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Aerohub, le cluster aéronautique britannique qui veut attirer les pros des drones et du tourisme spatial

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Reportage L'aéroport de Newquay, dans les Cornouailles britanniques, a lancé en 2012 sa zone d'activité Aerohub pour inciter des entreprises du secteur aéronautique à s'y installer. Après un démarrage encourageant, ce cluster se rêve désormais en espace de tests pour les drones et en base de lancement pour les futurs programmes de tourisme spatial.

Aerohub, le cluster aéronautique britannique qui veut attirer les pros des drones et du tourisme spatial © UK DfT

A l'image en France du pôle de compétitivité Aerospace Valley dans la région toulousaine, l'aéroport de Newquay veut s'imposer comme "the" cluster aéronautique du Royaume-Uni. Lancée en 2012, cette zone d'activité a attiré sept entreprises en deux ans, ce qui a permis de créer 140 emplois, souligne un récent bilan publié par l'organisme de promotion des Cornouailles, Invest in Cornwall, ce qui représente 25% des effectifs travaillant au sein de la zone aéroportuaire. Un chiffre qui peut sembler dérisoire mais qui représente tout de même 25% des effectifs travaillant au sein de la zone aéroportuaire de cette région touristique de la pointe sud-ouest de l'Angleterre, où on dénombre seulement 500 000 habitants à l'année.

De l'espace disponible pour développer la zone d'activité

Parmi les entreprises récemment installées, on trouve notamment Apple Aviation. Cette société britannique - qui n'a rien à voir avec le fabricant de l'iPhone - prend en charge la maintenance et la réparation des avions pour des compagnies aériennes. Son nouveau hangar de plus de 2300 mètres carrés a été construit dans une des zones de développement que compte l'aéroport de Newquay. Au total, 348 hectares sont disponibles, soit l'équivalent de 487 terrains de football. L'aéroport compte également une des plus longues pistes de décollage et d'atterrissage du Royaume-Uni, plus de 2,7 kilomètres, lui permettant d'accueillir des avions de toutes tailles mais également des projets innovants.

Le projet expérimental de voiture supersonique Bloodhound a par exemple posé ses valises dans un des hangars d'Aerohub et réalisera les premiers tests sur le tarmac de Newquay cet été. Une étape décisive avant de s'envoler pour le désert sud-africain et tenter d'atteindre la vitesse impressionnante et symbolique de 1000 miles par heure, soit plus 1600 kilomètres par heure.

Des drones difficiles à attirer

La proximité de l'océan Atlantique fait également partie des atouts mis en avant par Aerohub et permet par exemple déjà aux autorités de s'entraîner à des missions de sauvetage en haute mer. Cet environnement marin, associé à un espace aérien peu fréquenté voire resérvé à des activités militaires en fait un également un candidat tout trouvé pour les essais de drones. Les vols d'engins sans pilote étant particulièrement encadrés au Royaume-Uni comme dans le reste du monde, Newquay veut donc attirer les entreprises du secteur en misant notamment sur son partenariat avec l'aéroport de West Wales, qui dispose déjà d'une zone de tests.

Le drone Watchkeeper utilisé par l'armée britannique et produit par Thales a par exemple réalisé son premier vol en 2010 au dessus de ce site du Pays de Galles. Mauvaise nouvelle toutefois pour Newquay, le département des transports britannique serait sur le point de refuser la mise en place de cette zone de tests, indiquait la BBC début mars, au motif qu'il ne semble pas possible d'établir une zone strictement réservée aux drones. Protestations dans les Cornouailles, où les responsables locaux cherchent à mettre en avant les contrats déjà perdus suite à cette annonce et qui échappent non seulement à la région mais également au pays tout entier... un argument qui pourrait faire mouche alors que les élections générales auront lieu début mai.

Le "Kourou britannique"

Pour se consoler, l'aéroport de Newquay regarde vers les étoiles. Le site fait en effet partie de la "shorlist" dévoilée début mars pour devenir le "Kourou britannique", en concurrence avec deux emplacements situés en Ecosse et un au Pays de Galles. La future base de lancement de sa majesté se concentrera sur le tourisme spatial, avec l'ambition de proposer les premiers vols commerciaux à partir de 2018 dans les véhicules spatiaux réutilisables que développent par exemple Virgin Galactic ou Boeing. Avec ses plages tant appréciées, les Cornouailles pourront donc peut-être bientôt proposer aux touristes des petites balades dans le cosmos...

Julien Bonnet

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