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Quotidien des Usines

Acoustique des chercheurs à l'ecoute de l'automobile

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Deux centres publics spécialisés, le Laum et le CTTM, se sont fait connaître au-delà des Pays de la Loire. Ils ont les faveurs des grands groupes, surtout dans l'automobile. Reste à séduire les PME.

Est-ce l'influence de Renault, au Mans, premier employeur régional avec plus de 5 000 salariés ? Toujours est-il que le Laum (Laboratoire d'acoustique de l'université du Maine) et le département acoustique du CTTM (Centre de transfert de technologie du Mans) ont une prédilection nettement affichée pour l'automobile. Ce secteur occupe plus du quart de l'activité pour le CTTM (une série de contrats d'un montant cumulé de 1,5 million de francs) et près de 40 % pour le Laum (sur 1 million), qui réalise près de 70 % de son activité dans les transports (aéronautique et ferroviaire compris). " Grâce à un contrat PSA-Renault, nous avons financé la moitié de notre équipement de caractérisation des matériaux ", précise Jean Kergomard, directeur du Laum. Un équipement qui vaut au Laum et au CTTM les faveurs des grands groupes. Entre les deux centres et les industriels, le contact s'est souvent établi par l'intermédiaire de formations ou de stages. Des ingénieurs de la Snecma (Villaroche, en Seine-et-Marne) sont venus au Mans pour se former à l'acoustique et ils ont pris contact avec le Laum lors des soutenances de stages. Le résultat est là : le constructeur aéronautique a travaillé avec le CTTM et le Laum sur un système de caractérisation acoustique des matériaux absorbants placés sur la manche d'entrée d'air des réacteurs pour en limiter le bruit. Pour Ecia, également, le contact s'est établi par le biais de la formation. Le fabricant d'échappements du groupe PSA, dont le centre de recherche, à Bavans, près de Montbéliard (Territoire de Belfort), finance depuis quatre ans une thèse Cifre avec le Laum et le CTTM. L'entreprise a aussi collaboré avec le CTTM et Renault pour la mise au point d'un logiciel d'optimisation de l'échappement qui prend en compte la " signature acoustique " du moteur lui-même.

Une complémentarité qui renforce l'efficacité du pôle

Par souci d'efficacité, les deux laboratoires exercent des activités complémentaires. " Le Laum, explique Jean Kergomard, travaille sur la durée, alors que le CTTM peut donner des réponses rapides aux industriels. " Fort de 55 personnes, dont 20 chercheurs permanents, le Laum est avant tout un laboratoire de recherche et participe aux enseignements technologiques de l'Université du Maine. La plupart des contrats passés avec les industriels, d'une durée moyenne de deux à trois ans, débouchent sur des publications scientifiques, même si - confidentialité oblige - certains éléments ne sont pas divulgués. De son côté, avec des effectifs plus modestes (cinq à six personnes), le CTTM fait du sur-mesure pour les entreprises sur des durées excédant rarement quelques mois. Cette complémentarité participe largement à l'efficacité de ce " pôle acoustique ", dont la notoriété dépasse les frontières de la région. Malheureusement, son activité s'exerce quasi exclusivement sur les grands groupes. Le CTTM ne réalise ainsi que 30 % de son chiffre d'affaires avec les PME. Pour une raison financière - il faut compter en moyenne 50 000 francs pour une étude -, mais aussi pour une raison " culturelle " : " Il y a un problème de sensibilité à l'acoustique dans les PME. Les industriels ont parfois tendance à réduire l'acoustique au bruit, alors qu'il y a bien d'autres applications ", explique Bruno Van Nieuwenhuyse, directeur du CTTM. Les responsables des laboratoires envisagent de mettre en place des " journées technologiques " de sensibilisation pour les PME. Dans l'espoir de les convaincre que l'acoustique, dans le domaine du contrôle de la qualité, par exemple, peut offrir un retour sur investissement rapide. Et leur donner peut-être des idées : on peut ainsi, grâce à l'analyse acoustique, juger de la maturité d'un fruit ou du niveau de remplissage d'un silo.



Un logiciel pour prédire le bruit de l'échappement

La norme ISO fixant le bruit des véhicules va passer à 71 décibels d'ici à deux ans. Le CTTM a conçu avec Ecia et Renault un logiciel qui prédit le bruit de l'échappement pour mieux l'optimiser. Son originalité est qu'il prend en compte non seulement la ligne d'échappement elle-même, mais aussi l'influence du moteur. En faisant l'hypothèse que la source moteur reste invariante, on peut ainsi tester plusieurs configurations d'échappement, sachant que l'emplacement des volumes (le silencieux, notamment) joue un grand rôle dans le niveau de bruit. Le résultat est loin d'être négligeable : une prédiction qui se rapproche des valeurs mesurées à 2 ou 3 décibels près, d'où une économie de temps de mise au point.

USINE NOUVELLE N°2566

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