AGRO-ALIMENTAIREESPOIR DE REPRISE DE L'INVESTISSEMENTPression sur les prix et recul de la consommation induisent toujours une grande prudence des industriels. Mais le retard accumulé depuis quatre ans est tel qu'une reprise pourrait intervenir dès cette année.

Partager

AGRO-ALIMENTAIRE

ESPOIR DE REPRISE DE L'INVESTISSEMENT

Pression sur les prix et recul de la consommation induisent toujours une grande prudence des industriels. Mais le retard accumulé depuis quatre ans est tel qu'une reprise pourrait intervenir dès cette année.



Les équipementiers et autres fournisseurs de l'agro-alimentaire ne sont décidément pas à la fête! Le chiffre, établi par l'Ania (Agence nationale de l'industrie alimentaire), vient de tomber: la baisse des investissements en valeur aura été de 8% en 1994, pour une dépense totale de 21,2milliards de francs, soit 2,97% des 713milliards de chiffre d'affaires de l'industrie alimentaire. Pour la quatrième année consécutive, l'investissement recule donc. En 1993 et 1992, la baisse avait été déjà de 10%. Cette période de vaches maigres tranche avec la fin des années 80, marquées par l'explosion des investissements (encore +10% en 1990). Ces dépenses étaient alors soutenues notamment par la mise aux normes européennes d'un grand nombre de sites dans la perspective du marché unique. Mais depuis, l'asthénie domine. Et davantage chez les PME, qui composent le gros des troupes, que dans les grands groupes comme Danone, Nestlé ou Unilever, aux dépenses assez constantes d'une année sur l'autre.

Un solde extérieur record pour les produits transformés

Cette grève de l'investissement correspond à l'apparition d'un fait inédit depuis l'après-guerre. Pour la première fois dans de nombreux secteurs, la crise, apparue en 1991, s'est traduite par une baisse d'activité en valeur, voire en volume. En 1993, la croissance globale avait plafonné à 1%. Et si en 1994 elle a redressé légèrement la tête (+1,5%), c'est en grande partie grâce à l'export. Car, malgré la déprime sur son marché intérieur, l'agro-alimentaire a l'an dernier dégagé pour les produits transformés un solde extérieur record de 46milliards de francs (+8,7%), soit un taux de couverture de 148%.

Reste que, même pour les activités les plus favorisées en volume (tels les jus de fruits), la pression sur les prix - avec la montée en puissance des hard-discounts et l'exacerbation de la concurrence entre les Carrefour, Auchan et autres Leclerc - n'a fait que s'accélérer. Ainsi, en 1994, si l'industrie des jus de fruits a vu ses volumes bondir de 7%, ses ventes ont reculé de 3%.La compression des marges n'a pas incité les entreprises à aller au-delà du simple renouvellement de leur parc de matériel. D'autant que, dans de nombreux secteurs, la surcapacité est de mise, notamment celui de la viande (chiffré à 20%) ou même dans des métiers plus récents comme celui de "salades traiteur composées". La poignée d'industriels présents sur ce marché, encouragée par la croissance de cette activité, ont massivement augmenté leur capacité, "au point que nous pourrions produire presque 50% de plus sans toucher une seule usine", avoue l'un d'entre eux.

Rester technologiquement dans la course

Alors, quelles perspective pour 1995? "Après plusieurs années où nous avons mis nos dépenses d'équipement en berne, il devient nécessaire d'inverser la tendance, ne serait-ce que pour rester technologiquement dans la course", souligne le patron d'un grand groupe laitier. Un sentiment confirmé par une enquête à paraître dans la "Revue de l'industrie alimentaire". Selon celle-ci, sur un échantillon multisectoriel de 200usines, l'investissement reprendrait nettement la pente ascendante cette année avec une progression de 17%. Une analyse partagée chez Tetra Laval Food, un des plus gros équipementiers pour l'agro-alimentaire, chez qui on confirme que "les perspectives pour 1995 s'annoncent nettement plus favorables que par le passé". Pierre-Olivier Rouaud

USINE NOUVELLE N°2494

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS