Accord sur l’emploi : chacun à sa place (malheureusement)

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Accord sur l’emploi : chacun à sa place (malheureusement)

Un "accord de la honte", une "loi de régression sociale", la "casse du code du travail"... Oui, vous avez bien lu, c’est ainsi que les manifestants contre la réforme du marché du travail apprécient l’accord du 11 janvier sur la sécurisation de l’emploi entre le patronat, la CFDT, la CFTC et la CGC. Rien de moins ! Allez, on vous donne, en prime, quelques-uns des slogans relevés dans les cortèges du mardi 5 mars. "Flexibilité, compétitivité, mobilité, non, non, non", "mon code du travail j'y tiens", "on ne laissera pas le Medef faire la loi dans ce pays"...

La CGT se réfugie dans la protestation

Faut-il vraiment s’en étonner ? A l’heure ou la succession de Bernard Thibault était tout sauf une transition bien négociée, la CGT n’avait aucun intérêt à signer un accord national. Au lieu de tenter d’infléchir le texte et de lutter, concrètement, contre la précarisation du marché du travail, il était plus facile pour elle de se réfugier dans la protestation. Quoi qu’il arrive, à l’image de qui se passe depuis plusieurs années dans l’usine d’Amiens-nord de Goodyear, elle pourra toujours prétendre avoir fait le bon choix.

Il serait bien rare que l’application de la loi qui transpose l’accord du 11 janvier ne donne pas lieu, ici ou là, à quelques contestations musclées... Voir défiler le leader de FO au côté de celui de la CGT ne doit pas non plus surprendre plus que cela. Il est loin, très loin, le temps, ou un certain André Bergeron dirigeait le syndicat dit "réformiste" et réclamait, de son air imitable, du "grain à moudre" pour les salariés. Sous ses airs très policés, son lointain successeur semble n’avoir en tête que l’avenir électoral de sa centrale.

La gauche de la gauche dans les rangs

On allait oublier les alliés objectifs - pour ne pas dire les supplétifs - de la CGT et FO, FSU et Solidaires, habitués à battre le pavé, persuadés à jamais d’être du bon côté de la barrière. Cette démonstration de force n’aurait pas été complète sans la présence de la "gauche de la gauche" comme on dit. "C’est un accord de compétitivité qui reprend, en le durcissant, ce qu’avait prévu de son côté Nicolas Sarkozy", a jugé, tout en nuances, le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon.

Quant au secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, il dénonce, bien sûr, le démantèlement des droits sociaux. On l’aura compris, dans le beau pays de France, ou la faiblesse des corps intermédiaires, spécialement des syndicats, est un obstacle à la négociation et à la réforme, chacun est à sa place !

Pascal Gateaud

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