Affaire d’espionnage : Carlos Ghosn s'excuse publiquement

Un grand mea culpa du PDG. Le patron de l'Alliance Renault Nissan a présenté des excuses aux trois salariés du groupe licenciés dans l’affaire d’espionnage et propose leur réintégration.

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Affaire d’espionnage : Carlos Ghosn s'excuse publiquement

« Je me suis trompé, nous nous sommes trompés et d’après les conclusions que nous avons entendues du procureur de Paris, il semble que nous ayons été trompés ».

Derrière ces mots prononcés dans le journal de 20 h sur TF1 le 14 mars, le patron de Nissan et Renault a reconnu l’erreur du groupe qui a accusé trois cadres du groupe dans le cadre d’une enquête interne. Une enquête qui a conduit Renault à les licencier en janvier pour espionnage industriel. « Une décision prise à tort », reconnaît Carlos Ghosn. Le patron du groupe propose une « réparation et/ou une réintégration des trois cadres au sein du groupe après cette très grande injustice ».

Pour l’heure, deux des trois cadres, Matthieu Tenenbaum et Michel Balthazard, se sont dits prêt à rencontrer Carlos Ghosn. Mais l’ancien membre du comité de direction de Renault, Michel Balthazard, exclut sa réintégration. Pour Me Thibault de Montbrial, avocat de Matthieu Tenenbaum, « on attend de voir ce que Renault appelle la réparation d'une très grande injustice ».

Usines à l’arrêt au Japon

Face à la situation au Japon, le patron de Nissan annonce que toutes les usines sur place devraient « reprendre leur production dans les deux ou trois jours à venir mais pas pour très longtemps, par ce que notre réseau de fournisseurs est vraiment dévasté ».


Patrick Pélata reconduit

L’autre grande décision prise par Carlos Ghosn et annoncée le 14 mars au soir est son rejet de la démission de Patrick Pélata. Comme pressenti dans une interview début mars, le numéro deux du groupe avait annoncé qu’il tirerait toutes les conséquences de l’enquête. Et quitterait ses fonctions. Mais selon Carlos Ghosn, dans l’intérêt du groupe, Patrick Pélata doit rester. « Je ne veux pas rajouter une crise à la crise », assure le patron de Renault.

Autre annonce de Carlos Ghosn : l’ensemble des cadres dirigeants du constructeur impliqués dans l’affaire renoncent à la part variable de leur rémunération pour 2010 et à tout bénéfice de stock-options pour 2011. Au total, cela représente 1,6 million d’euros de bonus pour le patron du groupe. Des décisions appuyées à l’unanimité par le conseil d’administration de Renault. « Nous assumons la situation », assure le patron de Renault.

Plus largement, le conseil d’administration du groupe, réuni de manière extraordinaire le 14 mars, a proposé toute une série de mesures. Selon l’entourage de la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, elles devront permettre de faire toute la lumière sur les défaillances internes.

Parmi les dispositions énoncées par Renault, on trouve par exemple la volonté d’une refonte de la politique de protection du groupe, ainsi que des procédures disciplinaires contre trois responsables de la sécurité. Le groupe devrait revoir ses procédés concernant la protection du groupe, des personnes et de l’information pour éviter qu’une telle affaire se reproduise.

Eviter une autre affaire

Renault a pris l’ensemble de ces décisions suite aux déclarations du procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, qui a confirmé les soupçons selon lesquels l’affaire pourrait plutôt relever d’une possible escroquerie que d’une affaire d’espionnage. Le constructeur déclare qu’il va se constituer partie civile dans l’instruction pour escroquerie en bande organisée ouverte par le procureur de la République de Paris, qui cible entre autres le Monsieur sécurité du groupe, Dominique Gevrey.

L'affaire ne semble pas totalement terminée. D'autant plus que le ministre de l’Industrie, Eric Besson, affirme que les excuses publiques du PDG de l’Alliance ne marquent pas la fin de cette histoire. « C’est bien que le président de Renault ait présenté tout de suite ses excuses publiques, assure-t-il. Mais il y a un audit interne par une personnalité externe qui a été demandé et qui va permettre de connaître les responsabilités exactes dans l’entreprise ». Il attend les résultats d’un audit interne. Ses conclusions doivent être remises le 28 avril au conseil d’administration du groupe.

Pour le porte-parole du gouvernement, François Baroin, « l'amateurisme invraisemblable » qui a caractérisé la fausse affaire d'espionnage chez Renault ne devra pas demeurer « sans suite », même si la démission du PDG du groupe Carlos Ghosn n'est « pas le sujet aujourd'hui »,


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