Air Liquide lance un programme sur l'hydrogène et la pile à combustible

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L'initiative peut réjouir les constructeurs qui parient sur la pile à combustible. Air Liquide lance un programme de recherche sur les applications de l'hydrogène dans l'énergie : la Commission européenne a en effet autorisé le 8 octobre le financement accordé fin 2007 par OSEO (agence française pour le soutien à l'innovation) pour un montant de 67,6 millions d'euros, en faveur de ce programme d'innovation. Baptisé Horizon Hydrogène Energie (H2E), il vise à "construire une filière hydrogène-énergie durable et compétitive", au terme d'un investissement total de 200 millions d'euros sur sept ans

Coordonné par le groupe Air Liquide, il fédère une vingtaine de groupes industriels, PME ou laboratoires publics de recherche français. Axane et Hélion, filiales respectives d'Air Liquide et du groupe nucléaire Areva spécialisées dans les piles à combustible, sont parties prenantes, comme, notamment, le groupe d'alliages Imphy Alloys (ArcelorMittal), le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) ou le CNRS.

L'effort portera sur chacun des maillons de la filière : le développement de technologies innovantes pour la production d'hydrogène à partir d'énergies renouvelables, le stockage d'hydrogène et l'industrialisation des piles à combustible. H2E contribuera également à la mise en place d'un cadre réglementaire adapté, et comprendra un programme de démonstrations et d'actions pédagogiques permettant à un large public de se familiariser avec ce nouveau vecteur d'énergie propre.

Horizon 2015. « Depuis plus de 40 ans, Air Liquide a développé un savoir-faire unique dans la maîtrise de l'ensemble de la chaîne de l'hydrogène. Le programme H2E permettra au Groupe de confirmer sa position d'acteur majeur dans le développement de l'hydrogène-énergie, et d'être prêt pour l'émergence de l'hydrogène dans les transports à l'horizon 2015. Air Liquide considère qu'il est de sa responsabilité de leader mondial d'ouvrir de nouveaux marchés et d'introduire l'innovation scientifique et technologique dans la société. » a exprimé François Darchis, membre du Comité exécutif du groupe Air Liquide dans un communiqué.

6 questions à Dominique Bernal, Directeur des technologies avancées d'Air Liquide

Daimler Mercedes Benz a cité le chiffre de 1 million de véhicules fonctionnant à la pile à combustible hydrogène dans le monde à horizon 2015. C'est aussi votre sentiment ?
Je partage cette analyse. Daimler est un acteur important de la recherche sur les véhicules à pile à combustible à hydrogène. Les travaux R&D des constructeurs automobiles font état dans leurs feuilles de route de commercialisations prévues pour 2015, en effet. Les perspectives seront de plusieurs dizaines de millions de véhicules au Japon, aux Etats-Unis et en Europe à l'horizon 2030.

Quels sont les acteurs les plus prometteurs parmi les constructeurs ?
Outre Daimler, GM, Honda, BMW, Ford, Toyota, et Nissan sont parmi les plus avancés.

Quels sont les principaux chantiers de votre programme ?
Le but est de lever des verrous technologiques. Trois façons de stocker l'hydrogène dans un réservoir existent : sous forme gazeuse, sous forme liquide, ou par adsorption, à des pressions bien plus faibles. Nous nous concentrons sur l'hydrogène gazeux stocké à très haute pression, la voie choisie par les constructeurs automobiles parce que plus performante et plus économique. Nous parions en particulier sur l'amélioration du stockage de l'hydrogène dans des matériaux composites, plus légers et que l'acier utilisé aujourd'hui. En permettant de stocker l'hydrogène à une pression de 700 bars, vous doublez la masse stockée, et donc l'autonomie de votre voiture.

Concrètement, quels sont vos objectifs ?
Nous souhaitons obtenir des gains de performance pour la pile à combustible d'un facteur 10 d'ici 2015, un gain de compacité pour les stockages d'un facteur 5, et des gains de concentration massique d'un facteur 2.

Le problème est que l'hydrogène est produit à partir d'énergies fossiles. Y travaillez-vous ?
Oui, Air liquide produit effectivement de l'hydrogène en grande quantité à partir de gaz naturel Demain nous allons développer des sites de production décentralisés à partir d'énergies renouvelables, à travers le photovoltaïque par exemple.

Vous vous concentrez aujourd'hui sur les flottes captives, les générateurs portables ou la fourniture d'énergie de secours, pour préparer le marché de l'automobile de demain ?
L'idée est que la commercialisation d'automobiles à piles à combustible à l'hydrogène ne sera possible que si l'infrastructure de l'hydrogène est déployée. Nous préparons le terrain, le marché. Par exemple, nous testerons la pile à combustible sur des chariots élévateurs dans les entrepôts.

Ana Lutzky


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