Air Liquide voit toujours ses ventes grimper

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Les affaires vont bien pour Air Liquide : un chiffre d'affaires en hausse de 10,4% au troisième trimestre, à 3,25 milliards d'euros. Soit 7,6% à données comparables (hors effet de change, de gaz naturel et de périmètre lié à l'acquisition de Lurgi), selon un communiqué publié jeudi.

Résultat net : un objectif ambitieux. Air Liquide a par ailleurs confirmé son objectif annuel d'une "croissance à deux chiffres du résultat net" à taux de changes constants, "sauf ralentissement significatif des marchés de (ses) clients".

Les objectifs du programme Alma, qui vise à dégager entre 2007 et 2011 une croissance annuelle du chiffre d'affaires de 8 à 10%, des gains d'efficacité de 600 millions d'euros et une rentabilité des capitaux employés comprise entre 11 et 12%, sont "maintenus", a précisé Benoît Potier, Président-Directeur Général du groupe Air Liquide.

Rachat d'actions. Air Liquide, qui considère les rachats d'action comme un "outil de gestion", a indiqué qu'il les avait "suspendus". Le groupe avait racheté au 30 septembre pour environ 150 millions d'euros de ses propres titres.

Plus généralement, le groupe bénéficie du "caractère long terme de son cycle d'investissement et des contrats" des grands clients industriels qui "intègrent des clauses de facturation minimum et d'indexation des coûts". Il peut aussi compter sur "un portefeuille de projets bien rempli, la diversité des industries fournies dans 75 pays ainsi que sur un bilan solide", a-t-il fait valoir.

Données comparables. Pourquoi mentionner la croissance du chiffre d'affaires hors taux de change et gaz ? « C'est une industrie propre, mais vous avez besoin de beaucoup d'énergie pour fabriquer des gaz liquides : vous prenez de l'air, et vous le refroidissez très fort pour séparer les gaz. Pour cela, il faut beaucoup de gaz naturel, et avec la hausse des prix énergétiques, notre chiffre d'affaires est gonflé d'un facteur exogène. Quant au taux de change, nos unités produisent et livrent souvent sur place : la variation des devises n'influence donc pas concrètement l'activité. » explique la porte-parole du groupe.

Les résultats sont donc bons pour le groupe, même si l'agence de notation Moody's a abaissé sa perspective sur la notation d'Air Liquide de "stable" à "négative" après l'acquisition par le groupe français de gaz industriels de la société allemande d'ingénierie Lurgi.

A.L.

La nébuleuse Air liquide : des semi-conducteurs aux salades

Détail des cinq piliers d'activité d'Air Liquide, exemples à la clé.

La Grande industrie : Il s'agit de livrer des gaz industriels en grande quantité, souvent par canalisation, à des bassins industriels. Dans la fabrication de l'acier par exemple, l'oxygène permet de limiter les rejets polluants. « La croissance de la Grande Industrie (+16,0%) démontre la résilience de notre base d'activité, tirée par une forte demande globale d'hydrogène, et par des démarrages et des montées en puissance en Europe et en Asie. »

Industrie marchande : Il s'agit de livrer du gaz en petites quantités : les artisans plombiers ont par exemple besoin d'azote ou d'autres gaz pour la soudure. Dans la distribution, le gaz permet de conserver les salades en sachet, ou d'introduire les bulles de nos boissons gazeuses « L'activité Industriel Marchand est en hausse de +6,9 % avec une croissance soutenue des volumes dans les marchés émergents, en Australie et au Canada, et un renforcement des prix en Europe et en Amérique du Nord, en cohérence avec l'inflation des coûts. »

Santé : Il s'agit non seulement de gaz à l'hôpital (oxygène, anesthésies), des soins à domicile (assistance respiratoire), mais aussi de l'hygiène avec les produits de désinfection. « La Santé progresse de +7,0 %, toujours tirée par une forte demande sous-jacente, partiellement compensée par la pression tarifaire continue des systèmes de santé. »

Electronique : Il s'agit de livrer des gaz ultra purs pour l'industrie des semi-conducteurs, du photovoltaïque, ou des écrans plats. « L'Électronique progresse de +7,2 %, tiré par une bonne activité en gaz vecteurs, une moindre croissance des gaz spéciaux et un bon niveau des ventes d'équipements et d'installations. »

Ingéniérie-construction : Il s'agit de construire des unités de production. « Les ventes à des tiers en Ingénierie & Construction s'établissent à 254 millions d'euros et intègrent l'effet de la consolidation de Lurgi sur un mois (47 millions d'euros). »

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