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L'Usine de l'Energie

Afrique du Sud, le dossier noir d'Eskom

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Afrique du Sud, le dossier noir d'Eskom © Shizhao - Flickr - C.C.

"Another Night with Candles" : en Afrique du Sud, derrière cette phrase, signifiant littéralement "encore une nuit à la bougie", se cache aussi l’acronyme ANC. Un pied de nez au parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid. À Johannesburg, Durban ou au Cap, la dérision aide à endurer les coupures d’électricité chroniques. L’objet de la rage d’une bonne part des 54 millions de Sud-Africains, c’est surtout Eskom. "L’EDF" local constitue un cas à lui seul. Ayant institutionnalisé ses défaillances, il publie à l’avance, comme pour un bulletin météo, ses délestages de niveau 1, 2 ou 3. Son incapacité à y remédier paraît totale, celle du gouvernement aussi. L’affaire, ancienne, a fini par devenir une cause nationale, entraînant la création d’une "war room" surveillée par Cyril Ramaphosa, le dauphin du président Zuma. Car, au sein de ce géant public de 30 000 salariés et 45 GW de capacité (charbon surtout), les problèmes s’accumulent : techniques, financiers, managériaux…

Dernière péripétie : le "chairman" a suspendu, début mars, son directeur général, arrivé depuis peu et qui veut depuis se défendre en justice. Le 19 mars, Standard & Poor’s a dégradé au rang d’obligations pourries la dette d’Eskom, dont le besoin en capitaux sera de 20 milliards d’euros d’ici à 2018. Une hausse de tarif prévue ce 1er avril met le pays en émoi. Et les défaillances techniques ? Elles tiennent à des anticipations erronées et à des soucis récurrents de maintenance : en cinq ans, la disponibilité du parc a chuté de 10 points, à 75 %. Les futures centrales à charbon de Medupi et Kusile doivent soulager le réseau. Las ! Ces projets géants ont trois ans de retard, en partie dû à des grèves à répétition. Eskom pointe la responsabilité d’Alstom, l’un de ses gros contractants. À Medupi, on attend, sans y croire, la mise en route en juin d’une tranche de 794 MW. Pour sa défense, Eskom invoque l’électrification sans précédent en zones rurales ou la faible capacité de paiement des populations noires pauvres.

Les patrons, eux, sont effarés. Le secteur manufacturier a plongé en janvier (- 2,3 %), notamment à cause des délestages qui coûtent au pays 0,5 à 1 point d’une croissance déjà anémique. Le secteur minier n’a d’autre choix que de renforcer ses générateurs à grands frais. Idem pour les supermarchés Shoprite. Dans la nation arc-en-ciel, beaucoup rapprochent les situations d’Eskom et de la politique, à savoir la gouvernance contestée de Jacob Zuma, plombé par le scandale de Nkandla, son ranch rénové aux frais du contribuable. D’ailleurs, en septembre, celui-ci avait ajouté à la confusion en annonçant un obscur deal nucléaire avec la Russie à 10 milliards de dollars, censé redonner la lumière au pays. Avant de rétropédaler. Sans produire de courant.

Pierre-Olivier Rouaud

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