feront suite à des initiatives déjà mises en place depuis quelques mois pour faire face à la baisse d’activité. "Le prêt de personnel est organisé entre les différents sites du groupe et le recours aux intérimaires a été réduit cette année", témoigne José Garcia. Une centaine de salariés a par exemple été transféré à Donauwörth, en Allemagne. Des solutions à court-terme qui n’auront pas suffi.

Un marché en berne

Pour le moment, Guillaume Faury, qui a pris les rênes d’Airbus Helicopters en 2013 lorsque le secteur a commencé à donner des signes de faiblesses, a pu éviter les mesures sociales drastiques. D’aucuns relèvent sa fibre sociale, renforcée lors de son passage chez PSA marqué par la fermeture du site d’Aulnay. Contrairement à ses concurrents, Sikorsky et Bell Helicopter en tête, Airbus Helicopters n’a procédé depuis l’arrivée de Guillaume Faury à aucun plan social. Le patron a privilégié la modernisation des process et la recherche d’une plus grande efficacité industrielle.

Reste que le groupe ne parvient pas à juguler la baisse d’activité. Airbus Helicopters a livré 395 appareils en 2015, contre 497 en 2014. Idem pour le carnet de commandes, qui est passé de 402 appareils en 2014 à 383 en 2015. "La production risque encore d’être inférieure cette année", croit savoir un syndicaliste. Une morosité qui se traduit dans les prévisions de marché pour l'ensemble du secteur. Le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) prévoit une baisse du marché, civil et militaire, passant de 20,3 milliards de dollars en 2020 à 18,7 milliards de dollars en 2024. Les acteurs du secteur sont en train de naviguer dans un goulet d‘étranglement décisif.
Olivier James

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