Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Agro

Agriculture au Maroc :"Nous voulons réduire le nombre d'intermédiaires", selon Soufiane Larguet

, , , ,

Publié le , mis à jour le

En marge du salon de l'agriculture qui bat son plein à la porte de Versailles à Paris jusqu'au 2 mars, L'Usine Nouvelle a rencontré Soufiane Larguet, directeur de la stratégie et des statistiques au ministère de l'Agriculture et de la Pêche du Maroc. Il revient pour L'Usine Nouvelle sur les défis de l'agriculture traditionnelle et ceux du secteur agro-industriel de son pays.

Agriculture au Maroc :Nous voulons réduire le nombre d'intermédiaires, selon Soufiane Larguet
Le Maroc compte cette année 30 exposants présentant près de 50 produits rassemblés par l’Agence pour le Développement Agricole (ADA) et le ministère de l'agriculture et de la pêche

L'Usine Nouvelle - Le Maroc fait la promotion de ses produits au salon de l'agriculture à Paris pour la seconde année consécutive. L'un des facteurs de succès est lié au circuit de distribution. Comment se passe l'interface avec les grossistes au Maroc ?

Soufiane Larguet - L'intermédiation nous pose un réel problème pour la captation de la valeur chez le fermier. Nous avons une vision assez claire sur certains marchés de gros que nous souhaitons réformer. Nous voulons limiter le nombre d'intermédiaires qui varie en fonction des filières. Celle de l'huile d'olive par exemple n'en a quasiment pas. Ce n'est pas le cas d'autres filières. L'agrégation par exemple est un outil qui nous permet de supprimer l'intermédiation. Dans ce système l'agrégateur traite directement avec la distribution ou le fermier.

Comment présenter l'agrégation ?

C'est un modèle assez innovant. Cela revient à créer des liens entre le grand et le petit agriculteur. C'est un cadre contractuel qui garantit un transfert de compétences à tous les niveaux de la grande vers la petite agriculture. Cela concerne l'assistance technique, les intrants agricoles, la valorisation des produits, le stockage, la transformation, la réalisation d'économies d'échelle…

Ce qui revient à présenter les principaux aspects de l'agriculture au Maroc 

Le développement de l'agriculture s'appuie sur le plan Maroc Vert de 2008 qui a défini deux piliers fondamentaux. Le Pilier I concerne le développement d’une agriculture moderne à haute valeur ajoutée répondant aux règles du marché avec des investissements privés. Le Pilier II porte sur l’accompagnement solidaire de la petite agriculture où sont programmés 545 projets à l'horizon 2020 d'un montant de 20 milliards de dirhams soit environ 2 milliards d'euros.

Ces deux piliers intègrent trois modes d'action, la reconversion vers l'agriculture à haute valeur ajoutée, l'intensification de la production pour améliorer le rendement et les revenus des agriculteurs et la diversification pour compléter les revenus des agriculteurs avec des activités complémentaires.

Et sur le volet agro-industriel ?

Nous avons défini 18 filières appelés contrats-programmes. L'Etat définit contractuellement avec l'interprofession un certain nombre d'objectifs et donne de la visibilité aux opérateurs pour développer la filière en question y compris au niveau des financements. Nous avons mis également en place des "Agropoles" qui sont des espaces intégrés dédiés à la valorisation des produits agricoles. On y trouve des terrains mis à disposition des investisseurs à des prix attractifs entre 25 et 50 euros le mètre carré. Nous avons deux agropoles opérationnel à Berkane et Meknès, deux sont en construction à Haouz et Tadla et deux derniers au stade des études de faisabilité.

Le marketing est aussi une clé de valorisation des produits agricoles

Un premier travail a été réalisé à ce niveau pour identifier l'ensemble des produits et des bassins potentiels susceptibles de bénéficier d'un label terroir. C'est le cas des appellations d'origine protégée. Le label est une protection du savoir-faire du terroir marocain. Nous avons répertorié environ 17 indications géographiques  référencées comme la clémentine de Berkane ou le safran de Taliouine. Trois labels existent. Le label agricole, l'appellation d'origine protégée et l'indication géographique protégée. Nous accompagnons aussi coopératives et groupements d'intérêt économique au niveau des salons à travers le monde sans oublier de sensibiliser les petits agriculteurs qui n'ont pas les moyens et le savoir-faire.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Le cas typique est celui des dattes. Un effort important a été fait sur le volet packaging. Cela a l'avantage d'augmenter le taux de conditionnement des produits. C'est un transfert de valeur certain vers la petite agriculture car le conditionnement augmente la valeur ajoutée du produit. Un référencement est également fait au niveau des GMS (grandes et moyennes surfaces, ndlr) au Maroc. Avec la chaine de supermarchés Marjane, nous avons travaillé depuis plus d'un an et demi sur le référencement des produits du terroir. 

Où en-est-on au niveau du financement ?

Le fonds de développement agricole du Maroc est doté d'une enveloppe de l'ordre de 3 milliards de dirhams soit environ 280 millions d'euros. Les niveaux de subvention sont variables. Il y a cependant quelques grandes lignes directrices. La mise en place de l'irrigation goutte à goutte est subventionnée de 80 à 100%. La mécanisation bénéficie également de taux de subventions importants. La plantation d'arbres fruitiers ou le stockage sont aussi de bons exemples. Globalement, le montant total du financement a doublé entre 2008 et 2013.

Que propose le Maroc en termes d'attractivité pour l'investisseur agricole ?

En plus des aides dont je viens de parler, il y a une importante offre d'assurance. Environ 700 000 ha sont couverts par l'assurance agricole contre à peine 60 000 ha il y a trois ans. Cet aspect est très important car l'investisseur a besoin de visibilité. Dans ce cas, il est tout simplement protégé en cas d'année de sécheresse. L'assurance agricole est fondamentale pour limiter le risque  d'investissement. Nous avons aussi contractualisé avec le secteur bancaire des fonds dédiés à l'agriculture. Le cadre lié au climat des affaires aide aussi à la libéralisation des investissements.

Et sur les terrains publics ?

Sur les terres appartenant à l'Etat, environ 105 000 ha ont été mis à disposition en échange d'un loyer modéré. Il permet un accès au foncier à des conditions avantageuses. Les locations longue durée peuvent aller jusqu'à 40 ans. Au niveau de la fiscalité, le secteur agricole marocain est défiscalisé et on y paie 0% d'impôt sur les sociétés. Les loyers dépendent de la qualité de la terre. Les tarifs préférentiels vont de 80 euros à l'hectare jusqu'à 400 euros.

L'agriculture au Maroc dépent beaucoup de la pluviométrie. Comment se présente l'année 2014 en matière de récoltes?

Nous avons eu une année 2013 exceptionnelle. On ne peut pas se prononcer sur les résultats de la prochaine campagne à ce moment de l'année. Le début de la campagne 2014 a marqué un léger retard pluviométrique rattrapé sur les deux derniers mois. Tout dépend de la pluviométrie du mois de mars qui, si elle est favorable, augurera d'une bonne année agricole.

Propos recueillis au salon de l'agriculture à Paris par Nasser Djama


 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle