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Aéroports, SNCF et mairies s'adaptent

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L’interdiction des pesticides oblige les communes et les entreprises concernées à repenser la gestion de leurs espaces verts.

Aéroports, SNCF et mairies s'adaptent
Des moutons désherbent les talus en bordure du boulevard périphérique, à Paris.

Le glyphosate n’est pas réservé aux agriculteurs et aux quelque 17 millions de jardiniers amateurs. Entreprises et collectivités locales l’utilisent également. À la SNCF, les tonnages ne sont pas si élevés qu’on le dit parfois. L’entreprise ferroviaire en consomme 34 tonnes chaque année. Il y a vingt ans, les chemins de fer français en absorbaient trois fois plus. Aujourd’hui, la SNCF renoue avec le désherbage manuel dans certaines parcelles. Elle a limité les traitements aux zones prioritaires, développé l’éco-pâturage avec des vaches là où il n’y a pas de circulation, mais aussi le biocontrôle et l’utilisation d’un train désherbeur muni de GPS pour ne pas asperger des zones sensibles comme des cours d’eau. « Nous respectons l’objectif d’arrêt du glyphosate dans trois ans. Mais notre budget pour le traitement de la végétation va passer de 120 millions à 300 millions, voire 500 millions d’euros, prévient un porte-parole de SNCF Réseau. Nous testons des robots pour désherber les bas-côtés, le désherbage par ultraviolets et avec une végétalisation lente le long des voies, qui repousse les plantes envahissantes. »

Sur les pistes des aéroports, les mauvaises herbes poussent souvent entre les interstices des plaques de béton. Chez ADP (ex-Aéroports de Paris), la plate-forme d’Orly est à la pointe dans la lutte contre les produits phytosanitaires, notamment le glyphosate. « Nous n’en utilisons plus depuis dix ans, affirme Sylvain Lejal, le responsable du service de prévention du péril animalier et environnemental. Auparavant, les 650 hectares de prairies étaient exploités par les agriculteurs. Quand l’aéroport en a repris la gestion, en 2008, il se devait de préserver les nappes phréatiques. » Très vite, la décision a été prise d’interdire le recours au glyphosate et de se diriger vers la suppression complète des produits phytosanitaires. L’utilisation d’un système d’arrosage équipé de GPS et d’infrarouges a permis d’économiser 97 % de cette chimie. Depuis août 2015, le site n’a plus recours à ces produits. Après quelques tâtonnements, les méthodes ancestrales (gratter et nettoyer manuellement) et mécaniques (plan de fauchage, principalement pour les grands espaces) sont devenues la règle. Et le plan de rénovation de l’aéroport permet de reboucher les interstices, et donc de limiter les passages.

Méthodes ancestrales et nouvelles technologies

Dans les collectivités locales, les pesticides chimiques sont interdits depuis 2017. De nombreuses communes avaient devancé cette réglementation en mettant en place des plans « zéro pesticide ». Fontainebleau (Seine-et-Marne) en 2011, Vieux-Condé (Nord) et Haguenau (Bas-Rhin) en 2012… Et surtout Paris, qui a interdit dès 1995 les matières actives les plus dangereuses, comme l’atrazine. « Nous nous sommes lancés dès 2001 dans une gestion écologique des espaces verts, avec l’arrêt de l’utilisation du glyphosate pour les jardins dès 2007, explique Pénélope Komitès, ajointe aux espaces verts et à l’agriculture urbaine. Et depuis 2015, nous l’avons totalement supprimé dans les 450 hectares des cimetières. »

Les solutions de substitution passent par le fauchage, l’élagage, le désherbage manuel et mécanique, le compostage, le paillage… et l’éco-pâturage, avec des moutons qui nettoient les talus le long du boulevard périphérique, comme à la porte de Montreuil. Tout cela sans augmentation des coûts. Un robot est tout de même utilisé dans le centre de production horticole de Rungis pour réguler la croissance des végétaux qui seront ensuite plantés dans Paris. Et la mairie pousse au développement, notamment sur les toits d’immeubles, d’une agriculture urbaine biologique qui atteindra 30 hectares en 2020.

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