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Accueil des investissements internationaux : l’Allemagne s’installe devant la France

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Avec un recul de 12% en nombre de projets, le constat d’Ernst&Young dans son étude annuelle sur l'attractivité de la France publié le 5 juin est sans appel : notre pays est relégué au troisième rang en Europe pour l’accueil des investissements étrangers derrière le Royaume-Uni, toujours leader, et l’Allemagne qui continue à progresser. La France reste en tête pour les implantations d'usines, mais perd pied pour les centres de R&D et auprès des entreprises émergentes.

Accueil des investissements internationaux : l’Allemagne s’installe devant la France © Elodie Vallerey - L'Usine Nouvelle - DR

C’est la deuxième année de suite… La France n’arrive plus qu’en troisième position en Europe pour l’accueil des investissements directs étrangers, selon Ernst&Young. Ces chiffres sont tirés de l’étude annuelle pan-européenne sur l’attractivité publiée ce 5 juin par le cabinet d’audit et de conseil. De quoi réalimenter le débat récurrent sur la compétitivtié du site France que ce soit pour l'ancienne ou la nouvelle majorité.

En 2012, notre pays a attiré 471 projets d’investissements étrangers, soit un recul de 12,8% alors que nos deux premiers compétiteurs progressaient. Le Royaume-Uni a ainsi capté 697 projets (+2,7%) et l’Allemagne 624 (+4,8%).

Net décrochage de la France

Le fait marquant du classement 2012 d’Ernst &Young est donc le net décrochage de la France par rapport aux deux leaders. Depuis 10 ans, selon cette étude, le Royaume-Uni a toujours fait la course en tête mais l’Allemagne, longtemps distancée, n’a cessé de progresser. Elle avait fait jeu égal avec la France en nombre de projets en 2010 avant de la dépasser nettement l’an dernier.

Dans le cadre de cette étude, Ernst&Young mène aussi une enquête qualitative auprès d’environ 150 investisseurs étrangers. 64% d’entre-eux jugent favorablement le climat des affaires en Allemagne, contre seulement 32% pour la France.

L'ami américain

Les pays d'origine des 471 projets d'investissements étrangers recensés par Ernst&Young en France sont d’abord les Etats-Unis (138) suivis de l’Allemagne (62), du Royaume Uni (45), de l’Espagne (27) et de la Suisse (22).

 

"Pour les investisseurs internationaux, les arbitrages en Europe en matière de décision d’implantation se jouent toujours à l’intérieur de ce trio mais la France plafonne de façon inquiétante depuis 2006", note Marc Lhermitte associé chez Ernst&Young et coordonnateur de l’étude, interviewé par L'Usine Nouvelle sur les conclusions de ce rapport.

Selon lui,"il y a une inquiétude réelle de la part des investisseurs internationaux sur l’avenir de notre pays jugé moins ouvert et moins enclin aux réformes que ses grands concurrents".

Recul de 20% des générations d'emplois

Dans l’Hexagone, les projets identifiés par Ernst&Young ont généré 13 164 emplois (-20% par rappor à 2011).

L'étude recense les investissements dans l’industrie et les services. Elle est donc plus restreinte que celle de l’Agence française des investissements internationaux (AFII), plus large, qui prend en compte notamment l’hôtellerie-restauration et a comptabilisé 693 projets en France en 2012.

Au plan européen, l’étude a recensé 3 797 projets d’investissements transfrontaliers l’an dernier, soit un léger recul de 2,8%. Ceux-ci ont généré 170 434 emplois (+8%).

En matière d’usines et autres activités de production, la France reste néanmoins en tête. Elle a attiré 127 projets (contre 170 en 2011) devant le Royaume-Uni (121) et l’Allemagne (108). Mais le nombre d’emplois générés en France par ces projets industriels a chuté de moitié, pour atteindre 3 605.

Autre fait notable : le nombre de projets d’investissement étranger dans des centres de R&D en France a reculé l’an dernier (26 contre 29 en 2011). Là encore, il a, au contraire, progressé en Allemagne (31 projets, soit 3 de plus) et surtout au Royaume-Uni (54, soit 11 de plus). La France se situe, sur 2012, dans la même ligue que l’Espagne (24 projets de R&D) et l’Irlande (23).

Le CIR copié partout en Europe

"Cela s’explique par la mise en place de dispositif de type Crédit impôt recherche (CIR) presque partout en Europe, note Marc Lhermitte. L’avantage initial de notre dispositif disparait".

Dans la R&D, les investisseurs étrangers ont ainsi créé 1 790 emplois outre-Manche, 617 en Allemagne… et seulement 302 en France.

Mais c’est sans doute sur les investisseurs venant des grands pays émergents que la performance française est la plus mauvaise. Selon Ernst&Young, notre pays n’a attiré que 14 projets d’investissements venant des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) en 2012 (contre 24 en 2011), soit le même niveau que la Belgique. L’Allemagne a su, elle, en capter 63 et le Royaume-Uni 70.

Enfin, parmi les entreprises étrangères implantées en France, 64% se disent satisfaites de leurs activités en France contre 31% pas ou peu satisfaites.

Parmi les investisseurs non implantés en France 84% affirment ne pas vouloir s’y établir. Seuls 47% de ceux qui y sont déjà envisagent d’y développer des activités. L'attractivité est un combat.

Pierre-Olivier Rouaud

L'Espagne numéro 4

L’étude Ernst&Young initiée en 1997 recense les projets d’investissements fermes et créateurs d’emplois sur tout le territoire européen. En nombre de projets, après le trio de tête, suivent l’Espagne (274), la Belgique (169), les Pays-Bas (161) et la Pologne (148). L’Italie n’a, elle, attiré que 60 projets en 2012, soit un plongeon de 25% par rapport à l'année précédente.

 

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