AERONAUTIQUELa Sfim semble promise à Thomson-CSFQuel que soit le repreneur de la Sfim, la vente de l'entreprise permettra de poursuivre les restructurations franco-françaises dans l'aéronautique et la défense.

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La Sfim semble promise à Thomson-CSF

Quel que soit le repreneur de la Sfim, la vente de l'entreprise permettra de poursuivre les restructurations franco-françaises dans l'aéronautique et la défense.



Le sort de la Sfim, officiellement à vendre depuis quelques semaines, semble aujourd'hui quasi écrit. L'équipementier français de l'aéronautique et de la défense devrait rejoindre le groupe Thomson-CSF avant la fin de l'année, pronostiquent la plupart des observateurs du secteur. Et, selon un responsable de la CFDT, le syndicat majoritaire chez l'équipementier : " Il nous a été annoncé que la Sfim entrerait dans le processus de restructuration autour de Thomson-CSF. " Il y a fort à parier que ce dénouement serait effectivement du goût du gouvernement. Le champion national de l'électronique professionnelle a carte blanche pour organiser le regroupement hexagonal dans ses métiers.

Un prix de vente jugé surévalué

Pour l'heure, la direction de la Sfim reste muette sur le choix d'un repreneur. Tout comme ses deux principaux propriétaires, Paribas-Compagnie de navigation mixte à 36,6 %, et Framatome à 38,4 %. Seule évidence, la société de 1,7 milliard de francs de chiffre d'affaires en 1997 est devenue peu stratégique pour eux. Ils veulent en tirer un bon prix. Entre Thomson-CSF et les deux autres acheteurs potentiels, Sextant Avionique (contrôlé par Thomson-CSF à 66,6 %) et Sagem, la course est-elle donc courue d'avance ? Sextant s'éclipsera sans doute si son actionnaire majoritaire le lui demande. Quant à Sagem, sa position actuelle peut effectivement sonner comme un aveu de défaite. " Nous avons regardé le dossier, mais aujourd'hui, compte tenu de sa valorisation, nous n'avons pas l'intention de faire de propositions au vendeur ", déclare un porte-parole de Sagem. A moins que la décision ne soit qu'une question de temps. Tout indique que les négociations traînent, afin de faire baisser le prix de vente. La société est valorisée en Bourse à 880 millions de francs. Surévaluée, estiment divers experts du secteur, même si les compétences de l'équipementier sont précieuses dans le contexte de restructuration du secteur. Un tiers du chiffre d'affaires de l'équipementier représente traditionnellement des travaux d'études. Et divers produits nouveaux vont venir grossir son catalogue juste après 2000. Dans l'avionique d'hélicoptères, il développe, par exemple, une nouvelle génération avec Sextant pour l'EC120, l'EC135, l'Ecureuil rénové et le Dauphin N4 d'Eurocopter. Son point fort aujourd'hui : les gyrolasers et les senseurs, domaine de prédilection de Sagem. Son pôle optronique est également convoité par Thomson-CSF. Selon un responsable CFDT de Thomson, " l'apport de la Sfim permettra à Thomson Composants optroniques de devenir largement leader en Europe ".

L'équipementier passerait dans le clan des systémiers

La vente aurait de bonne chance de se concrétiser rapidement si l'un des scénarios qui circulent se confirme. Plutôt que Thomson-CSF, c'est Alcatel-Alsthom qui pourrait se porter acquéreur de la Sfim. Le résultat serait en fait le même. Alcatel apporterait l'équipementier avec ses autres activités d'électronique de défense à Thomson-CSF dans le cadre de la privatisation. Si la Sfim rejoint bien cette grosse galaxie, elle changera de positionnement dans le processus. Fournisseur de produits à Thomson-CSF ou Sextant Avionique et aux compagnies aériennes, l'équipementier mettra un pied dans le clan des systémiers en se rapprochant de l'un de ses anciens donneurs d'ordres. Seul Sagem, son véritable concurrent français, travaille au même niveau. Cette solution aurait son revers : une réduction inévitable des débouchés commerciaux de la Sfim. Et, à coup sûr, ce nouvel épisode des grandes manoeuvres franco-françaises dans l'électronique professionnelle s'accompagnera de restructurations. Elles vont déjà bon train. Il est, par exemple, question que l'électronique embarquée pour satellite de Sextant (300 personnes à Valence) atterrisse dans la société commune de satellites en cours de formation par Thom-son-CSF.



Une mauvaise santé financière

La SFIM serait sortie du rouge en 1997

La remise en ordre des comptes de la Sfim, en prélude à sa cession, a certainement pesé sur les comptes de 1996. Après deux années de résultats faibles, mais positifs, la Sfim avait en effet perdu 271 millions de francs. Le résultat devrait être nettement meilleur pour 1997, d'autant que la société a procédé depuis un an à un discret recentrage. Elle a ainsi cédé les PME d'instrumentation et mesure Setaram (Lyon) et Starec (Les Ullis) et le brochage industriel de Marbro-Sinbro (dans la région parisienne). Selon la CGT, la simple reconfiguration interne de la Sfim aboutirait à la suppression, par diverses mesures sociales, d'environ 500 postes d'ici à quatre ans pour des effectifs de 2 500 salariés actuellement. Pour un chiffre d'affaires stagnant, la direction de la Sfim viserait un résultat d'exploitation de 9 % à cet horizon, d'après la CFDT, contre 5 % prévus en 1997.







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