AERONAUTIQUE-NAVAL-ARMEMENTLE SALUT PAR L'EXPORTATIONLa performance sera meilleure que prévu en 1996. La demande mondiale du domaine civil est en effet en net progrès. Mais la mutation des programmes de défense contraint le secteur à un important effort d'adaptation.

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AERONAUTIQUE-NAVAL-ARMEMENT

LE SALUT PAR L'EXPORTATION

La performance sera meilleure que prévu en 1996. La demande mondiale du domaine civil est en effet en net progrès. Mais la mutation des programmes de défense contraint le secteur à un important effort d'adaptation.



La réduction de la demande du secteur militaire continue de peser sur l'ensemble des industries aéronautiques, navales et d'armement. L'offre doit encore s'adapter. Néanmoins, le bilan de 1996 sera meilleur que prévu ; l'activité aura vraisemblablement connu un progrès de l'ordre de 3 % pour l'ensemble de ces industries. En 1997, la remontée devrait se poursuivre, avec la perspective d'une croissance supérieure à 4 %, tirée par l'activité exportation. Du côté de la demande civile, la vive croissance économique aux Etats-Unis, la reprise graduelle en Europe et, surtout, l'expansion dans les pays émergents ont généré d'importants besoins. De fait, pour l'aéronautique, l'exportation est actuellement très porteuse : commandes de rechanges ou d'équipements pour les utilisations militaires, et, essentiellement, commandes d'appareils pour l'aviation civile. Au total, sur la période allant de janvier à septembre, la progression des ordres peut être évaluée à 7 %, un chiffre à considérer avec toutes les précautions requises, s'agissant d'une industrie où quelques annulations peuvent changer les ordres de grandeurs. Quoi qu'il en soit, la demande est très forte. En septembre, Airbus annonçait des intentions fermes d'achat pour 88 appareils, équivalant à 43 milliards de francs, et prévoyait d'accroître ses livraisons de 130 appareils cette année à 190 l'an prochain et 238 en 1998. Et, en dépit de l'inertie entre commandes et livraisons, la progression de l'activité est déjà effective et s'amplifiera d'ici à la fin de l'année. La construction navale subit les mêmes influences contradictoires : regain de la demande mondiale, mais révisions dramatiques des programmes de défense. Ainsi, le marché des navires rapides continue de progresser. En Europe, la demande en cours est évaluée à 20 unités pour des bâtiments de l'ordre de 80 à 100 mètres, dont la construction se répartit entre la France, l'Espagne, l'Italie et les pays nordiques. Le secteur des paquebots bénéficie de la vogue des croisières. Et la généralisation du système des quirats à tout navire sous pavillon français exercera sans nul doute un effet positif. Mais ces évolutions viennent sur le fond d'une crise de surcapacités qui n'est pas terminée. De surcroît, la conversion des arsenaux, sans schéma bien clair quant à ses implications pour l'ensemble du secteur, est de nature à entretenir le pessimisme. Dans les domaines purement militaires, après l'effondrement des commandes au cours des derniers mois, le facteur déterminant pour l'avenir restera la loi de programmation 1997-2002. Le budget 1997 constitue la phase décisive de mise en oeuvre de ce programme. Mais il n'empêche que les 88,7 milliards de francs de crédits inscrits pour 1997 marquent une réduction de plus de 8 % en volume par rapport à 1996.



L'invité de la semaine

Arnaldo Auletta ,
Assistant de direction (développement économique) de Finmeccanica-Rome.

"Les commandes ont fortement progressé pour l'aviation civile. Dans le domaine militaire, la situation s'est stabilisée à un bas niveau. Une activité de l'ordre de trois cents appareils par an est attendu sur le plan mondial. Les prix unitaires sont en progrès, du fait du contenu technologique ; mais la durée de vie des avions s'est accrue. Dans le passé, les spécifications étaient propres à l'arme de destination, force navale ou force aérienne. Désormais, l'orientation est à la convergence. La tonalité vient des programmes des Etats-Unis, tel, à l'horizon 2005, le Jast (Join Advanced Strike Technology), ouvert aux offres européennes. Cette orientation incite à des consolidations de compétences, plus faciles dans le cadre américain qu'en Europe. L'industrie française, dans sa stratégie actuelle, semble voir sa place au centre du dispositif européen, ce qui peut aussi avoir pour effet d'inciter à d'autres alliances où les équilibres nationaux sont mieux assurés, voire à des collaborations de type British Aerospace-McDonnell Douglas. Compte tenu de sa taille, Finmeccanica doit compter d'abord sur ses atouts de compétences, par exemple dans le domaine des radars de surface, ou les hélicoptères et les missiles. "



USINE NOUVELLE N°2569

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