Agroalimentaire -mutuelles, un partenariat dangereux?

MAAF Assurances va rembourser, en partie, certains produits d'Unilever visant à réduire le taux de mauvais cholestérol. Les AGF et Danone envisageraient de leur emboîter le pas.

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OUI ?Il est risqué, pour la santé publique, de singer le médicament?

OLIVIER MARIOTTE,
directeur des affaires économiques et des relations extérieures de Schering-Plough, Président du groupe de travail politique d'information et de débat du Leem (*)

Il ne faut pas tout mélanger. Si les mutuelles ou les assurances se lancent dans des partenariats avec des industriels de l'agroalimentaire pour proposer certaines offres marketing, très bien! Mais il faut bien séparer ce type d'opération de la prévention, du soin ou du médicament. Or, le discours place ces aliments dans le système de soins et leur donne une «pseudo validation».
Pourtant, il n'en est rien. Sur ces aliments, il n'y a pas d'essais cliniques, ni près de 12 ans de recherche comme pour les médicaments. Cette stratégie commerciale prête à confusion. Avec ce discours, le risque de voir un certain nombre de personnes se désengager d'une réelle prise en charge médicale est important. Cette prise en charge englobe, certes, une alimentation spécifique, mais aussi un changement de mode de vie, un suivi médical, un traitement de fond. On n'a pas le droit de donner l'impression qu'en remboursant une margarine, on fait du soin. Pourquoi ne pas rembourser du saumon fumé qui contient des oméga3 ou un vélo pour ceux qui veulent pratiquer une activité physique?
Est-il acceptable, alors que l'on veut rembourser moins de médicaments (dernièrement 156 médicaments ont été déremboursés parce que le service médical rendu n'était pas assez élevé), que certains acteurs singent le processus de prise en charge, en remboursant des aliments? Non, je ne suis pas d'accord. La lutte contre le cholestérol est une affaire sérieuse, elle fait partie des objectifs de la Loi de Santé publique et l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) vient d'éditer de nouvelles normes sur le taux de cholestérol acceptable. Si les mutuelles veulent s'approprier ce combat de santé publique, tant mieux! Mais d'autres moyens beaucoup plus efficaces sont à leur portée. La prévention n'est pas un simple coup commercial, c'est une politique.

NON ?Nous parlons bien d'un aliment et pas d'un médicament?

CHRISTOPHE LOISON,
directeur de l'activité boisson et produits frais d'Unilever France

Nous ne voulons pas rentrer dans la polémique actuelle qui entoure notre partenariat avec la MAAF sur nos produits Pro-activ. En tant que fabricant de produits alimentaires, j'insiste sur le fait qu'il s'agit bien d'aliments et non de médicaments, nous avons un rôle de prévention à jouer dans la lutte contre l'obésité et l'excès de cholestérol. Notre démarche s'inscrit parfaitement dans le cadre du Programme national nutrition santé, dont l'un des objectifs est de réduire de 5% la cholestérolémie moyenne des adultes en France. Par ailleurs, l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), dans ses recommandations de mars 2005, souligne même que le traitement diététique, base de la prise en charge, doit comprendre «une limitation du cholestérol alimentaire, voire l'utilisation d'aliments enrichis en stérols végétaux ». Nos produits, justement enrichis en stérols végétaux, réduisent le taux de cholestérol de 10 à 15% au bout de trois semaines de consommation régulière. Et, ce bénéfice, nous l'avons prouvé dès 2000 sur la base d'un dossier scientifique étayé par plus de quarante études. Ce qui nous a permis d'obtenir l'approbation de la Commission pour la mise sur le marché de nos margarines la même année, et celle des produits du type lait et yaourts enrichis en esters de phytostérols dès 2004. Nous consacrons pas moins de 3 % de notre chiffre d'affaires mondial en R&D pour cela! Notre démarche est loin d'être un simple coup médiatique. Certes, elle devrait soutenir les ventes, comme nous l'avons constaté aux Pays-Bas, suite à une opération similaire en marche depuis janvier dernier. Mais nous accompagnons notre action d'un discours global sur la nécessité d'avoir une alimentation variée et riche en fruits et légumes. Une mention inscrite sur tous les emballages de la gamme Pro-activ. D'autant que le consommateur auquel nous nous adressons est concerné par un problème d'hypercholestérolémie. Il est adulte et responsable. Alors, je ne vois pas où se trouve la confusion dans tout cela.

PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE GUÉRIN ET ANNE PEZET

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