L'A400M jette une ombre sur les résultats annuels d'Airbus

Airbus a annoncé passer une nouvelle charge de 1,3 milliard d'euros sur l'A400M, portant le total cumulé des provisions passées sur ce projet d'avion de transport militaire européen à plus de huit milliards, un élément qui jette une ombre sur des résultats annuels supérieurs aux attentes.

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L'A400M jette une ombre sur les résultats annuels d'Airbus
Airbus a annoncé passer une nouvelle charge de 1,3 milliard d'euros sur l'A400M, portant le total cumulé des provisions passées sur ce projet d'avion de transport militaire européen à plus de huit milliards.

Alors que les résultats annuels d'Airbus, présentés jeudi 15 février, sont supérieurs aux attentes, la nouvelle charge sur l'A400M vient plomber ces annonces. L'avionneur européen a dégagé un bénéfice opérationnel ajusté de 4,253 milliards d'euros (+8%) au titre de 2017, sur un chiffre d'affaires de 66,767 milliards, quasiment stable. Les analystes financiers interrogés par Reuters avaient anticipé en moyenne un résultat de 3,996 milliards d'euros et des ventes de 67,343 milliards. Airbus, qui propose un dividende en hausse de 11% au titre de 2017 à 1,50 euro, dit prévoir pour 2018 une progression de quelque 20% de son bénéfice opérationnel ajusté.

Une nouvelle charge d'1,3 milliard d'euros sur l'A400M

Toutefois, Airbus a aussi annoncé passer une nouvelle charge de 1,3 milliard d'euros sur l'A400M, portant le total cumulé des provisions passées sur ce projet d'avion de transport militaire européen à plus de huit milliards. Cette nouvelle provision sur l'A400M intervient une semaine après qu'Airbus a conclu un accord avec les pays de l'Otan qui ont commandé des A400M (Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne, Turquie, Belgique, Luxembourg) concernant de nouveaux retards dans le développement de l'appareil.

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Cité dans le communiqué de résultats, Tom Enders, président exécutif d'Airbus, estime que cette "remise à plat contractuelle avec les clients gouvernementaux (...) devrait sensiblement réduire les risques résiduels du programme".

Airbus veut augmenter ses livraisons

Le groupe a réaffirmé son objectif annoncé il y a un mois de livrer quelque 800 avions en 2018 - contre 718 l'an dernier -sous réserve toutefois "que les motoristes respectent leurs engagements". Airbus est en plein renouvellement de sa famille d'avions A320, les dotant notamment de nouveaux moteurs en vue des les rendre plus économes en carburant. Mais le groupe est affecté par des délais de livraison de la part de ses fournisseurs, le motoriste américain Pratt & Whitney (groupe United Technologies en tête.

L'impact d'un problème détecté la semaine dernière sur certains moteurs GFT de Pratt & Whitney équipant les A320neo est "en cours d'évaluation", précise Airbus. "La montée en cadence de la production de l'A320neo demeure un défi et dépend de l'aptitude des motoristes à honorer leurs engagements", poursuit l'avionneur.

Le groupe, qui espère rattraper d'ici 2020 son grand rival Boeing en termes de livraisons, ajoute avoir enregistré des "progrès notables" en termes d'accélération de la montée en cadence de son gros porteur A350, soulignant que "le programme est en bonne voie pour atteindre son objectif de production de 10 exemplaires par mois d'ici la fin 2018".

Demande d'informations des autorités américaines

Airbus dit également avoir conclu avec les agences européennes de crédit export un accord permettant au constructeur d'obtenir "au cas par cas, des financements au profit des clients de l'ensemble du groupe". Ces financements avaient été suspendus à la suite d'allégations de fraude, de pots-de-vin et de corruption découverts en 2016, qui ont donné lieu à l'ouverture d'enquêtes aussi bien en France qu'en Grande-Bretagne.

A ce sujet, Airbus a précisé que les autorités américaines lui avaient demandé de fournir des informations en lien avec ces enquêtes menées par le Parquet national financier (PNF) français et le Serious Fraud Office (SFO) britannique, ce qui fait planer la menace d'un front judiciaire aux Etats-Unis. "Dans le cadre de son dialogue avec les autorités américaines, ces dernières ont demandé des informations concernant les pratiques, qui font partie des enquêtes SFO/PNF, qui pourraient ressortir de la juridiction américaine", déclare simplement Airbus.

Pour Reuters, Benoit Van Overstraeten et Tim Hepher, édité par Jean-Michel Bélot

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