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L'Usine Aéro

Air France retire son projet de filiale Transavia Europe

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Publié le , mis à jour le 25/09/2014 À 07H15

Le 24 septembre au soir, la direction d'Air France se dit prête à retirer son projet de développer des filiales européennes pour sa compagnie low-cost Transavia et appelle en conséquence les pilotes à une reprise "immédiate" du travail.

Air France retire son projet de filiale Transavia Europe

Pressée par le gouvernement de trouver une solution rapide pour mettre fin à la grève des pilotes, la compagnie aérienne Air France a annoncé le 24 septembre au soir le retrait du projet Transavia Europe.

Elle ajoute dans un communiqué qu'elle entend néanmoins poursuivre le développement de sa filiale Transavia en France pour rivaliser avec les compagnies à bas coûts étrangères.

La direction d'Air France précise que le développement de Transavia France se fera "dans des conditions économiques compétitives et assorties des garanties discutées".

un projet transavia 100% pour la france

"Avec le retrait du projet Transavia Europe, il n'y a désormais plus aucune raison de faire grève car plus aucune crainte de délocalisation ne peut subsister", déclare Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France-KLM, cité dans le communiqué.

"Notre projet Transavia est un projet 100% pour la France", ajoute le dirigeant.

Le 24 septembre, le gouvernement est intervenu dans le conflit en annonçant l'abandon du projet contesté de filiales européennes low-cost, mais la direction de la compagnie s'en tenait jusqu'à maintenant à son offre de "suspension" de Transavia Europe le temps des négociations.

Le Premier ministre, Manuel Valls, avait mis la pression sur la direction d'Air France en réclamant une solution de sortie "pas dans les jours, mais dans les heures qui viennent" afin de ne pas mettre la compagnie "en danger".

réexpliquer le projet

La direction d'Air France avait alors précisé avoir repris les négociations mercredi après-midi avec les syndicats de pilotes en vue d'"une résolution rapide du conflit", mais sur la base d'une suspension du projet Transavia Europe.

Selon la direction d'Air France, la grève coûte 15 à 20 millions d'euros par jour à la compagnie, en phase de redressement financier. L'Etat détient environ 16% du capital du groupe Air France-KLM.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, avait annoncé mercredi matin sur RMC le retrait par la direction du projet Transavia Europe, la principale revendication des pilotes, ce que la compagnie avait aussitôt démenti.

Le PDG d'Air France, Frédéric Gagey, a réitéré l'engagement d'Alexandre de Juniac formulé lundi : suspension de Transavia Europe jusqu'en décembre, puis retrait dans l'hypothèse où les négociations échouaient.

"On a bien compris qu'il fallait réexpliquer le projet et surtout discuter avec les partenaires sociaux pour trouver les conditions qui permettraient de reprendre", a-t-il expliqué sur Europe 1. "Alexandre de Juniac était parfaitement clair, (...) : si effectivement cette négociation n'arrivait pas à aboutir il le retirerait."

LE SNPL OBTIENT CE QU'IL RÉCLAMAIT

L'intervention du gouvernement, jusqu'ici observateur dans le conflit, est allée dans le sens des revendications des pilotes, qui réclamaient le retrait "sans conditions" de Transavia Europe.

Le groupe Air France-KLM veut faire passer la flotte de Transavia France de 14 à 37 avions et souhaite ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

Le SNPL, syndicat de pilotes majoritaire, avait demandé mercredi après-midi qu'Alexandre de Juniac, qui cristallise les critiques au sein de l'entreprise, "se rapproche des positions du gouvernement et qu'il abandonne son projet de Transavia Europe".

"Notre volonté aujourd'hui, c'est de lever la grève le plus vite possible et dans les heures qui viennent et pour cela, il y a un certain nombre de conditions, dont l'arrêt définitif du projet Transavia Europe", a déclaré Jean-Louis Barber, porte-parole du SNPL, devant la presse.

Des salariés d'Air France opposés à la grève ont manifesté mercredi devant le siège de la compagnie à Roissy, près de Paris.

Le trafic est resté perturbé mercredi avec 47% des vols assurés. La compagnie prévoit le même nombre de vols jeudi.

(avec Reuters)

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