AF 447 : l’alarme de décrochage pourrait être mise en cause

[ACTUALISE] - Le rapport du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) du 29 juillet serait-il incomplet ? C’est ce que croit savoir le journal Les Echos. Une révélation qui devrait contraindre le BEA à publier de nouveaux éléments dans les jours à venir.

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AF 447 : l’alarme de décrochage pourrait être mise en cause

Le bureau chargé de l’enquête sur la catastrophe du vol Air France Rio-Paris du 1er juin 2009 a annoncé le 2 août qu’il pourrait publier une recommandation portant sur le fonctionnement des alarmes de décrochage.

Cette initiative intervient quelques heures après la publication par le journal Les Echos d’un article évoquant un censure partielle dans le dernier rapport du BEA publié le 29 juillet. En effet, le BEA avait alors mis en cause la formation et les réactions des pilotes et de l’équipage dans la survenance de l’accident du 1er juin 2009. Mais selon le journal, il n’aurait pas fait mention de problème de fonctionnement de l’alarme de décrochage.

Elément qui aurait pourtant été inscrit dans une première version confidentielle du rapport le 25 juillet. Il y est par exemple mentionné, selon le journal, un long descritptif du comportement de l’alarme, ainsi qu’une explication technique de ce qui aurait conduit à son arrêt. Toujours dans cette version, le BEA recommanderait que "l’agence européenne de sécurité aérienne (AESA) s’assure que le fonctionnement de l’alarme ne soit pas remise en cause par des mesures de vitesse perturbées".

Les pilotes du SNPL, syndicat majoritaire des pilotes de lignes, ont par ailleurs fait savoir le 3 août qu'ils ne souhaitaient plus participer à l'enquête sur la catastrophe. Ils redoutent en effet qu'elle "ne se transforme en une simple instruction à charge contre l'équipage".

Pour justifier cette "censure", un porte-parole du BEA assure que c’est "le directeur d’enquêtes du bureau qui a souhaité retirer cette recommandation du rapport d’étape, car elle doit être complétée par les travaux réalisés par le groupe de travail facteur humain".

Argument de défense pour Air France

C’est précisément sur l’argument de la défaillance de l’alarme que la compagnie Air France s’est appuyée le 1er août pour critiquer le rapport du BEA publié le 29 juillet. La direction du groupe a en effet critiqué la fiabiité de l’alarme de décrochage de l’A330 d’Airbus. Elle assurait que "l’alarme s’activait et s’arrêtait de manière intempestive et trompeuse, ce qui avait pu fortement handicapé les pilotes". Une hypothèse que le directeur du BEA, Jean-Paul Troadec, avait lui-même admis.

La compagnie a fait savoir qu’elle avait adressé un courrier à l’agence européenne de sécurité aérienne (AESA) pour que la question de l’alarme de décrochage soit réexaminée.

Plus globalement, cette révélation pourrait être un argument contre le BEA. En effet, les familles de victimes lui reprochent notamment de se focaliser sur l’équipage dans le dossier et non sur les aspects techniques.

Le ministre de Transports, Thierry Mariani, a assuré son soutien au BEA le 3 août. Il estime que l'enquête est transparente et exemplaire et regrette la polémique en cours.

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