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Airbus bientôt victime de surcapacités d'avions en Asie ?

Olivier James , , ,

Publié le

Airbus et Boeing pourraient bientôt être confrontés à des surcapacités de flottes d’avions en Asie. L’avionneur européen serait davantage impacté que l'américain, selon un analyste de la banque Oddo Securities.

Airbus bientôt victime de surcapacités d'avions en Asie ? © Airbus SAS - P. Pireyre

Les avionneurs qui croulent sous les commandes pourraient-ils être victimes de l’explosion d’une bulle ? A l’échelle mondiale, non. Les commandes correspondent à un besoin réel de croissance des compagnies aériennes. Mais le risque existe bien de manière locale. C’est l’avis de Yann Derocles, analyste au sein de la banque d’investissement Oddo Securities. "Nous avons calculé une surcapacité potentielle en Asie de 5,1%", affirme l’expert à l’occasion d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE).

Ce que représente ce pourcentage : l’écart entre l’estimation du trafic aérien asiatique jusqu’en 2020 et le niveau de commandes actuel. Une situation qui s’expliquerait par un optimisme excessif des compagnies aériennes asiatiques sur la progression de leurs parts de marché, doublé d’une concurrence acharnée dans cette région du monde. Le développement des classes moyennes, souvent cité comme facteur déterminant de la croissance du secteur aérien, serait de surcroît plus faible qu’attendu.

Un écart courant entre les commandes brutes et nettes

"On peut donc s’attendre dans les prochaines années à des annonces de renégociation de calendrier de livraison", prédit Yann Derocles. Reste qu’Airbus serait plus exposé que son concurrent américain Boeing. L’Asie représente, selon les calculs d’Oddo Securities, 26,6% du carnet de commandes d’Airbus (soit 1721 avions pour cette région du monde), contre 19,8% pour Boeing (1018 avions concernés). Des carnets de commandes remplis à plus de la moitié par leurs monocouloirs (A320 et B737).

Pas de panique du côté d'Airbus, où l'on réfute tout risque d'explosion de bulle. "Chaque année, nous avons un écart d'environ 10% entre nos commandes brutes et nettes à l'échelle mondiale, indique le porte-parole du groupe. Ce sont des proportions tout à fait normales". Exemple pour l'année 2014 : le groupe a comptabilisé 1796 commandes brutes et 1456 commandes nettes. Un écart qui s'explique par les reports et autres annulations. En outre, les croissances dans les autres régions du monde pourraient également permettre aux avionneurs de redéployer leurs appareils dans d’autres pays.

Olivier James

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