Activité économique réduite d'un tiers, amorce de légère reprise

PARIS (Reuters) - L'activité économique en France semble avoir amorcé une légère reprise au cours des deux dernières semaines mais reste inférieure d'un tiers à son niveau normal, à l'approche du début d'un déconfinement progressif à partir de la semaine prochaine.
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Activité économique réduite d'un tiers, amorce de légère reprise
L'activité économique en France semble avoir amorcé une légère reprise au cours des deux dernières semaines mais reste inférieure d'un tiers à son niveau normal, à l'approche du début d'un déconfinement progressif à partir de la semaine prochaine. /Photo prise le 6 mai 2020/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Selon la nouvelle estimation de l'impact économique de la crise sanitaire en cours publiée jeudi par l'Insee, la perte d'activité s'établit actuellement à 33% dans la deuxième économie de la zone euro, contre 35% il y a deux semaines.

Une "légère reprise semble s'amorcer notamment dans l'industrie et la construction, en lien sans doute avec la mise en place de mesures de sécurité sanitaire permettant le retour des salariés sur leur lieu de travail", souligne l'Insee.

Dans ce nouveau point de conjoncture, l'institut statistique observe également que les dépenses de consommation des ménages - traditionnel moteur de l'économie tricolore - seraient inférieures d'environ 32% à la normale.

Cette perte, légèrement moindre que celle estimée fin mars (-35%), "traduit notamment le relèvement très progressif des dépenses en biens manufacturés", note l'Insee.

Dans ce contexte inédit, les économistes et statisticiens de l'Insee ont eu recours à des sources de données originales, comme celles des transactions effectuées par carte bancaire, pour pouvoir évaluer au mieux en temps réel l'impact du confinement généralisé instauré mi-mars en France face à l'épidémie de COVID-19.

PRODUCTION EN BERNE, CHOC SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

Au fur et à mesure de la disponibilité des informations auquel l'institut recourt traditionnellement, le tableau de la conjoncture économique s'affine peu à peu.

L'Insee a ainsi fait état jeudi d'un plongeon de 16,2% de la production industrielle en mars, une chute sans précédent depuis le début de cette série statistique en 1990.

A titre de comparaison, la précédente plus forte baisse de la production avait été enregistrée en novembre 2008, peu après l'éclatement de la crise financière, avec un recul de 5%.

Dans sa première estimation de l'évolution de l'économie française au premier trimestre publiée la semaine dernière, l'Insee a évalué à 5,8% la contraction du produit intérieur brut (PIB) sur la période, sous l'effet de la quasi-paralysie de l'activité et du plongeon de la consommation.

Pour aider les entreprises et éviter une explosion des licenciements et donc du chômage face à ce trou d'air sans précédent depuis l'après-guerre, le gouvernement a mis en place un plan de soutien à l'économie d'un montant de 110 milliards d'euros, avec notamment un mécanisme par lequel l'Etat et l'Unedic remboursent aux entreprises le montant des rémunérations qu'elles versent à leurs salariés placés en chômage partiel.

En dépit d'un large recours à ce dispositif - qui concerne désormais 12,1 millions de salariés et près d'un million d'entreprises - l'économie française s'est retrouvée au premier trimestre en situation de destructions nettes d'emploi pour la première fois depuis 2015.

Selon une première estimation publiée jeudi par l'Insee, un total de 453.800 destructions nettes d'emploi salarié dans le secteur privé ont été recensées sur la période janvier-mars, contre 88.800 créations nettes sur les trois derniers mois de 2019.

Ce recul de 2,3% de l'emploi salarié privé a notamment été alimenté par le plongeon de l'intérim, qui a connu une chute inédite de 37,0% sur le trimestre, soit la disparition de 291.800 emplois.

Alors que les économistes s'accordent sur le fait que la reprise économique sera très progressive, la circonspection semble de mise pour les entreprises.

Ainsi, les industriels français du secteur manufacturier interrogés dans le cadre d'une enquête trimestrielle de l'Insee dont les résultats ont également été publiés jeudi prévoient une chute de 7% de leurs investissements en valeur cette année par rapport à 2019, le recul le plus marqué depuis la récession de 2009 sur fond de crise financière mondiale.

(Leigh Thomas, avec Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault)

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