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L'Usine Aéro

Airbus Group : quelle stratégie après le désengagement de Dassault Aviation ?

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Analyse Comme prévu, Airbus Group entame son désengagement progressif du capital de Dassault Aviation. Quelle va être la stratégie d’Airbus Group, fort d’un véritable pactole ? Le point en trois questions.

Airbus Group : quelle stratégie après le désengagement de Dassault Aviation ? © Airbus

Il aura fallu peu de temps à Tom Enders pour rendre effective une mesure qui lui tenait à cœur. Le patron d’Airbus Group avait annoncé l’été dernier sa volonté de se désengager du capital de Dassault Aviation. C’est chose faite : l’avionneur européen a cédé, vendredi 28 novembre, un premier bloc de 810 072 actions, soit environ 8% du capital de Dassault Aviation. L’opération entraîne une réduction de la participation d’Airbus Group de 46% à 42%, et non 38% en raison de la destruction de 9% des actions détenues par la maison Dassault. Et lui permet d’empocher un total de 794 millions d’euros.

Pourquoi Airbus Group se désengage de Dassault Aviation ?

Parce que cette participation… ne lui servait à rien. Airbus Group en a hérité au moment de sa création, en 2000, quand il s’appelait encore EADS. Cette participation venait des parts acquises par Aérospatiale à la fin des années 90. Force est de constater qu’elle a été à la fois trop faible pour influer dans la stratégie de Dassault Aviation (qui possède 50,55% du capital)… et trop importante. Une situation d’autant plus intenable que les deux groupes se font concurrence sur le smarché des avions de chasse : Dassault avec le Rafale, Airbus Group avec l’Eurofighter.

On imagine alors sans peine Tom Enders vouloir valoriser davantage ce pactole en sommeil, même si cette participation aura permis de récolter des dividendes réguliers… Car avec cette cession, qui sera suivie d’une autre cession de 10% d’ici le 30 juin prochain, Airbus Group récupérera au total près de 2 milliards d’euros. La totalité des parts d’Airbus Group représente même une somme proche de 5 milliards d’euros.

Comment Airbus Group peut employer ce pactole ?

Aucune décision officielle n’ayant été prise, il n’est possible à ce stade que d’émettre des hypothèses. Parmi les options possibles : verser aux actionnaires des dividendes exceptionnels. "Cette somme peut aussi être employée pour financer la hausse des cadences de production des grands programmes", souligne un porte-parole du groupe. Autrement dit, Airbus Group doit payer nombre de fournisseurs concernant la production frénétique de l’A320neo, l’A330neo, l’A380 et l’A350.

La somme récupérée avec cette cession pourrait aussi être utilisée dans un certain nombre d’autres programmes en cours, hors aviation commerciale. C’est le cas par exemple du projet de drone de surveillance, annoncé lors du salon du Bourget de 2013, mené avec l’italien Finmeccanica et… Dassault Aviation. Quand connaitra-t-on la stratégie d’Airbus Group au sujet de cette enveloppe tombée du ciel ? Aucune date n’a été pour le moment communiquée. Tout juste peut-on savoir que les dirigeants du groupe devraient se réunir à la fin de l’année ou en début d’année prochaine.

Quelle place Airbus Group compte faire aux activités de défense et de sécurité ?

La cession des titres dans Dassault se situe dans un contexte de rationalisation des activités du groupe dans la Défense. Clairement, la Défense n’est pas la priorité d’Airbus Group. Et ce depuis la fusion ratée avec le britannique BAE en 2012. Tom Enders ne fait pas mystère de son souhait de diminuer la part relative de l’activité de son groupe, dans un contexte de rétrécissement des budgets européens en matière de Défense.

En 2013, le groupe s’est en effet livré à une revue stratégique et a procédé à une évaluation du portefeuille de sa filiale Defence&Space, qui réunit les deux activités depuis le début de l’année. Il en résulte que les lanceurs et satellites (ex-Astrium), les avions militaires (Eurofighter), les missiles et systèmes associés (Airbus est actionnaire de MBDA), restent dans le cœur d’activité de la business unit. En revanche, "les activités de communications commerciales et parapubliques (dont les radiocommunications mobiles professionnelles ainsi que des services commerciaux de communication par satellite) (..), auront de meilleures perspectives de croissance en intégrant d’autres structures industrielles", indiquait le groupe il y a quelques semaines.

Airbus envisage par ailleurs de céder certaines de ses filiales et participations, comme Fairchild Controls (une société américaine dont la prise de participation date de 1989 et de Matra), Rostock System-Technik (société allemande qui travaille notamment sur des outils de simulation), AvDef (une compagnie aérienne interne au groupe), ESG (une société allemande d’électronique dont le groupe détient 30 %) et Atlas Elektronik (un équipementier allemand fournisseur de sous-marins). Des questions se posent également pour les activités de Sécurité et d’Electronique, indique le groupe. Au total, le groupe pourrait vendre environ 2,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. "On entend beaucoup parler de cessions", confirme en effet un syndicaliste du groupe…

Olivier James et Patrick Déniel

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