Agroalimentaire

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PREMIER PRIX

Labeyrie
Anticiper la fête
Après avoir étendu le territoire de ses produits, le numéro 1 de la gastronomie de luxe part à l'assaut de l'Europe.


L'entreprise
Siège : Saint-Geours-de-Maremne (Landes)
Actionnariat : 100 % Financière de Kiel (Industri Kapital [79 %], Suez Industrie Finance [6 %], management [15 %]).
Marge nette 2001 : 4 %
Effectifs 2001 : 1 300 salariés

Changement d'actionnaires, changement de patron. L'actualité 2002 chez
Labeyrie est bien remplie. Après douze ans à la tête de l'entreprise, Jean-Paul Chevallier vient de passer le relais à Xavier Govare. Son bilan ferait pâlir d'envie plus d'un acteur de l'agroalimentaire : + 89 % de croissance en cinq ans ! Au fil des années, la société landaise a gravi les étapes pour arriver numéro 1 de la gastronomie de luxe. Du coup, ses performances ont séduit Industri Kapital.

En mars, ce fonds d'investissement suédois a repris les 60 % que détenaient Suez, via la société Financière de Kiel. Le destin du fabricant de saumon et foie gras est, en effet, étroitement lié au monde de la finance. « L'aventure a réellement commencé quand notre actionnaire majoritaire, Suez, a souhaité placer Labeyrie en Bourse. Ceci nous imposait de clarifier notre stratégie », se souvient Xavier Govare, alors directeur commercial et marketing. L'entreprise entrera au second marché fin mars 1999 après avoir changé de physionomie.

Pour se faire, Jean-Paul Chevallier a puisé dans les compétences des groupes des biens de consommation comme Procter & Gamble et Bestfoods (d'où vient le nouveau boss, Xavier Govare). Labeyrie a ainsi pu entamer son chantier marketing. La marque englobe désormais les notions de qualité, de plaisir et d'envie d'offrir. Avec pour trait d'union, la fête, soulignée dans toutes les campagnes de publicité. Résultat : le taux de notoriété atteint 85 % aussi bien sur les produits de la mer que sur les produits de terroir. De plus, les innovations comme les produits classiques du groupe sont tous signés Labeyrie, ce qui renforce la visibilité de la marque.

La poursuite des acquisitions
Jean-Paul Chevallier a ensuite mené tambour battant une campagne d'acquisitions. Début 2000, Labeyrie renforçait son pôle produits de la mer en acquérant le leader espagnol du poisson fumé, Venzy (30 millions d'euros de chiffre d'affaires), qui, avec sa marque Skandia, détient 35 % du marché espagnol. Puis, en juillet 2001, Prince Igor tombe dans l'escarcelle du landais. Les spécialités de la PME orléanaise ? Le tarama, les blinis mais aussi le guacamole et le tzatziki. Ces produits viennent compléter la gamme de Labeyrie pour les cocktails et autres apéritifs festifs. Enfin, en novembre 2001, retour au foie gras. Le groupe Lur Berri cède sa marque Pierre Gueracague. Moins haut de gamme que Labeyrie, elle vient rééquilibrer le portefeuille du groupe.

Les sociétés acquises lui ont ainsi permis de mettre le cap sur l'Europe. Vers l'Espagne d'abord, où la force de vente de Vensy distribue ses produits du terroir. Car, chose étonnante, l'Espagne est le second marché mondial du foie gras. De plus, chaque fin d'année, les ventes de saumon fumé y progressent de 11 % en valeur.

Mais Labeyrie n'a pas seulement franchi les Pyrénées. Il est également présent au Bénélux, en Suisse et en Allemagne, même si ces pays ne représentent que 22 % de ses ventes consolidées. Et le groupe landais n'en restera pas là. « Il nous faudra procéder par acquisitions, notamment en Grande-Bretagne », précise Xavier Govare. Difficile, en effet, de vendre du saumon sous une marque française quand l'Ecosse en regorge ! Toutefois, le nouveau président est confiant. Les bonnes cibles, Industri Kapital sait les dénicher.

Sylvie Leboulenger


LES AUTRES CHAMPIONS


PLUS DE 80 MILLIONS D'EUROS DE CHIFFRE D'AFFAIRES

LDC
Sablé-sur-Sarthe (Sarthe)

Le volailler mise sur les produits traiteurs

Leader des volailles de marques (Le Gaulois, Loué), LDC se diversifie vers les sandwichs et plats cuisinés (8 % des ventes), un secteur sur lequel il grossit deux fois plus vite que le marché. A l'horizon 2005, le sarthois compte devenir le deuxième acteur français des produits traiteurs.
Autre axe : LDC part à la conquête de l'international (12 % de ses ventes). Du coup, il ne subit pas la crise du secteur de la volaille.
Dirigeant : Denis Lambert
Actionnariat : famille Lambert (41,9 %), famille Chancereul
(18,6 %), famille Huttepain (10 %), famille Guillet (4,3 %), public (20,3 %), fonds PAI (4,9 %)
Marge nette 2001 : 2 %
Effectifs 2001/2002 : 7 451 salariés


Groupe Laurent-Perrier
Tours-sur-Marne (Marne)
Le champagne qui monte en gamme
Laurent-Perrier, Vicomte de Castellane, Salon, Delamotte, ces quatre marques couvrent tous les segments du haut de gamme. De plus, Yves Dumont a verrouillé la distribution de ses champagnes en créant des filiales dans les pays clés : Belgique, Royaume-Uni, Etats-Unis et Suisse. Avec la France, ces quatre pays représentent 78 % des ventes. Haut de gamme et distribution maîtrisée sont les deux piliers de la croissance de Laurent-Perrier.
Dirigeant : Yves Dumont
Actionnariat : famille Nonancourt (56 %), public (39 %), viticulteurs (4 %)
Marge nette 2001 : 8 %
Effectifs 2002 : 386 salariés


DE 15 A 80 MILLIONS D'EUROS DE CHIFFRE D'AFFAIRES

Lejay Lagoute
Dijon (Côte-d'Or)
Des liqueurs qui franchissent les frontières
Lejay Lagoute ne se cantonne pas
à la fabrication de crème de cassis. L'entreprise familiale est devenue le plus gros exportateur français de liqueurs (66 % des ventes).
Les marchés porteurs ? La Grande-Bretagne, le Benelux, le Japon et le Mexique. De plus, Jacques Damidot diversifie son offre. Son équipe de recherche développe de nouvelles crèmes de fruits ainsi que de nouveaux conditionnements.
Dirigeant : Jacques Damidot
Actionnariat : 100 % famille Damidot
Marge nette 2001 : 18 %
Effectifs 2001 : 105 salariés


EVD (Extraits végétaux et dérivés)
Gardanne (Bouches-du-Rhône)
Le seul extracteur de réglisse en Europe
EVD produit 3 500 tonnes d'extraits de réglisse à partir de racines. Un additif adapté à chacun de ses clients : les confiseurs (40 %) et l'industrie du tabac (60 %). Cette société garantit une constance de qualité que n'assure pas toujours la concurrence : les autres acteurs distribuent des extraits sous forme liquide ou en poudre fabriqués en Iran ou en Chine.
Dirigeant : Mme Dominique Petitbois
Actionnariat : 100 % Mafco Worldwide
Marge nette 2001 : 15 %
Effectifs 2001 : 52 salariés


MOINS DE 15 MILLIONS D'EUROS DE CHIFFRE D'AFFAIRES

Patrick Verrière Traiteur
Saint-Marcellin-en-Forez (Loire)
Un petit traiteur référencé en grande distribution
Depuis une décennie, Patrick Verrière Traiteur enregistre 20 % de croissance par an. Sa spécialité? Les plats cuisinés traditionnels de qualité.
Les pommes de terre de son gratin dauphinois sont fraîches. Idem pour ses recettes de poisson. Il a ainsi convaincu Auchan et Casino de le référencer dans leurs rayons libre-service. Toutefois, 70 % de ses ventes sont réalisées grâce aux boucheries. Patrick Verrière envisage de renforcer sa force commerciale déjà composée de cinq commerciaux.
Dirigeant : Patrick Verrière
Actionnariat : 100 % famille Verrière
Marge nette 2001 : 10 %
Effectifs 2001 : 31 salariés


Boyauderie de Savoie/Ets Semillé et Fils
Seynod (Haute-Savoie)
Un fabricant de boyau sorti de la crise
La Boyauderie de Savoie a fidélisé sa clientèle de charcutiers traditionnels et industriels grâce à la qualité de ses produits. En amont, même fidélité des fournisseurs. Car, entre les deux, Francis Semillé ne mégote pas : la texture de ses boyaux de porcs, moutons et bœufs doit être irréprochable. Cette rigueur lui vaut d'avoir traversé la crise de la vache folle sans trop souffrir.
Dirigeant : Francis Semillé
Actionnariat : 100 % famille Semillé
Marge nette 2001 : 5 %
Effectifs 2001 : 15 salariés


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