Acier : le coup de force de Bush

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En décidant de taxer, à hauteur de 10 à 30% les importations d'acier, le président Bush a réussi à faire l'unanimité contre lui. Depuis l'annonce de cette mesure protectionniste, les partenaires commerciaux des Etats-Unis multiplient les protestations et se font un plaisir de pointer la contradiction de la politique américaine, qui oublie les leçons de libre échange qu'elle donne à tout le monde.

Certes, la sidérurgie américaine est sinistrée. 28 entreprises sont actuellement placées sous la protection de la loi sur les faillites et les grands sidérurgistes du Nord-Est, depuis trente ans, n'ont pris pratiquement aucune mesure de restructuration. Techniquement obsolète, dépassée en termes de qualité, handicapée par les charges de ses 600 000 retraités (pour 150 000 actifs), structurellement déficitaire, l'acier américain n'a obtenu de sursis qu'au prix d'un protectionnisme larvé, dont les décisions de cette semaine ne sont que le dernier avatar.

En attendant, les grands de la sidérurgie européenne, Arcelor, Corus, Thyssen, seront les premières victimes de cette taxation. L'Europe est exportatrice d'acier, surtout dans les produits plats qui sont les plus frappés par les mesures américaines. Elle risque d'être la première destination des produits privés de leurs débouchés américains. De quoi retarder de plusieurs trimestres la remontée des prix que le leader européen, Arcelor, tente d'imposer au second trimestre. Et justifier sa demande de mesures de protection du marché européen.

Jean-Pierre GAUDARD

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