Accords de maintien dans l'emploi : "L'esprit de la loi est positif", juge le président de Mahle Behr France

En juillet 2013, l'un des tout premiers accords de maintien dans l'emploi a été signé chez l'équipementier automobile Mahle Behr France à Rouffach (Haut-Rhin), qui produit des systèmes de climatisation. Cet accord prévoyait le gel des salaires jusqu'en 2015 et l'abandon de cinq jours de RTT. Il devait permettre d'éviter 102 licenciements, sur un effectif de 1 200 salariés à l'époque, CDD et intérimaires inclus. Mais au final, plus de 150 salariés ont refusé la modification de leur contrat de travail et ont dû être licenciés. Henry Baumert, le président de Mahle Behr France et de l'UIMM Alsace, revient sur cet épisode.

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Accords de maintien dans l'emploi :

L'Usine Nouvelle - Pourquoi avoir choisi de négocier un accord de maintien de l'emploi ?

Henry Baumert - Notre souhait était d'éviter un plan social. J'ai considéré que la loi sur la sécurisation de l'emploi mise en place par le gouvernement allait dans le bon sens. Cette loi est là pour faire face aux problèmes conjoncturels et l'activité automobile est par définition sujette aux fluctuations conjoncturelles. Le fondement de cet accord, c'est de permettre de trouver des solutions eu égard à ce problème. Chez Mahle Behr, il a été signé unanimement par tous les partenaires sociaux.

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Mais vous ne vous attendiez pas à autant de départs...

Un peu plus de 150 personnes ont refusé l'accord. Ce chiffre nous a surpris. Mais la loi est ainsi faite que chaque salarié doit se prononcer individuellement et nous sommes obligés de la respecter. Manifestement, les salariés ont apprécié d'être consultés. Les conditions que nous avons été amenés à négocier avec nos partenaires sociaux - une indemnité supra-légale de 14 000 euros, à laquelle s'ajoutent entre 600 et 900 euros par année d'ancienneté - ont probablement été trop favorables. Si elles l'avaient moins été, il y aurait eu sans doute moins de départs.

Cet accord vous a finalement fait perdre des compétences.

S'il n'y avait pas eu l'accord, il aurait fallu tout de même adapter les effectifs. Mais c'est vrai que nous avons perdu des personnes qui avaient des compétences. Nous avons déjà embauché plusieurs dizaines de nouveaux salariés. Pour la suite, cela dépendra de la conjoncture.

Regrettez-vous de vous être engagé dans cette voie ?

Si c'était à refaire, nous le referions probablement.

Mais ne pensez-vous pas que compte-tenu du nombre de licenciements, l'exemple de Mahle Behr France va dissuader les syndicats de signer des accords de maintien de l'emploi ?

L'esprit de cette loi est positif pour les deux parties, aussi bien pour l'entreprise qui a davantage de liberté pour s'adapter aux évolutions du marché que pour les salariés. Pour eux, il y a une double sécurité : il faut l'accord de la majorité des partenaires sociaux et il faut leur accord individuel.

Quelles sont les perspectives de Mahle Behr France ?

Les investissements de 15 millions d'euros sur trois ans que nous avions annoncés sont en train de se réaliser. Ils concernent essentiellement une nouvelle plateforme qui était prévue au sein du groupe pour une usine en République tchèque et que nous avons décidé de ramener à Rouffach.

Propos recueillis par Thomas Calinon

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