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L'Usine Aéro

Airbus et Safran inquiets face aux conséquences du Brexit

Olivier James , , , ,

Publié le

Pièce majeure du puzzle aéronautique européen, la Grande-Bretagne s’engage dans une sortie de l’Union européenne. Les grands groupes aéronautiques appréhendent l’impact sur la compétitivité du pays.

Airbus et Safran inquiets face aux conséquences du Brexit
L'usine Airbus de Broughton (Pays de Galles)
© DR

L’appréhension affichée en février se matérialise en inquiétude. En début d’année, à l’occasion de la présentation des résultats d’Airbus Group, son patron avait fait part de son hostilité au Brexit. "Comme l’a dit le Premier ministre de manière pertinente, ce serait un saut dans le vide, un saut dans le noir", avait déclaré Tom Enders.

Alors que le vote sur la sortie de l’Union européenne donne la victoire au camp des pro-Brexit, les grandes entreprises aéronautiques y sont largement hostiles. Cette position s’explique par la place importante du Royaume-Uni dans l'europe de l'aéronautique. Le schéma industriel européen repose sur un éclatement des sites de production des pièces destinées aux moteurs et aux avions avant l’assemblage final sur une poignée de sites.

Mardi 21 juin, avec une trentaine d’autres industriels français, Airbus Group mais aussi Safran, Dassault, Thales, Eutelsat, Radiall et Air France/KLM ont publiés dans les journaux anglais (The Telegraph, The Sun, The Times et Metro) une publicité mettant en garde les britanniques. "S’il vous plaît, amis britanniques, remain !", titraient les industriels. "Pour rester attractive pour le business vous avez besoin des ingrédients de votre grandeur : un marché ouvert. Les barrières douanières à l'extérieur du marché unique et les années d'incertitude au sujet de vos liens avec vos principaux partenaires commerciaux affaibliront fondamentalement le modèle économique pour investir en Grande-Bretagne".

Airbus Group a été le premier à réagir. La direction du groupe ne cache pas sa déception tout en maintenant des propos diplomatiques, histoire sans doute de ne pas se fâcher avec le nouveau gouvernement. "Nous respectons la décision prise par le peuple britannique, qui doit être vue comme une piqûre de rappel pour l'Europe et un catalyseur pour le changement, a fait savoir le groupe dans un communiqué. Nous travaillerons de manière constructive avec le gouvernement du Royaume-Uni afin de minimiser tout impact sur nos opérations. Même si nous sommes déçus, nous allons clairement continuer à soutenir nos effectifs et à exploiter des installations au Royaume-Uni".

Des questions en suspens

Alors que le groupe produit toutes les ailes de ses avions outre-Manche, la boutade commence à être connue : Airbus sans le Royaume-Uni, ce ne sont que des bus. Le design et l’ingénierie des ailes sont assurés à Filton (4000 salariés) et la production à Broughton (6000 salariés) d’où sortent plus de 1000 ailes par an. Quant à la branche spatiale du groupe, elle est aussi présente au Royaume-Uni : le site de Stevenage produit des satellites. Au total, Airbus Group emploie 15 000 personnes dans le pays. En off, un dirigeant du groupe l'assure: "je ne sais pas ce que le Brexit provoquera, mais je sais juste que ce n’est pas bon pour l’industrie car c’est un saut dans l’inconnu".

De son côté, Safran est présent au Royaume-Uni via 13 sites industriels qui emploient 2800 personnes. Le groupe français produit entres autres des nacelles pour moteurs d’avions commerciaux, des systèmes de production et de distribution d'énergie électrique, mais aussi des bancs et des équipements d'essais pour moteurs d'avion. Thales est quant à lui présent à travers 12 sites industriels, qui ne sont toutefois pas tous dédiés à 100% à l’aéronautique, employant 6500 personnes. Ces industriels de l’aéronautique n’ont pas encore fait connaître officiellement leur réaction.

Nul doute que les directions de ces groupes s’interrogent. "Comment la compétitivité de ces sites va-t-elle évoluer ? Pourrons-nous aussi facilement assurer la circulation de nos équipes ? Cela va-t-il engendrer des coûts supplémentaires ?", s’interroge l’un des porte-parole de ces entreprises aéronautiques. Plus largement, le schéma industriel aéronautique sera-t-il modifié par le Brexit dans les années à venir ?

Olivier James

 

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