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AF-KLM: Ben Smith à l'offensive après une année 2018 difficile

Publié le

par Jean-Michel Belot et Laurence Frost

AF-KLM: Ben Smith à l'offensive après une année 2018 difficile
Air France-KLM vise une croissance de 2% à 3% de ses capacités cette année et entend poursuivre la réduction de ses coûts, en accélérant notamment les synergies entre les deux compagnies, a annoncé mercredi le groupe franco-néerlandais. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier
© Benoit Tessier

PARIS (Reuters) - Air France-KLM, dont les résultats 2018 ont été pénalisés par le conflit avec les pilotes d'Air France au premier semestre et par la hausse des coûts du carburant, entend se remettre en ordre de marche cette année sous la houlette de son nouveau directeur général, le Canadien Benjamin Smith, qui accroît son emprise sur le groupe.

Ben Smith a tué dans l'oeuf le conflit qui se profilait avec la partie néerlandaise du groupe, en reconduisant Pieter Elbers à son poste de président du directoire de KLM alors que ce dernier semblait menacé et avait bénéficié d'une vaste campagne de soutien de la part de responsables politiques et syndicaux néerlandais.

Le directeur général du groupe aérien a envoyé un signal supplémentaire en créant autour de lui une équipe resserrée, au sein d'un "CEO Committee", qui comprendra Pieter Elbers ainsi que la directrice générale d'Air France, Anne Rigail, et le directeur financier du groupe, Frédéric Gagey.

Coté Air France, Ben Smith est parvenu en quelques mois à conclure un accord avec les pilotes, qui viennent d'approuver massivement par référendum l'accord salarial proposé par la direction, mettant ainsi un terme à un conflit qui a coûté l'an dernier 335 millions d'euros au groupe.

En donnant ces gages, Benjamin Smith a désormais les mains libres pour développer les synergies entre Air France et KLM, en harmonisant progressivement leurs flottes d'appareils, les réseaux et les alliances commerciales, en regroupant les achats et en partageant les données clients, qui constituent le nerf de la guerre en matière de transport aérien.

Afin d'acter ce rapprochement, Ben Smith entrera également au conseil de surveillance de KLM - la plus performante des deux compagnies - tout un symbole.

DE NOMBREUX DÉFIS A RELEVER

Pour autant, tout n'est pas rose pour le groupe, qui restera confronté cette année encore à un environnement incertain au regard de l'instabilité du contexte géopolitique et de la hausse des prix du kérosène, l'un des principaux postes de dépenses pour une compagnie aérienne.

Lors d'une conférence téléphonique, Frédéric Gagey, le directeur financier du groupe, a ainsi averti que la recette unitaire - un instrument clef de la mesure de la performance d'une compagnie aérienne - devrait rester négative au 1er trimestre, après avoir déjà reculé de 0,1% au 4e trimestre 2018.

"Le niveau actuel des réservations laisse penser que la recette unitaire sur le premier trimestre sera négative par rapport à l'an dernier", a-t-il observé, précisant que ce recul attendu était partiellement lié à des vacances de Pâques plus tardives.

En 2018, Air France-KLM a franchi le cap des 100 millions de passagers mais son résultat d'exploitation a reculé de 31% à 1,33 milliard d'euros - un niveau légèrement inférieur au consensus IBES/Refinitiv (1,37 milliard) - pour un chiffre d'affaires de 26,5 milliards (+2,5%).

A 9h32, le titre Air France-KLM accusait ainsi un repli de 2,94% à 10,07 euros, l'une des plus fortes baisses de l'indice SBF120 (+0,32%). Il affiche toutefois une progression de près de 4% depuis le début de l'année, après un recul de plus de 30% l'an dernier.

"Les chiffres sont plutôt mitigés, surtout si on regarde la prévision de recette unitaire négative au T1", observent les analystes de Merrill Lynch.

Pour redresser la barre, Air France et KLM devront également améliorer la ponctualité et la satisfaction des clients, le coût des indemnisations ayant été encore particulièrement élevé l'an dernier. Un chantier prioritaire pour Anne Rigail, chargée du service aux clients avant de prendre directement les commandes d'Air France en décembre dernier.

En 2019, le groupe reste ainsi prudent en prévoyant d’augmenter les capacités de son réseau de transport de passagers de seulement 2% à 3% même si Transavia, la compagnie à bas coûts, devrait continuer à croître au rythme soutenu de 9% à 11%.

Air France-KLM entend poursuivre la réduction de ses coûts avec un objectif de diminution pour 2019 compris entre -1% et 0%, à changes et carburant constants. Mais la facture de kérosène - qui a pesé sur les coûts l'an dernier - va s'alourdir encore de quelque 650 millions à 5,6 milliards, alors qu'une partie des instruments de couverture du groupe arrivent à terme, les effets de change devant en revanche être neutres.

(Jean-Michel Bélot, édité par Bertrand Boucey)

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