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L'Usine Maroc

Aéronautique au Maroc : "l'arrivée de métiers comme les composites ou la 3D enrichissent notre tissu industriel", selon le président du Gimas

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Publié le , mis à jour le

Le 5è Marrakech Air Show 2016 se déroule du 27 au 30 avril. A cette occasion, L'Usine Nouvelle a rencontré Hamid Benbrahim El Andaloussi, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS). Il détaille les perspectives de cette filière industrielle au Maroc.

Aéronautique au Maroc : l'arrivée de métiers comme les composites ou la 3D enrichissent notre tissu industriel, selon le président du Gimas
Hamid Benbrahim El Andaloussi, président du Groupement des industries marocaines aéronautique et spatiales (GIMAS).
© DR

 

L'industrie aéronautique au Maroc représente selon les chiffres de la profession plus de 11 000 emplois et une centaine d'acteurs dont Safran, Bombardier, UTC ou Daher. Après l'arrivée récente d'investisseurs comme Stelia, Thales, Latecoère ou Hexcel, Hamid Benbrahim El Andaloussi, président du GIMAS  fait le point sur la filière, ses projets en matière de formation ou de financement, à l'occasion du Marrakech Air Show.

 

L’aéronautique et le secteur aérien s’affichent au Maroc à l’occasion de ce Marrakech Air Show, comment se porte la filière au plan industriel ?

Nous pensons dépasser nos prévisions de développement et pour un raison, le Maroc a montré sa capacité de délivrer, dans les temps et les coûts, les conditions attendues par les investisseurs internationaux.

C’est-à-dire ?

L'arrivé récente de nouveaux métiers enrichissent notre tissu industriel avec l'implantation d'entreprises comme Hexcel dans les composites, Figeac Aero dans l'usinage de précision  ou Thales dans l'impression3D. Et dans le spatial, nous venons sur le salon de signer une convention cadre de coopération avec le pôle de compétitivité Aerospace Valley représenté par Agnès Paillard. Avec les poids lourds comme Bombardier ou Stelia, filiale d'Airbus, il commence à y avoir un effet de masse pour cette filière.

Comme confirmé sur le salon devant le ministre de l'Industrie Moulay Hafid Elalamy, le secteur table sur l'arrivée d’ici à 2023 de 100 opérateurs industriels ou de services supplémentaires de toutes tailles à l’horizon 2020. Cela représente 23 000 emplois additionnels dont la moitié par croissance interne de sociétés déjà présentes au Maroc.

L’aéronautique, une filière industrielle sans nuage au Maroc?

C'est le reflet des besoins de capacités de production au plan mondial. Tout n'est pas rose pour autant. Il faut continuer de creuser le sillon. Il y a toujours un gros défi en matière de RH et de formation, notamment au niveau du middle management.

Justement où en est l'Institut des Métiers de l'Aéronautique de Casablanca, ouvert en 2011

En septembre 2016, nous ouvrirons un IMA upgradé comme prévu avec une capacité de 1 300 stagiaires en formation initiale par an contre 800 actuellement et l’arrivée prochaine de nouveaux métiers comme la peinture ou la soudure grâce notamment au soutien de l’Etat et côté français de l'Afd et de l'UIMM.

Vous évoquiez en décembre la création d’un institut voué au middle management, cela n’a pas avancé?

Cela prend du temps. Nous travaillons toujours dessus avec les pouvoirs publics et les autres filières qui seront associés au projet dont l’automobile. Nous avons d’ailleurs une réunion sur ce thème  la semaine prochaine.

D’autres projets en matière de formation ?

Oui il y a en germe la création d'une filière vouée aux métiers de l'entretien des avions ou MRO (Maintenance, Repair and Overhaul NDR). Sans doute une formation longue de deux ans.

Mais n’est pas ce que fait déjà l’ex-école interne à Casablanca de Royal Air Maroc devenu l’Islama?

L’Ismala n’est pas suffisant pour les besoins du marché car un certain nombre de techniciens dans ces métiers, certains formés aussi à l’IMA sont débauchés par les pays du Moyen-Orient. L’idée est de créer au Maroc une école qui pourrait avoir une vocation internationale pour répondre à cet état de fait. Nous prévoyons un accord avec Royal Air Maroc en ce sens.

Le projet de fonds d’investissement aéronautique annoncé depuis au moins deux ans en collaboration avec l’opérateur français ACE Management n’a toujours pas vu le jour, il est abandonné ?

Non. Cela prend du temps. ACE a retravaillé sur sa configuration, avec nous, pour qu’il cadre bien aux attentes  du secteur.

Mais existe-t-il réellement un besoin en fonds propres au Maroc, car beaucoup d’usines sont en fait financées par leurs maisons mère et il n’y pratiquement pas de sociétés marocaines dans votre secteur ?

Détrompez-vous. Beaucoup de PME en France subissent toujours un problème d’accès au financement notamment pour leur expansion internationale. Cela peut avoir du sens d’avoir une source de capitaux ici. Regardez : le fonds français Aerofund et Ace ont en portefeuille sept entreprises déjà présentes au Maroc.

Quant aux entreprises marocaines, commencent à émerger des PME comme EFOA qui ont des besoins en matière de financement . Et peu à peu, on verra des entrepreneurs nationaux s’intéresser à notre secteur aéronautique.

Vous y croyez car aucun des grands groupes industriel du Maroc ne semble y porter attention?

Ce sera différent avec la génération montante. Et croyez moi j'y travaille au sein du Gimas.

Revenons au fonds d'investissement:  quand sera-t-il créé?

Je ne peux pas vous donner de date. Mais il sera un peu plus ambitieux que prévu initialement. Nous embarquerons des institutionnels marocains, certains ont déjà donné leur accord.  Et sans doute d’autres fonds internationaux. Le projet doit répondre aux mieux aux besoins des PME européennes ou marocaines mais aussi par exemple à celui des sous-traitant turcs ou canadiens de Bombardier qui désireraient le suivre au Maroc.

Un mot enfin sur le salon, pour certains c'est une réussite, d'autres le trouvent encore modeste...

Ecoutez, on ne peut se comparer au Bourget qui a un siècle. Même le général de Gaulle a été un jour un bébé! Pour moi, c'est un réussite avec une vingtaine de pays représentés, les dizaines d'aéronefs exposés et de nombreux industriels de notre secteur présents, y compris des PME. Sans compter les démonstration aériennes. C’est un meilleure cru que le précédent, ce show s'améliore d'année en année. Il faut progresser et consolider les acquis. La profession prépare déjà en ce sens l’édition 2018.

Propos recueillis à Marrakech par Pierre-Olivier Rouaud

 

 

Inauguration du Marrakech Air Show par le chef du Gouvernement, Abdelilah Benkirane

 

 

 

 

 

 

 

 

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