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Accord entre le CEA et Veolia : naissance d’un poids lourd du démantèlement

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En s’associant sur le démantèlement nucléaire, Veolia et le CEA se placent sur un marché de 200 milliards d’euros. A terme, Veolia se voit bien devenir le grand architecte-ensemblier de ces chantiers à l’échelle mondiale.

Accord entre le CEA et Veolia : naissance d’un poids lourd du démantèlement © Eric Piermont - AFP

Ce mardi 15 janvier, le spécialiste de l’environnement Veolia et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ont signé un accord de collaboration dans le domaine de l’assainissement et du démantèlement des installations nucléaires. C’est un marché gigantesque à venir. Antoine Frérot, patron de Veolia, rappelle ainsi que "dans les 20 à 30 années à venir, 300 réacteurs seront concernés, soit un marché de 200 milliards de dollars". Dans ce but, Veolia a créé, le mois dernier, une entreprise dédiée au démantèlement  baptisée Asteralis.

L’accord technologique entre la société privée et l’organisme de recherche publique porte sur la cartographie radiologique et la métrologie (mesure de la pollution). La capacité de mesurer et de simuler la situation radiologique d’un site à démanteler permet de mieux scénariser le chantier à venir et de maitriser le budget. Pour Bernard Bigot, administrateur général du CEA, la question de la gestion maitrisée du démantèlement est essentielle car "il en va du soutien de l’opinion publique". Afin de rentrer dans le vif du sujet au plus vite, la direction de l’énergie au nucléaire du CEA et Asteralis ont signé un accord sur deux opérations pilotes. La première au centre du CEA de Cadarache (Bouches-du-Rhône) où il s’agit de définir un statut radiologique initial. La seconde se situe sur le site en démantèlement UP1 de Marcoule (Gard) où les opérations définiront l’état intermédiaire des très complexes opérations de déconstruction.

Etre fort sur le marché français pour conquérir le monde

De nombreuses opérations de démantèlement sont déjà en cours. Rien qu’en France, 9 réacteurs de puissance d’EDF sont en chantier, auxquels s’ajoutent des installations et des laboratoires du CEA et d’Areva. Selon Antoine Frérot, cette activité est toutefois morcelée. Son ambition est de faire de Veolia "un grand architecte-ensemblier, indépendant des grands acteurs nucléaire". A ce titre, Veolia ne se considère pas comme un concurrent d’Areva, qui s’est pourtant positionné fortement sur ce marché. Selon Antoine Frérot, Veolia a pour atout de maitriser des vastes chantiers environnementaux qui, par essence, sont multidisciplinaires comme le seront les chantiers de démantèlement.

Première étape pour Veolia : la France. "On sera fort sur le marché mondial, si on est fort sur le marché français", explique le PDG.  La France représente à elle seule 15 % du marché mondial des 20 ans à venir. Antoine Frérot considère que son groupe pourrait conquérir 20 à 25 % de parts de marchés d’ici 3 à 4 ans, soit un chiffre d’affaires de 3 à 400 millions d’euros pour une masse salariale d’une centaine de millions d’euros.

Mais il existe un obstacle majeur : le grand donneur d’ordre français s’appellera EDF. Or les relations ne sont pas au beau fixe entre Henri Proglio, le PDG d’EDF, ex-patron de Veolia et son successeur Antoine Frérot. "Veolia n’a pas de problème avec EDF. Il peut y avoir des problèmes entre les hommes mais pas entre les organisations", réplique simplement Antoine Frérot.

Ludovic Dupin

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