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L'Usine Matières premières

Acier, aluminium, nickel, PVC... Les prix remontent, ça va durer!

Publié le

Pour une fois, acheteurs et vendeurs sont d'accord.Après trois années de chute vertigineuse, les prix des principales matières premières et matériaux de base, utilisés par l'industrie, sont reparties à la hausse.La Commission de Bruxelles accepte quelques entorses au dogme de la concurrence pour encourager les producteurs à s'organiser. En participant à la redistribution des cartes dans l'aluminium, la Russie s'impose comme un acteur majeur sur les marchés des matières premières.

Une hausse lente mais sûre...


Ce n'est pas forcément agréable pour tout le monde, notamment pour les utilisateurs dans l'industrie, mais c'est plutôt un bon signe pour l'état de l'économie: à l'exception des cours du pétrole, les prix des principaux biens intermédiaires et matières premières sont à nouveau à la hausse. La plupart des producteurs tablent sur une augmentation modérée mais continue des prix des principaux métaux et biens intermédiaires au cours des prochains mois. Une appréciation partagée par les constructeurs d'automobiles allemands et français, qui sont sur le point d'accepter une augmentation significative des prix de l'acier pour leurs contrats 1994. "Le point bas est derrière nous et des hausses vont passer", note un acheteur de métaux. Certes, les matières premières restent encore bon marché. Mais la forte demande américaine et les achats chinois et du Sud-Est asiatique comptent plus que la dépression européenne. L'année dernière, malgré la fermeture temporaire du marché américain à ses aciers, Usinor a vu ses exportations hors de la CEE grimper de 43%, pour atteindre 3millions de tonnes. Les ventes de PVC ont augmenté de 20% en deux ans aux Etats-Unis. Résultat: pays de l'Est et européens se sont retrouvés seuls pour fournir la forte demande asiatique, ce qui a rétabli un bien meilleur équilibre offre-demande en Europe. Les premières semaines de l'année ont confirmé cette embellie, qui reste limitée. La situation économique médiocre de l'Europe et du Japon rend peu probable une explosion des prix, comme cela s'est passé lors de la reprise de 1983-84.

À la recherche de marches spÉculatifs

Pour les métaux non ferreux cotés au marché de Londres (LME), l'activité des fonds de pension américains, à la recherche de placements spéculatifs, explique une bonne part de la remontée des cours. Des stocks correspondant à vingt-deux semaines de consommation mondiale pour le nickel, quinze semaines pour l'aluminium et quatorze semaines pour le zinc et l'étain constituent une puissante force de rappel. "Mais le métal entreposé dans les magasins du LME est-il vraiment utilisable?", demande un négociant en nickel. Producteurs et négociants travaillent actuellement avec des stocks pratiquement nuls.



... parce que les marchés s'organisent....

Malgré l'avis défavorable de la Direction de la concurrence, la Commission européenne a autorisé la semaine dernière le français Vallourec, l'allemand Mannesmann et l'italien Dalmine à regrouper, pour les restructurer, leurs activités de tubes sans soudure en acier inoxydable. Une décision arrachée de justesse, mais qui marque un tournant dans la politique européenne. L'organisation des marchés n'est plus taboue. Voilà qui devrait consolider la remontée des prix. Bruxelles autorise ainsi les sidérurgistes à se rencontrer pour échanger produit par produit des informations sur leurs politiques commerciales. Dans le zinc, c'est également avec l'aval des instances européennes que les producteurs se sont mis d'accord sur un système de financement pour favoriser la fermetures de surcapacités. Les autorités américaines elles-mêmes se sont résignées à faire une entorse à leurs principes libéraux en s'entendant avec les principaux producteurs mondiaux d'aluminium (Russie, Europe, Canada, Australie, Norvège) pour réduire la production de manière concertée. Un projet en bonne voie après la décision de Moscou de se rallier au protocole d'accord négocié la semaine dernière en acceptant de baisser sa production de 500000 tonnes en 1994 et 1995 (300000 à compter du 1ermai, 200000tonnes supplémentaires au 1er août).En échange, la Russie a obtenu des aides pour moderniser son industrie.



... pour faire de la place aux producteurs de l'Est

A court terme, la nouvelle organisation des marchés va contribuer au raffermissement des prix. A plus long terme, elle va modifier la géographie industrielle européenne. En 1989, la Russie exportait 300000tonnes d'aluminium. En baissant sa production de 500000tonnes, Moscou continuera d'exporter 1 à 1,3million de tonnes. Déjà les nations de l'ex-URSS et la Pologne ont remplacé le Zaïre comme source d'approvisionnement en cuivre de l'Europe de l'Ouest. Les métaux non ferreux, véritables "commodités" facilement traitées dans les fonderies des consommateurs occidentaux, sont le laboratoire de l'insertion des industries des pays de l'Est dans le commerce international. Depuis trois ans, les utilisateurs ont eu l'occasion de se familiariser avec ces matériaux. Les circuits commencent à se mettre sérieusement en place. Et l'avantage économique des productions de l'Est est durable. A tel point que la publication britannique "Metal Bulletin" a commencé depuis le début de l'année à publier les niveaux de décote des différentes catégories d'aluminium russe par rapport aux cours du LME. L'expérience sera prochainement étendue aux autres métaux. Comme le remarquait récemment Francis Mer, président d'Usinor, "ce qui se passe sur le marché de l'aluminium est exemplaire". Après les métaux de base, ce sera le tour des demi-produits et de l'acier.

Jean-Pierre Gaudard



Comment peut-on réagir?

Pour se prémunir contre les fluctuations imprévisibles des cours des matières premières, les industriels recourent de plus en plus fréquemment aux systèmes de couverture sur les marchés à terme. Une arme à double tranchant: des prévisions erronées et la tentation de prendre des risques pour réaliser une bonne affaire peuvent entraîner des pertes considérables. Tout le problème est de faire la distinction entre couverture et spéculation. Ainsi, fin 1991, la direction d'ANC, la filiale américaine de Pechiney, estimant que les prix de l'aluminium ne pouvaient que remonter, a acheté du métal livrable en 1994 et 1995. Les prix, contrairement aux prévisions, ont chuté. D'où une perte potentielle de 450millions de francs pour l'entreprise. La semaine dernière, Jean-Pierre Ergas, patron d'ANC, a quitté le groupe. Il est remplacé par Jean-Louis Vinciguerra, nommé en même temps numéro 2 de Pechiney.





ACIER +22%

(entre 1 er trimestre 1993 et janvier 1994)





La réduction de 20% de la production décidée fin 1992 par les principaux producteurs de produits plats tient. Malgré les insuffisances du plan de restructuration européen, des capacités de production vont être fermées. Les regroupements et associations entre producteurs se multiplient. Et la privatisation des sidérurgies italienne et espagnole va dans le bon sens.



ALUMINIUM +15%

(entre novembre 1993 et janvier 1994)





Toutes les sociétés occidentales ont réduit temporairement leur production. Début janvier, Alcan, le numéro1 mondial, a annoncé une nouvelle diminution, de 156000tonnes, de sa fabrication. Les discussions internationales pour une réduction concertée de l'offre ont progressé. Moscou s'engage à diminuer de 500000tonnes par an ses exportations dès cette année.



NICKEL +25%

(entre septembre 1993 et janvier 1994)





Falconbridge et la SLN avaient arrêté ou fortement diminué leur production en 1992 pour réduire leurs stocks. Inco prend sa part des sacrifices. Le leader mondial ne produit pas pendant les deux premiers mois de 1994. Cela correspond à une diminution de 20000tonnes de l'offre, à comparer avec un total mondial d'environ 850000 tonnes.



ZINC +13%

(entre octobre 1993 et janvier 1994)





La surcapacité est essentiellement européenne. Sous l'égide de la Commission de Bruxelles, des discussions sont actuellement en cours entre tous les producteurs. Le plan de financement des fermetures, qui pourrait concerner 200000 à 300000 tonnes de capacités, est déjà adopté dans son principe.



PVC +16%

(entre juillet 1993 et janvier 1994)





Déjà fortement concentré en Europe, le PVC profite principalement de la forte demande mondiale. Dans la pétrochimie et la plupart des matières plastiques, les efforts de rationalisation se poursuivent. Au cours des derniers mois, Shell et Montedison d'un côté, Neste et Statoil de l'autre, ont regroupé leurs activités.

USINE NOUVELLE - N°2442 -
 

 

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