[Aéro] La nouvelle norme Afnor que vous devez connaître

La norme qualité EN9100 dédiée au secteur aéronautique vient d’ête revue. PME et grands groupes ont jusqu’au 15 septembre 2018 pour se mettre à jour et obtenir leur nouvelle certification.

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[Aéro] La nouvelle norme Afnor que vous devez connaître

C’est un branle-bas de combat feutré qui se prépare dans l’aéronautique. Un oxymore qui résume un enjeu crucial pour toute la chaîne d’approvisionnement : une nouvelle version de la norme internationale EN9100, la plus utilisée dans l’aéronautique et la défense, vient de voir le jour qui impose des standards de qualité. "Elle est rendue obligatoire par la profession dans la mesure où les grands donneurs d’ordre comme Airbus et Boeing demandent à leurs sous-traitants de s’y conformer, assure Michel Frances, expert aéronautique, espace, défense du groupe Afnor. Aujourd’hui, 80% des entreprises du secteur sont certifiés EN9100, l’objectif mondial est d’atteindre les 90%".

Pour rester dans la course, chaque acteur va devoir prendre en compte cette nouvelle mouture. La limite de transition pour obtenir la certification de la nouvelle norme est fixée au 15 septembre 2018. A partir de cette date prendra fin la validité du certificat actuel des industriels. Dans le détail, les audits de certification seront effectués dès juin 2017 avec les nouvelles règles du jeu, ce qui permettra aux entreprises d’évaluer le chemin qui les sépare éventuellement avec les nouvelles exigences.

Un plus grand niveau de responsabilisation

Du côté de l’organisme certificateur Afnor on l’assure, la définition de cette nouvelle version de la norme vise à mieux prendre en compte les contraintes qui pèsent sur les acteurs de la filière, réglementaires et industrielles. "L’enjeu est à la fois de garantir toujours plus de sécurité au niveau des avions, mais aussi de permettre aux industriels de baisser leurs coûts de production", résume Michel Frances. Produire plus sûr et moins cher, un nouveau défi pour les 18900 acteurs de la filière aujourd’hui certifiés.

Parmi les évolutions majeures : la responsabilité de chaque entreprise est renforcée en ce qui concerne la détection les pièces dites contrefaites, ne répondant pas au cahier des charges initial. "Une entreprise doit s’assurer de la maîtrise de la qualité et de la sûreté des produits et services fournis par des prestataires externes, cela non seulement auprès d’un fournisseur de rang n-1, mais au niveau de toute la chaîne d’approvisionnement située en amont", explique-t-on à l’Afnor. En d’autres termes, chaque acteur doit pouvoir prouver à ses clients que ses fournisseurs ont les bons process. De quoi limiter les refus de pièces qui ralentissent la production.

Les PME en première ligne

Une responsabilité accrue qui s’étend à tout le cycle de vie d’une pièce. "L’organisme doit planifier, mettre en œuvre et maîtriser les processus nécessaires pour assurer la sécurité des produits tout au long du cycle de vie du produits", précise la nouvelle norme. Comprendre : impossible pour une entreprise de dire à son client qu’elle ignorait les problèmes de recyclage d’une pièce, ses éléments critiques ou son obsolescence. La nouvelle version de la norme EN9100 vise de facto une plus grande transparence dans l’évaluation des risques.

Encore une contrainte lourde et un poste de dépense en plus pour des PME déjà confrontées à une pression continue sur les prix et des demandes de production parfois erratiques de la part des grands donneurs d’ordre ? "Il est vrai que la tendance va à un transfert des coûts de certification vers les sous-traitants, reconnaît Michel Frances. Mais une PME va réaliser des économies, notamment parce qu’elle n’aura plus besoin de faire auditer ses sous-traitants avec ce principe de responsabilité". En outre, la nouvelle mouture de l’EN9100 ouvre la possibilité pour les PME de faire valoir que certaines exigences ne s’appliquent pas ou peuvent être simplifiées.

Vous mettez en place cette nouvelle norme EN9100 et vous souhaitez partager votre expérience, faire part des avancées ou au contraire des difficultés liées à sa mise en oeuvre, contactez-nous à l'adresse suivante: ojames@usinenouvelle.com.

Olivier James Grand reporter Aéronautique - Défense

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