Accord scellé pour le sauvetage de la SLN

C’est finalement la SLN elle-même qui empruntera 200 millions d’euros à l’Agence des participations de l’Etat, qui entre au capital de la filiale calédonienne d’Eramet à hauteur d’une action, rachetée à l’actionnaire minoritaire japonais Nisshin Steel.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Accord scellé pour le sauvetage de la SLN
Les fours horizontaux de la SLN (Eramet), à Nouméa.

L’avenir de la Société le Nickel, qui produit à Nouméa le ferronickel SLN25, est assuré pour les deux années à venir. Au bord de la faillite avec des pertes mensuelles d’environ 20 millions d’euros depuis 2015, réduites aujourd’hui à quelque 17 millions, cette filiale calédonienne du groupe minier français Eramet (56% du capital de la SLN) a longuement négocié son refinancement.

Celui-ci interviendra sous la forme d’un prêt de l’Etat français d’un montant de 200 millions d’euros, proposé par le Premier ministre Manuel Valls lors de son déplacement à Nouméa fin avril. Cette somme sera prêtée à la SLN pour une durée de 8 ans, à un taux minimum de 4%, auquel s'ajoutera une rémunération progressive indexée sur la marge d'Ebitda de la société, précise la SLN dans un communiqué. Pour ce faire, l’Agence des participations de l’Etat va devenir actionnaire de la SLN en rachetant une action à l’actionnaire minoritaire japonais Nisshin Steel.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Changement d’emprunteur

Ce prêt avait dans un premier temps été proposé à la STCPI, représentant les trois provinces calédoniennes au capital de la SLN, qui n’a pas financé les pertes récentes de la SLN, qu’elle attribue en partie à des choix de gestion auxquels elle n’a pas été associée.

Ce refinancement se fera donc sans participation directe des actionnaires minoritaires de la SLN que sont la STCPI (34%) et Nisshin Steel (10%), si ce n’est à travers le remboursement du prêt par la SLN qui réduira d’autant son résultat. Nisshin garantit néanmoins un volume d’achats de ferronickel, et le PDG d’Eramet Patrick Buffet s’est rendu au Japon début juillet, où il a rencontré quelque 300 clients.

Le besoin global en financement de la SLN, en l’absence d’amélioration du cours du nickel, a été évalué à 525 millions d’euros pour la période 2015-2017. Eramet a déjà décaissé 190 millions, auxquels viennent s’ajouter les 200 millions prêtés par l’Etat. Nisshin ne suivant pas, il manque encore 135 millions qui resteront à la charge d’Eramet. Un décaissement par tranche en fonction des besoins devrait être soumis au conseil d’administration du 27 juillet. Eramet espère que la remontée des cours et la réussite d’un plan de compétitivité renforcé permettra d’abaisser les pertes.

Plan de performance

Eramet espère tout de même qu’une remontée des cours du nickel au LME et les efforts consentis par les équipes de la SLN dans le cadre du plan de performance SLN 2018 permettront de réduire ce besoin en financements complémentaires. Ce plan de performance prévoir de réduire le coût de production à 4,5 dollars la livre de nickel contenu, "au lieu des 6 dollars actuels", précise Philippe Gomes, administrateur d’Eramet et député (UDI) de Nouvelle-Calédonie. Jérôme Fabre, directeur général de la SLN, affirme que ce coût est déjà passé à 5,5 dollars la livre.

Ce plan devrait également aboutir à la suppression de 300 emplois pour réduire l'effectif à 1850 salariés, sans licenciement selon la direction, a déclaré à la presse le porte-parole de l’intersyndicale de la SLN Eddy Coulon, qui regrette que cet effort ne soit pas mieux réparti entre effectifs internes et sous-traitance.

Myrtille Delamarche

Partager

NEWSLETTER Matières Premières
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS