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L'Usine Aéro

AERONAUTIQUE : Sogerma change de visage

Publié le

Réorganisation de ses métiers, spécialisation par sites : Sogerma, pôle de maintenance aéronautique d'Aérospatiale, est en plein chamboulement. Sans savoir où la mènera cette restructuration.


 


A peine était-il nommé, en octobre 1996, à la tête du pôle maintenance aéronautique d'Aérospatiale, qu'Henri-Paul Puel n'en faisait pas mystère : trop chère par rapport à ses concurrents, la Sogerma devait se restructurer en profondeur. Première étape : spécialiser les sites, au nombre d'une dizaine en France, mais aussi aux Etats-Unis et au Maroc. Et traquer les redondances. Le paysage redessiné par le patron de Sogerma depuis un an se précise. Tout d'abord, la concurrence fratricide des filiales Révima et Seca sur la maintenance des moteurs va cesser. La maintenance des gros trains d'atterrissage et des groupes auxiliaires de puissance (APU) se fera à Révima, tandis que les petits trains seront transférés à l'établissement de Bordeaux, siège de Sogerma. Les turbopropulseurs seront transférés à Seca, qui, elle, se délestera de la maintenance des cellules, affectée à Bordeaux. Seca va en fait se spécialiser encore plus sur les moteurs, avec l'objectif de devenir numéro 2 mondial derrière Pratt & Whitney. En 1996, 308 moteurs Seca sont sortis de ses ateliers du Bourget, avec un cycle moyen d'intervention de quarante-six jours, et le niveau devrait atteindre 580 moteurs fin 1999. Pour piloter ces premiers transferts d'activités, Jean-Michel Bardot a débarqué il y a quelques semaines en Normandie, aux commandes de Révima (70 % Sogerma, 30 % Air France). Cet ingénieur, qui a fait toute sa carrière au sein d'Aérospatiale, va d'abord devoir convaincre. Sur 575 salariés, 70 travaillent sur les turbopropulseurs. Et peu sont prêts à intégrer la Seca. Jean-Michel Bardot veut en outre injecter 17 millions de francs sur trois ans dans la formation, pour que " les métiers s'adaptent aux lignes de produits ". Dans le même temps, il projette de réorganiser la production et de mettre en ligne l'activité trains et celle des APU. L'objectif étant de réduire les temps d'intervention. Cette année, 240 jambes d'atterrisseurs sortiront des ateliers de Révima, contre 210 en 1996 et 360 APU auront été traités, contre 338 en 1996. A Sogerma Rochefort (Charentes-Maritimes), positionné sur les aérostructures et tronçons d'Airbus, ainsi que sur les produits propres (fauteuils, galleys, sièges), les 683 salariés ont également pris la mesure de la menace pour les activités non rentables. Henri-Paul Puel avait laissé clairement entendre qu'il n'hésiterait pas à arrêter les galleys si la profitabilité n'était pas au rendez-vous. " Nous avons triplé nos parts de marché en dix-huit mois. Et nous visons entre 15 et 20 % du marché mondial des galleys ", affirme Michel Blumental, directeur commercial aménagement intérieur et aérostructures. Engagé en 1995 avec la mission de sauver les produits propres, il parie sur l'innovation. Pour les galleys, par exemple, l'entreprise travaille à la modification des structures des panneaux. L'objectif étant de gagner 10 à 15 % en masse. A la pointe pour ses fauteuils de première classe, Rochefort a mis au point, avec le québecois Ergoresearch, un fauteuil doté de capteurs de pression qui s'ajuste à l'optimum en fonction de la morphologie propre du passager. Reste toutefois à supprimer le principal handicap de Rochefort : ses coûts de conception et de développement, deux fois plus élevés que ceux de la concurrence. Quelques semaines après son arrivée, Henri-Paul Puel confiait son souhait de créer, en fin de compte, une vraie culture d'entreprise à Sogerma. Un an après, il reste encore du chemin à faire. " Nous avons un problème de confiance. On ne sait pas quel est notre avenir ", confie un syndicaliste de Rochefort. Sogerma s'orientant de plus en plus vers la maintenance de la famille Airbus, que deviendront en effet des sites comme celui de Révima, dont seulement 30 % de l'activité est réalisée avec le consortium européen ? Enfin, quel sera le sort réservé au pôle maintenance dans la future société intégrée Airbus ? La question ne manquera pas d'être examinée lors des négociations entre les quatre partenaires.



La carte d'identité

Chiffre d'affaires : 3,3 milliards de francs en 1996, dont 50 % à l'export.

Perte : 203 millions de francs en 1996.

Effectif : 3 762 personnes au 31 janvier 1996.

Six filiales : Seca, Revima, Composites Aquitaine, Barfield-Avsco, Maroc Aviation, Hemet Exploration.

Dix sites : Bordeaux, Toulouse, Rouen, Rochefort, Paris-Le Bourget, Miami, Atlanta, Long Beach, Washington, Casablanca.

USINE NOUVELLE N°2611
 

 

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